Menu

En évolution constante, le quintette instrumental Les Païens contribue depuis ses débuts au son de la modernité musicale en Acadie

S’inspirant du rock, du jazz et du groove, ils ajoutent à leur éventail musical l’électro, le beat et le funk. Ils accompagnent les poètes, composent de la musique de film et s’engagent dans des causes chères à leurs cœurs. Leurs ondes sonores colorent le paysage musical de Moncton depuis près de 20 ans.

Véritable pont entre les différentes formes d'expression artistique, ils s'investissent dans de multiples sphères de la scène créative et font de l'improvisation un mode de vie.

Visionnez le documentaire »

La planète Païenne

« Les Païens c’est pas une personne, c’est vraiment un groupe, pis on s’aide à être de meilleurs musiciens et des meilleures personnes, c’est un mariage, je l’ai toujours vu de même. »
- Marc Chops Arsenault

Sauter dans le vide

« Non seulement ils n’ont pas peur de ça [l’improvisation] mais c’est un joli festin pour eux. »
- Marie Jo Thério

Comme un fricot

« Quand je pense aux Païens, je pense à un fricot où tu mets n’importe quoi dedans parce que musicalement ils sont très difficiles à définir, ils peuvent passer du jazz au funk au folk par moments, au métal, au reggae, au hip-hop. »
- Pierre Landry

Le carnaval joyeux

« Tout est possible, pis à mesure qu’on avance, les possibilités sont toujours plus grandes. »
- Jean Surette

Chris LeBlanc Mario Doucette Paul Bossé

Le poète Gérald LeBlanc a improvisé à partir de ce texte le 2 août 2004 dans le cadre de l’événement vision 20/20 présenté à Pointe-de-l’Église en Nouvelle-Écosse. Le titre du texte était La planète païenne, en voici un extrait.

Il existe à Moncton un groupe musical qui se nomme les Païens. Il s’agit d’un groupe essentiellement instrumental qui s’inspire du jazz et qui est pourtant profondément identifié à la culture acadienne actuelle. Cela s’explique en grande partie par leurs interventions multiples dans plusieurs champs d’activités du milieu: ils se produisent souvent lors de lancements de livre, ils ont participé de façon magistrale à des spectacles de poésie, ils ont accompagné la débordante Marie-Jo Thério, ils ont signé des trames sonores de films dont le très beau Kacho Komplo de Paul Bossé, on les retrouve aussi dans les productions du collectif de théâtre Moncton Sable, tout en étant des acteurs organiques de cette fête annuelle qu’est le 15 août des fous, et j’en passe... Il s’agit en somme d’un réseau organique.

Ils seraient sans doute surpris, voir même un peu gênés, de savoir l’importance que je leur accorde ici mais je suis un observateur de la scène culturelle acadienne depuis plus de trente ans, et l’effet païen ne cesse de me solliciter. Au bonheur de créer une musique originale, ils doivent aussi subir les foudres des traditionnalistes malveillants qui ne conçoivent pas que des Acadiens puissent jouer du jazz... Comme cette dame au Ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, à la fin des années 70, qui avait déclaré de façon péremptoire et sans appel, que le groupe 1755 ce n’était pas de la musique acadienne parce qu’on y jouait de la guitare électrique.

Selon les régions, les tempéraments, les aveuglements, il se trouve des Acadiens qui préconisent une Acadie de la cuisine, une Acadie de l’été, du tourisme, une Acadie du weekend, une Acadie éternelle dans laquelle la chanteuse Madonna serait des nôtres. Cet état de chose nous ferait rire si les conséquences d’un pareil égarement n’étaient pas si critiques.

Quant à l’Acadie de la prise de sang, outre le dégoût qu’elle m’inspire, il faut en finir une fois pour toute de cette imposture inqualifiable.

Revenons à cette planète païenne qui s’invente comme espace libre où il est possible d’être Acadien sans se pavaner avec un drapeau dans le front. C’est Moncton, certes, mais c’est beaucoup plus que Moncton... Cette génération au tout début de la trentaine pour la plupart est en train de créer à leur façon le prolongement d’une Acadie urbaine et habitable. Tous les espoirs sont permis. En 2004, comme en 2020, j’estime que l’Acadie sera urbaine ou ne sera pas.