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La fierté métisse renaît lentement des cendres de la déroute.

Chaque gain crée une fierté, renforce l'image collective métisse. Mais la reconnaissance officielle est longue à venir, après 150 ans d'existence.

Regardez le  dossier du téléjournal-Manitoba.

(Émission du 15 septembre 2004) La procession des charrettes à la frontière du Manitoba et de la Saskatchewan est bien plus qu'une reconstitution historique. C'est une manifestation politique. Une toute petite étape dans un long voyage pour l'obtention de la reconnaissance métisse.

Les charrettes métisses de la rivière Rouge foulent le sol d'un village disparu. De Sainte-Madeleine, seul le cimetière survit. Il nous rappelle qu'il y a 60 ans, des Métis vivaient tout autour.

La caravane s'y arrête dans un seul but : y planter le symbole de la Nation et de la fierté métisse.

À la fois prêtre et Métis, Guy Lavallée consacre sa vie à faire reconnaître son peuple.

Après la mort de Riel en 1885, , les Métis ont perdu beaucoup de leur identité culturelle comme leur patois le mitchief. À l'extérieur de leur village, ça demande un sacré courage de parler mitchief. Même Guy Lavallée ne l'a pas toujours eu. Seuls quelques vieux comme Raphaël Fleury le parlent encore.

Comme la majorité des Métis, le père Lavallée a grandi dans la honte. Toutes ses années d'études pour devenir prêtre en sont marquées. Mais les temps changent. De mai 68 en France, en passant par la décolonisation africaine, le bouillonnement des années 60 marque un point tournant. Aux Etats-Unis, le mouvement d'affirmation noire avec Martin Lutherking a une influence énorme. Il met fin à l'isolement des petits peuples en déroute.

Ça coïncide avec la sortie du séminaire du père Lavallée. Il s'installe dans une paroisse pauvre du centre-ville de Winnipeg.

C'est une renaissance personnelle et politique pour Guy Lavallée et le peuple métis. Le père Lavallée va vivre un rite de passage, celui de briser l'isolement. Il participe à la formation d'organismes de revendication politique locaux, provinciaux, nationaux. Mais ça ne sera pas facile. Les petits événements comme celui de Sainte-Madeleine contribuent à reconstruire leur identité collective. Dans l'érection de cette croix, il y a la volonté d'émerger, de se relier aux origines et même de se réconcilier avec un passé douloureux. De la croix surgit la roue de la charrette de la rivière Rouge. C'est l'intégration. C'est le symbole qui signifie la fin de l'exclusion.

La difficulté de se nommer métis fait partie du drame humain de ce peuple. D'autant plus difficile qu'il commence à peine à être reconnu officiellement. En 1982, le peuple Métis est nommé pour la première fois dans la constitution canadienne. Il y a aussi de récentes victoires juridiques. Mais la bataille devant les tribunaux n'est pas finie pour faire reconnaître les droits de chasse, de pêche et territoriaux.

Chaque gain crée une fierté, renforce l'image collective métisse. Mais la reconnaissance officielle est longue à venir, après 150 ans d'existence.






À consulter
  • La fierté métisse renaît lentement des cendres de la déroute.
  • Les Métis
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