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Image : À l'extrémité droite de l'image c'est une photo de profil d'une drag-queen aux cheveux blonds. À partir de cette photo, c'est une image de type pop-art avec le mot DRAG dans une bulle de dialogue.

JOURNALISTE : JANIQUE LEBLANC | TEXTE : MONIQUE BOURQUE

La vie va faire une femme de toi. La vie va faire une femme de toi. La vie va faire une femme de toi... , retentit la voix d'Angèle Arsenault. Dès les premières notes du spectacle, l'Acadie se reconnaît.

D'un seul élan, la foule s'avance et entoure la scène comme si elle lui faisait un gros câlin. Ce mouvement naturel et chaleureux se ressent jusque dans les coulisses.

C'est le First Ever Drag Ball acadien.

Sous les applaudissements et les cris du public, Chiquita Mare (tchi qué ta mére), le personnage drag de Xavier Gould, émerge de derrière le rideau et se balade gracieusement d’un bout à l’autre de la scène en robe de mariée déjantée. Son animation et sa démarche laissent entendre que tout sera permis lors de cette soirée.

Chiquita Mare, vêtue d'une robe blanche, est allongée sur le dos et parle dans un micro lors du spectacle.
Chiquita Mare, animateur.trice du First Ever Drag Ball acadienPhoto : Radio-Canada / Serge Clavet

Et le public n’est pas déçu. Ça vibre jusqu’au fond des tripes, effet combiné du volume des haut-parleurs, du choix musical 100 % acadien et d’un abandon partagé par tous.

De La bastringue, d’Édith Butler, aux Hay Babies en passant par 1755, Cayouche et Sugar Daddy, de Patsy Gallant, chaque nouvelle chanson apporte une nouvelle prestation aux couleurs acadiennes. C’est la rencontre de l’identité sexuelle et de l’identité culturelle.

Ça fait longtemps que Xavier Gould y songeait. Son premier personnage, Jass-Sainte Bourque, a été le début du croisement de ses deux identités : acadienne et queer. Et la popularité du personnage a confirmé qu’il y a une place et un besoin pour ce type d'expression artistique.

Jass-Sainte Bourque sur scène prend une pose comme si elle posait une question.
Jass-Sainte Bourque, personnage de Xavier Gould, animait le Spectacle de la Fête nationale de l'Acadie du Congrès mondial acadien 2019.Photo : Nicolas Blouin Photography

C’est une rencontre informelle avec un petit groupe de la communauté LGBTQ+ de Moncton, conscient de ce besoin, qui a catalysé l’idée de créer la maison de drag Maison de ménage et d’organiser ce spectacle pour faire rayonner l’art du drag en Acadie.

Une drag queen aux longs cheveux noirs bouclés porte une robe noire moulée jusqu'au-dessus des genoux. Elle regarde la caméra en prenant une pose avec le pied droit devant le pied gauche et les mains sur les hanches.
Image : Une drag queen aux longs cheveux noirs bouclés porte une robe noire moulée jusqu'au-dessus des genoux. Elle regarde la caméra en prenant une pose avec le pied droit devant le pied gauche et les mains sur les hanches.
Photo: Mona Noose  Crédit: Radio-Canada / Denis Duquette

SAMUEL | MONA NOOSE

Acadian Queen

Samuel se souvient de cette rencontre. On s’est regardé tous les trois et on s’est dit : pourquoi pas?

Ayant étudié en théâtre, Samuel éprouvait beaucoup de plaisir à jouer des rôles. Être sur scène, offrir une performance en groupe, entendre les réactions du public, ça l’allumait, ça lui donnait une confiance.

Samuel porte un maquillage extrême sans perruque. Il prépare sa transformation en Mona Noose.
Samuel aime explorer la mode des années 90 avec Mona Noose.Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Mais il y avait quelque chose qui manquait. L’envie d’une expression artistique qui lui appartenait, un contrôle sur le produit, la démarche et le message l’ont amené à créer Mona Noose.

C’est pas nécessairement un personnage, mais c’est un persona. C’était déjà là, c’est juste que ça prend le costume, le maquillage puis tout ça pour sortir ce côté-là. À la base, c’est moi. Mais juste une version plus élevée, plus exagérée.

Pour Samuel, Mona lui a aussi permis de renouer avec son identité acadienne.

En grandissant, je rejetais mon acadienneté parce que je ne voyais pas qu’il y avait des gens queer en Acadie.

Même si Samuel ne ressent pas la responsabilité de véhiculer un message spécifique avec son personnage, il est important pour lui que les jeunes d’aujourd’hui aient des exemples que lui ne voyait pas à l’adolescence.

