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Vue panoramique de la plage de l'anse au Foulon en 1934.
Archives du Port de Québec

Une nouvelle vie pour la plage la plus populaire de l’histoire de Québec.

Après avoir fait la joie des baigneurs de la région de Québec pendant quatre décennies, la plage de l’anse au Foulon renaîtra sous une nouvelle forme avec l’aménagement de la phase 3 de la promenade Samuel-De Champlain. À défaut d’un accès direct au fleuve, comme c’était le cas autrefois, le soleil et le sable, eux, sont toujours au programme!

 Du monde sur le sable et une grosse file à la cantine le 1er juillet 1955.
 Du monde sur le sable et une grosse file à la cantine le 1er juillet 1955.
Collection Jocelyn Paquet / Photo Moderne / Tous droits réservés
Photo: Du monde content et une grosse file à la cantine le 1er juillet 1955  Crédit: Collection Jocelyn Paquet / Photo Moderne / Tous droits réservés

La belle époque des plages du Saint-Laurent

Avez-vous déjà entendu quelqu’un évoquer ses souvenirs de plage de l’anse au Foulon? Cette belle étendue de sable fin, fleurant bon l’huile solaire et la patate frite, pleine de gens enthousiastes à l’idée de se saucer dans le fleuve, juste en bas de la côte Gilmour?

Ce portrait enchanteur n’a rien d’exagéré. Et ce n’était pas la seule plage populaire du secteur. Avant que les gros réservoirs de pétrole ne se mettent à pulluler sur le boulevard Champlain, les plages situées le long du Saint-Laurent étaient assez nombreuses à Québec, dont plusieurs très propices à la baignade.

Crescent Beach, à Cap-Rouge, une plage pleine de chalets et de baigneurs malgré ses galets durant les années 1950.
Crescent Beach, à Cap-Rouge, avant 1968Photo : Facebook / Georges Nicolle

Dans les années 1930, en plus de se baigner à l’anse au Foulon, on pouvait apporter son maillot à l’anse Victoria, ou encore à Crescent Beach, une plage très courue située à Cap-Rouge, là où se trouve la promenade Jacques-Cartier aujourd'hui.

Les gens de la Rive-Sud n’étaient pas en reste. La plage Garneau, à Saint-Romuald, faisait tourner toutes les têtes avec sa grosse structure de bois, construite à plusieurs mètres des berges. Ces plages ont toutes été interdites de baignade à la fin des années 1960, quand le taux de coliformes fécaux dans le fleuve s’est mis à dépasser les limites du raisonnable.

La plage Garneau, située sur la Rive-Sud, à Saint-Romuald, était tout près du pont de Québec.
La plage Garneau, tout près du pont de QuébecPhoto : Gracieuseté / Société d'histoire de Saint-Romuald

Mais aucune n’aura été plus populaire que la plage de l’anse au Foulon.

Certains jours, il n’était pas rare de voir les baigneurs s’y entasser par milliers. Au fil du temps, on y aura organisé des fêtes municipales, des compétitions de natation – dont certaines commanditées par les commerces les plus prospères de la ville – des joutes de mini-golf, et même des concours d’hommes forts.

En plus de profiter d’un emplacement stratégique, entre Québec et Sillery, elle a particulièrement bénéficié des grands travaux de dragage entrepris dans le fleuve en 1927, quand des tonnes de sable fin ont été retirées du lit du Saint-Laurent et déplacées vers ses berges, au grand plaisir des vacanciers.

Baigneurs sous le soleil dans les années 1960
Baigneurs sous le soleil dans les années 1960
Archives de la Ville de Québec / Laval, Couët et Émile Kirouac
Photo: Baigneurs sous le soleil dans les années 1960  Crédit: Archives de la Ville de Québec / Laval, Couët et Émile Kirouac

Une plage digne du Maine pour trois fois rien

En plus de se donner des airs de plage américaine, l’anse au Foulon était accessible à peu de frais, ce qui s’avérait bien pratique durant l’été, quand la plupart des quartiers centraux de Québec se transformaient en fournaise. D’autant plus qu’à l’époque, les parcs demeuraient rares, et les piscines publiques, quasi inexistantes.

Des élèves en plein cours de natation en 1943.
Des élèves en plein cours de natation en 1943Photo : BAnQ

Si on y ajoute le problème des enfants laissés à eux-mêmes durant toute la période des vacances, un problème fréquent dans les villes du temps, on comprend que l’anse au Foulon a vite été considérée comme un service essentiel non seulement par de nombreux parents trop pris par le travail ou les tâches ménagères, mais aussi par les autorités municipales.

C’est pourquoi Québec, puis Sillery dès 1952, n’ont pas hésité à soutenir et à subventionner ce lieu de loisir par excellence. Les deux villes rendaient ainsi service à une population plus démunie qui n’avait ni les moyens de s’offrir un séjour sur une plage américaine ni ceux de partir en villégiature à La Malbaie ou en Gaspésie.