Un photographe est assis dans le plancher et photographie Mona Noose qui prend une pose sexy.
Selon Samuel, son personnage Mona Noose, est une version plus exagérée, plus élevée de lui-même.Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Mona Noose est une Acadienne. Pas l’Acadienne traditionnelle, normale, hétéronormative. Mais Mona Noose est une Acadienne et elle fait partie de notre culture.

La confirmation : Mona Noose remporte le titre de la catégorie Acadian Queen lors du First Ever Drag Ball acadien. Tout d’un coup, je suis la reine de l’Acadie! s’exclame-t-il avec fierté.

Une drag queen porte une longue robe noire avec des gants blancs et une perruque bouclée blonde. Avec la main droite soulevée près de son visage et la main gauche descendue en angle avec les doigts pointés, elle prend une pose élégante.
Image : Une drag queen porte une longue robe noire avec des gants blancs et une perruque bouclée blonde. Avec la main droite soulevée près de son visage et la main gauche descendue en angle avec les doigts pointés, elle prend une pose élégante.
Photo: Darling Delight  Crédit: Radio-Canada / Denis Duquette

BENOIT | DARLING DELIGHT

Sexy Évangéline

Un de ces jeunes, c’est Benoit. À 14 ans, il a plus de confiance en lui que bien des adultes.

Assis timidement dans sa chambre, avec un coussin sur les genoux, il explique d’une voix pas encore muée qu’il a toujours voulu s’exprimer de façon plus « féminine » et porter les talons de sa mère. Que depuis tout petit, ses intérêts tournent autour de la mode, des souliers et du design.

Dans un studio de danse, un jeune danse en talons hauts, alors que son professeur, en talons aussi, le regarde.
Benoit fait des cours de danse depuis qu'il est petit.Photo : Radio-Canada / René Godin

La première fois qu’il a vu des drag queens, c’est à la télé. Et petit à petit, il a commencé à mettre du maquillage, ensuite des robes et des talons. L’aspect de performance est venu de façon naturelle, car il fait de la danse depuis des années et aime être sur scène.

Benoît, assis à l'îlot de la cuisine, discute avec sa mère et son père, debouts de l'autre côté du comptoir. Sa mère pèle une orange.
Lisa et André, les parents de Benoit, l'appuient dans tous ses intérêts.Photo : Radio-Canada / René Godin

Sa confiance, Benoit l’attribue à l’amour et à l’appui de sa famille et de ses ami.e.s. Sa mère, Lisa, aime le voir s’épanouir. Elle considère que s’exprimer comme il le veut fait partie du cheminement de son fils cadet.

D’être un parent, il faut célébrer l’enfant qui nous est donné. C’est de lui donner l’amour inconditionnel, puis de lui offrir des opportunités pour qu’il puisse s’épanouir.

Lisa, mère de Benoit

Et sous les lumières du drag ball, son épanouissement et sa confiance étaient bien visibles. C’était la première fois qu’il participait à un événement de drag, mais ses talents de danse et son aisance sur scène sautaient aux yeux.

Darling Delight, et sa démarche à la Marilyn Monroe, a ravi les spectateurs et les juges avec ses performances confiantes et énergiques. Selon Benoit, c’est parce que Darling est élégante et heureuse qu’elle entraîne tous ceux qui la regardent dans son monde.

Benoit applique son maquillage à l'aide d'une brosse à fard.
Benoit aime se maquiller.Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

J’espère que je serai encore en train de faire du drag dans 10 ans, dans 20 ans, mais même si je ne le suis pas, ça me tente de garder Darling avec moi toute ma vie, parce que ça me donne une sensation d’être moi-même.

Quand Lisa voit Benoit incarner son personnage avec aisance et plaisir, elle sait que son fils est heureux. Le fait qu’il est capable d’être authentique déjà à un jeune âge va certainement lui servir comme la fondation de son être à l’âge adulte.

Un homme barbu, âgé d'environ 50 ans, porte un pantalon noir à jambes amples avec un veston féminin rouge. Avec un chapeau fedora noir avec accents argentés, il sourit en regardant la caméra.
Image : Un homme barbu, âgé d'environ 50 ans, porte un pantalon noir à jambes amples avec un veston féminin rouge. Avec un chapeau fedora noir avec accents argentés, il sourit en regardant la caméra.
Photo: Matante Bella  Crédit: Radio-Canada / Denis Duquette

MAURICE | MATANTE BELLA

Red Coat Couture

Reg et moi, on fait pas ça d’habitude. Pour Maurice, 53 ans, c’est nouveau de sortir publiquement dans les habits de Matante Bella. Lui et son conjoint Reg l’ont fait quelquefois, surtout dans des partys à la maison avec des ami.e.s, pour le plaisir. Mais Maurice n’aime pas trop attirer l’attention sur lui.