Des gens traversant les rails pour se rendre au stationnement de la plage dans les années 1950.
Des gens traversant les rails pour se rendre au stationnement de la plage dans les années 1950.Photo : Collection Jocelyn Paquet / Photo Moderne / Tous droits réservés

Dans les années 1940, pour à peine 10 cents, on pouvait stationner sa voiture à quelques pieds de son parasol, et laisser ses affaires en sécurité dans une des cabanes construites sur le site. Dès les années 1950, ceux qui n’avaient pas de voiture ont aussi pu profiter d’un autobus roulant directement vers la plage, avec un départ toutes les 30 minutes, en provenance du centre-ville de Québec.

Le plaisir de se baigner dans le fleuve entre Québec et Sillery en 1938. La foule est nombreuse, il y a plus de gens dans l'eau que sur la plage, et il fait clairement très chaud.
Le plaisir de se baigner dans le fleuve entre Québec et Sillery en 1938. La foule est nombreuse, il y a plus de gens dans l'eau que sur la plage, et il fait clairement très chaud.
Archives du Port de Québec / Tous droits réservés
Photo: Le plaisir de se baigner dans le fleuve entre Québec et Sillery en 1938  Crédit: Archives du Port de Québec / Tous droits réservés

Attention, danger!

Malgré ses airs de paradis, la plage de l’anse au Foulon était très dangereuse. Au début des années 1930, les noyades y étaient si nombreuses – des dizaines chaque été – qu’elles avaient fait l’objet d’un rapport alarmiste du coroner. Crescent Beach et la plage du Remous des Hirondelles, située le long de la rivière Saint-Charles, faisaient aussi partie de la liste.

Le maire Lucien Borne et l'équipe de la Ligue de sécurité devant le chalet principal en 1938.
Le maire Lucien Borne et les administrateurs de la plage devant le chalet principal en 1938.Photo : Archives du Port de Québec

Contre toute attente, c’est à marée basse qu’on devait le plus s’en méfier. En marchant innocemment dans l’eau, on pouvait chuter dans une fosse de 12 mètres de profondeur, glisser sur des sables mouvants, ou être happé par des remous particulièrement retors. Nager trop loin du rivage demeurait aussi un risque, surtout quand on se laissait surprendre par les vagues soulevées par le passage d’un bateau.

C’est dans ce contexte qu’en 1933, la plage de l’anse au Foulon a trouvé son premier gestionnaire : la Ligue de sécurité du Québec. Cette compagnie privée, créée en 1923 et subventionnée par le provincial, s’était d’abord donné pour mission de sensibiliser la population à la sécurité routière, jusqu’à ce que la sécurité nautique s’ajoute à son champ d’action.

L'équipe de sauvetage de l'anse au Foulon en 1938. Trois jeunes hommes bien musclés! Une foule d'enfants en maillot de bain les entoure sur la plage.
L'équipe de sauvetage de l'anse au Foulon en 1938Photo : Archives du Port de Québec / Tous droits réservés

Pour la modique somme de 100 $ allouée par la Ville, la Ligue s’engageait à poser des barrières pour délimiter la zone où se baigner, équiper le lieu de toilettes, de poubelles et de vestiaires, en plus d’embaucher tout le personnel nécessaire pour en assurer la sécurité, ce qui incluait deux sauveteurs et un chaloupier.

Cet efficace trio allait sauver des dizaines de vies au fil des ans, ce qui lui vaudra plusieurs médailles de bravoure.

Alors que d’autres plages naissaient ailleurs, notamment à Montréal, l’anse au Foulon était citée comme un modèle à suivre. Le secrétaire de la Ligue, le lieutenant-colonel Arthur Gaboury, fera aussi office de pionnier en initiant le grand public à la sécurité nautique grâce à des projections de cinéma en plein air, organisées directement sur la plage grâce à une invention de son cru.

Les sauveteurs de l'anse au Foulon à l'oeuvre en 1938, alors qu'un enfant en ramène un autre à une chaloupe sous les yeux d'une foule nombreuse de baigneurs.
Les sauveteurs de l'anse au Foulon à l'oeuvre en 1938.Photo : Archives du Port de Québec / Tous droits réservés

Son petit motorisé, équipé d’un projecteur, de caisses de son et d’une génératrice, sera considéré comme l’un des premiers du genre en Amérique du Nord dans les années 1930. Les projections comprenaient aussi des films d’actualité et des dessins animés, au grand plaisir des enfants.

L'église Saint-Dominique en 2023.
L'église Saint-Dominique en 2023.
Gracieuseté / Jacques A. Fortin
Photo: L'église Saint-Dominique, où officiait le père Martin, pourfendeur de la plage de l'anse au Foulon  Crédit: Gracieuseté / Jacques A. Fortin

Les sermons du père Martin

La Ligue de sécurité n’était pas là que pour sauver des vies. Elle était aussi là pour sauver la morale! Du matin au soir, un policier était chargé de faire régner l’ordre sur le site, ce qui passait, on s’en doute, par un contrôle scrupuleux de la forme et de la longueur des maillots de bain – surtout celui des femmes, bien entendu.