Toutefois, il adore Matante Bella. Il aime qu’elle n’ait pas d’inhibition, qu’elle dise ce qu’elle pense. Elle ose être honnête avec les gens, mais sans les blesser, précise-t-il.

Un homme avec la barbe grise porte un chapeau fedora et des lunettes aux accents rouge. Il est debout dans un studio de photographie.
Maurice garde la barbe et ne porte pas de maquillage quand il incarne Matante Bella.Photo : Radio-Canada / René Godin

Maurice, lui, est quelqu’un de plus réservé. Assis dans un fauteuil de salon, portant un chapeau fedora rehaussé d’un ruban de paillettes, il hésite un peu avant de parler de la réaction de ses enfants à Matante Bella.

Il décide de raconter une histoire dont il se souvient très bien. Une année, en décembre, son fils lui demande : « Matante Bella sort-tu à Noël? ». Lorsque Maurice lui demande pourquoi, son fils répond qu’il a envie de passer Noël avec son papa. Matante Bella n’a pas sorti, affirme-t-il avec bienveillance, tu sais, je comprends.

Sa décision de participer au First Ever Drag Ball acadien a été spontanée, pour s’amuser. Monter sur scène l’a énergisé et lui a permis de repousser ses limites, même s’il ne définit pas comme une drag queen.

Je suis un homme, je ne veux pas être une femme. J’aime juste porter des robes.

Deux hommes en habits féminins se font prendre en photo dans un studio de photographie.
Maurice et Reg aiment porter des habits de grandes dames.Photo : Radio-Canada / René Godin

Même si Maurice constate qu’il y a eu un certain progrès, que des lois sont en place pour protéger les personnes LGBTQ+, il rappelle qu’il faut encore du courage pour s’afficher publiquement. Malgré cela, il pense qu’il est important de le faire afin d’ouvrir la conversation et de contribuer au recul des tabous.

Aimez-vous. Habillez-vous de la manière que vous voulez. Exprimez-vous de la manière que vous voulez. Puis arrêtez d’écouter [toutes ces personnes] qui disent : non, tu ne peux pas faire ça. Tu peux le faire!

Une drag queen porte une longue robe de bal argentée avec un tulle et une perruque vert néon. En regardant la caméra, elle a le sourire large et les mains sur les hanches.
Image : Une drag queen porte une longue robe de bal argentée avec un tulle et une perruque vert néon. En regardant la caméra, elle a le sourire large et les mains sur les hanches.
Photo: Barb Wire  Crédit: Radio-Canada / Denis Duquette

ANNABELLE | BARB WIRE

Matante Realness

Il n’y a pas de règlement dans le drag.

C’est ce que répète Annabelle dans son atelier de maquillage offert au Centre culturel Aberdeen, à Moncton. Peut-être parce que ça lui sert de rappel à elle-même. Annabelle est un exemple concret du fait qu’il n’y a pas de règlement dans le drag. C’est une femme qui incarne une drag queen. Et elle est mariée, avec un homme.

Elle se définit comme bisexuelle et pendant plusieurs années elle pensait qu’elle n’avait pas le droit d’être une drag queen. Elle avait une fascination pour cet art, mais elle avait l’impression qu’il était réservé aux hommes. Jusqu’au jour où elle a eu le courage de poser la question et a finalement eu sa réponse : il n’y a pas de règlement dans le drag. Elle avait enfin la permission d’intégrer ce monde, avec Barb Wire.

Réflexion du visage souriant d'Annabelle qui se maquille dans un miroir.
Annabelle considère que les normes du genre sont trop contraignantes et elle souhaite que les gens soient plus libres dans leur façon de s'exprimer.Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Vos sourcils, c’est des cousines, c’est pas des soeurs, dit-elle avec le sourire, donnant ainsi la permission aux drag queens en herbe de faire des erreurs. Elle continue son atelier avec assurance. Elle est pédagogue. Elle aide, explique, coach tous les participants. Certains sont des habitués, d’autres explorent cette forme d’expression pour la première fois, mais tous partagent et s’entraident.

Barb Wire ressemble beaucoup à Annabelle. Elle aime prendre soin des autres. C’est la « mère poule » du groupe, dit-elle fièrement. Mais Barb Wire est plus féminine, plus confiante, elle aime parler avec tout le monde.

Barb, mon personnage, est très, très confiante. Mais pendant l’année et demie que j’ai commencé à faire ça, sa confiance tranquillement devient ma confiance, à Annabelle, à moi-même.

Barb Wire marche sur la passerelle lors du spectacle, en secouant les mains au-dessus de sa tête.
Annabelle dit ne pas être très féminine dans la vie de tous les jours, alors que Barb Wire lui permet d'exprimer ce côté d'elle-même.Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

Pendant la soirée du drag ball, le fait de pouvoir parler français dans sa ville natale a fait du bien à celle qui habite Fredericton. Elle a l’impression de contribuer à l’épanouissement et à l’effervescence de l’art du drag à Moncton. Et elle est heureuse d’y retrouver un sens de communauté.

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Image : Une drag queen porte une chemise blanche aux manches fleuries rouge, une jupe de tennis blanche et des souliers de sport blancs. Avec le regard vers la caméra, sa main droite touche son menton alors que son bras gauche traverse son torse et appui son coude droit.
Photo: Évangélina Jolie  Crédit: Radio-Canada / Denis Duquette

MATTY | ÉVANGÉLINA JOLIE

Grand Dérangement

Avec la performance, j’ai été creuser plus loin que je pensais. [...] Je ne m’attendais pas à ça. Je m’attendais juste que ça va être le fun, on va danser, on va s’habiller, mais j’ai trouvé quelque chose de bien plus profond.

Ce que Matty a trouvé : l’envie de revenir en Acadie.

Depuis plusieurs années, c’est Toronto, sa ville. Mais il a accepté l’invitation de venir à Moncton pour participer au First Ever Drag Ball acadien. Il avait envie de revenir dans son coin de pays, de monter sur scène et d'afficher son identité. Il aime exprimer sa dualité, un mélange d’éléments masculins et féminins, une mode plus féminine avec un physique plus musclé.

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Matty ressent une liberté d'expression avec Évangélina Jolie.Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Et sa participation a entraîné une réflexion plus profonde sur le cloisonnement de la scène LGBTQ+ plus populeuse de Toronto. Selon lui, dans la métropole, il y a des petits groupes qui se forment, des cliques aux identités spécifiques, et des clubs qui répondent aux besoins distinctifs de chacun. Alors qu’à Moncton, c’est beaucoup plus ouvert, il n’y a pas de règlement et chacun y retrouve sa place.

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Matty aime mélanger des éléments masculins et féminins lorsqu'il se tranforme en Évangélina Jolie.Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Ce nouveau sentiment de liberté s’entend dans sa voix. Il explique avec entrain que ça l’a poussé à réfléchir au message qu’il a envie de véhiculer. On aide à définir c’est quoi la scène queer en Acadie.

Queer-Acadien, c’est vraiment qui je suis.

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Image : Une drag queen aux cheveux bouclés noirs porte une robe avec une fente jusqu'à la taille qui laisse paraître ses jambes nues. Elle regarde la caméra avec les mains sur les hanches et sa robe flotte près de son coude droit.
Photo: Brooke Rivers  Crédit: Radio-Canada / Denis Duquette

KEVIN | BROOKE RIVERS

Parlee Beach Party

L’épanouissement récent du drag en Acadie ravit Kevin, un vétéran de la scène drag des Maritimes. Il l’associe en partie à sa plus grande visibilité en raison d’émissions comme Ru Paul’s Drag Race, qui, selon lui, ouvre les esprits.

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Kevin fabrique certains de ses costumes.Photo : Radio-Canada / Paul Landry

Quand Kevin a créé son alter ego, Brooke Rivers, en 2014, les spectacles de drag étaient très rares et réservés aux clubs LGBTQ+. Maintenant, les drag queens sont sollicitées par de nombreux clubs et les spectateurs, plus nombreux, viennent d’horizons différents.

Y a tellement de monde qui vient nous voir maintenant, de toutes les communautés. Pas juste la communauté LGBTQ+, mais juste du monde qui veut voir du drag.

Kevin est encouragé de constater que le public découvre une appréciation pour l’art du drag. Ces événements sont devenus une partie essentielle de la vie de ce jeune homme plutôt calme et réservé. Se métamorphoser en femme extravagante et sensuelle lui permet de s’exprimer avec éclat et de libérer des traits de personnalité qu’il ne laisse pas sortir au quotidien. Brooke m'aide à être plus confortable dans ma peau. Je peux être over the top comme elle, dit-il.

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Kevin investit beaucoup de temps et d'argent pour offrir un spectacle de qualité.Photo : Radio-Canada / Paul Landry

Lors du First Ever Drag Ball acadien, Brooke Rivers a joué le rôle de juge. Le talent local l’a impressionnée. En plus de célébrer l’Acadie, Kevin souligne que l’événement a permis aux nouvelles drag queens d’essayer des choses, d’explorer des éléments de leur spectacle et de développer leur personnage. C’était un environnement parfait.

Kevin croit qu’en participant à cet événement unique en son genre, plusieurs personnes ont eu, comme lui, la piqûre du drag.

Ça me fait chaud au coeur de voir que le monde a eu cette opportunité-là, parce que peut-être qu’on les verra sur scène encore une fois.

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Image : Une drag queen porte un habit avec franges sur les manches et les pantalons, avec une perruque courte blonde. Elle prend une pose maladroite pour la caméra, allongée sur le plancher en tenant sa cheville droite de sa main gauche.
Photo: Chiquita Mare  Crédit: Radio-Canada / Denis Duquette

XAVIER | CHIQUITA MARE

Queer-Acadie Realness

Animer le 15 août, great!
Rencontrer Edith Butler, great!
Mais à date, animer le Drag Ball acadien, c’est ma pierre précieuse!

Pour Xavier Gould, la soirée du drag ball a été magique; le point culminant de son cheminement en tant qu’artiste queer jusqu’à ce moment. Un rassemblement de gens de toutes les sphères où, sans parler explicitement d’identité, on la vivait pleinement, ensemble.

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Xavier utilise plusieurs techniques de maquillage pour arriver au visage de Chiquita Mare.Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Ce soir-là, l’animation de Chiquita Mare sur scène était confiante, exaltée, assurée, délirante; une combinaison de clown et de poupée gonflable, comme Xavier la décrit. C’est que Chiquita Mare lui permet une expression de liberté sexuelle - avec son visage, ses lèvres et ses fesses exagérés - et une touche d’humour qu’on retrouve dans tous les projets de Xavier.

Jass-Sainte était mon enfance et là [avec Chiquita Mare] je suis rendu.e à l’adolescence.

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Xavier considère que le drag permet de rivaliser avec les concepts sexistes enracinés dans la société.Photo : Radio-Canada / René Godin

Conscient.e de la portée de sa voix auprès des Acadiens et de la communauté queer, Xavier réfléchit avant de parler, prend le temps de bien exprimer son point de vue : le drag, comme toute autre oeuvre d’art, est une forme d’expression. Il permet d’éveiller la société, de critiquer la politique, de pousser contre les normes ou de dresser un portrait de soi. La nature du message dépend de l’individu, de l’artiste.

C’est une sorte d’expression, une forme d’art qui te libère complètement des cadres des autres formes d’art.

Au départ, l’idée d’organiser un drag ball était une sorte de laboratoire pour permettre aux drag queens d’ici d’offrir leur spectacle. Mais c’était aussi une réponse au mouvement drag américain, capitaliste : même si on n’est pas riche, on peut faire du drag ici aussi et on veut reprendre ce qui appartient à la communauté.

L’idée du départ s’est rapidement transformée en quelque chose de beaucoup plus grand, et maintenant que le First Ever Drag Ball acadien a eu lieu, Xavier est heureux.se de constater l’impact qu’a eu l’événement.

Des opportunités comme le drag ball, j’oserais dire que c’est pas seulement pour les gens queer, c’est autant pour les gens qui viennent voir ça puis le vivent. Parce que c’est eux qui ont besoin de comprendre. Nous autres on le vit déjà.

Jamais Xavier n’aurait pu imaginer l’ampleur qu’a pris ce First Ever Drag Ball acadien, l’acceptation profonde que les participants ont ressentie et l’empreinte indélébile qu’il a laissée dans l’esprit des spectateurs.

*** le titre de chaque section est le nom d’une catégorie du First Ever Drag Ball acadien.

Voici la liste complète des catégories :

  • J’aime ta skirt, but pas la way qu’a hang
  • Fishy Camo Couture
  • Matante Realness
  • Tintamarre / 15 août Fantasy
  • Parlee Beach Party
  • Grand Dérangement
  • Red Coat Couture
  • Where de hell qu’est Gabriel.e Realness
  • Sexy Évangéline
  • Ta Queer-Acadie Realness

Et les prix de la soirée :

  • Prix Dixie Lee : pour la crunchiest, greasiest Queen / King
  • Choix du public (par vote)
  • Prix de la Sagouine
  • Prix Acadian Queen : le.a overall gagnant.e

Image d'entête par Kristel Mallet
Photos d'entête de chapitre par Denis Duquette

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