Les décolletés et la longueur des jupes – obligatoires sur les maillots des dames – devaient être mesurées au centimètre près. Même le dégagement du maillot sous les aisselles faisait l’objet d’un règlement. Imaginez le scandale si l’on avait deviné ne serait-ce que le début d’un sein…

Un homme à genou dans le sable déploie son ruban à mesurer pour voir si le maillot d'une dame fait la longueur réglementaire.
Mesure de maillots de bain sur une plage de Washington D.C. en 1922Photo : Bibliothèque du Congrès américain

Durant les premières années, même les hommes devaient porter un maillot recouvrant leur torse. Le slip ne serait pas le bienvenu avant un certain temps. De fait, les règlements restés en vigueur de l’ouverture de la plage jusqu’au début des années 1950 semblent tout droit sortis d’un autre siècle.

On s’en doute, une plage remplie de baigneurs en petite tenue en plein cœur d’une ville populeuse ne faisait pas l’affaire de tout le monde dans les années 1930. Les membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, très à cheval sur la morale, avaient d’ailleurs mené une campagne de tous les diables pour empêcher la plage de voir le jour.

Un curé de Québec, le père Henri Martin, avait mis les parents en garde. Selon lui, la plage de l’anse au Foulon était un vrai lieu de perdition, pire que toutes les plages américaines réunies.

La licence des mœurs et les désordres qui se commettent sur cette plage en font un foyer d’immoralité. Hier, je me suis rendu sur les lieux, et j’en suis revenu écœuré, avait-il lancé dans son sermon dominical en septembre 1932.

Toutes ces campagnes contribueront surtout à couvrir leurs auteurs de ridicule. Même l’éminent cardinal Villeneuve, conscient qu’on ne pouvait pas vivre éternellement coupé du monde, n’avait pas voulu aller si loin, préférant plutôt veiller à ce que l’anse au Foulon devienne une plage digne. Un vœu assorti d’un feu nourri de consignes.

Des baigneuses sur leur 31 devant le stationnement de la plage à la fin des années 1930.
Des baigneuses sur leur 31 devant le stationnement de la plage à la fin des années 1930.Photo : Archives du Port de Québec / Tous droits réservés

Sauf qu’à voir la mine réjouie des baigneuses de la plage sur les photos du temps, elles ne semblent avoir empêché personne de s’amuser. Surtout si l’on se fie au nombre de couples qui se sont formés sur la plage au fil des décennies!

Un nom évocateur du passé

Et l’anse au Foulon, d’où tient-elle son nom exactement? Le terme ferait référence à un ancien moulin, qui servait à fouler la laine dans le secteur au début du 18e siècle. Le ruisseau Saint-Denis, qui coulait dans le cap, l’alimentait en énergie, et le terme de foulon s’appliquait alors autant au moulin lui-même qu’aux gens qui y travaillaient.

Par la suite, l’anse sera aussi appelée Wolfe Cove, puisqu’en 1759 le général Wolfe en personne serait parti de là pour gravir le cap jusqu’aux plaines d’Abraham afin de mener sa célèbre bataille. Répandu à une époque, le nom a fini par être de moins en moins utilisé.

Si l’anse avait des allures bucoliques sur les gravures du début du Régime britannique, elle a rapidement pris une autre allure par la suite. Durant le 19e siècle, elle a abrité l’un des chantiers navals les plus prospères de la région, avant de devenir une gare maritime très fréquentée à cause de son emplacement stratégique près de la voie ferrée.

Le festival du réservoir près de l'ancienne plage, en 1972.
Le festival du réservoir près de l'ancienne plage, en 1972.
Archives de la Ville de Québec / Tous droits réservés
Photo: Le festival du réservoir près de l'ancienne plage, en 1972  Crédit: Archives de la Ville de Québec / Tous droits réservés

Le festival des coliformes fécaux

En termes de salubrité, la plage de l’anse au Foulon n’a jamais eu un destin facile. Avant d’être littéralement encerclée par les réservoirs de pétrole et de mazout, elle a dû, dès ses débuts, voisiner avec l’activité polluante des bateaux transitant par le quai maritime voisin, ainsi qu’avec un immense réservoir construit par la Dominion Oil, le premier d’une longue lignée.

Un premier réservoir à l'anse au Foulon, en 1931.
Un réservoir d'huile à l'anse au Foulon, en 1931Photo : Archives de la Ville de Québec

C’était d’autant plus dommage que la pêche, en plus de la baignade, y avait toujours été populaire. Les Autochtones y ont longtemps pêché l’anguille, et le quai voisin de la plage était encore très prisé des pêcheurs, qui s’y entassaient souvent par dizaines comme en témoignent les photos des années 1950.

Mais il y a fort à parier que les poissons n’étaient plus au sommet de leur forme à l’époque. Pas plus que le fleuve, dans lequel on tirait alors toutes nos eaux usées.

La pêche à l'éperlan en septembre sur le quai. On voit des dizaines de lignes lancées à l'eau et des pêcheurs bien emmitouflés.
Pêcheurs taquinant le poisson sur les quais de l'anse au Foulon en 1951.Photo : Collection Jocelyn Paquet / Lefaivre & Desroches / Tous droits réservés / Lefaivre & Desroches

En 1938, un égout collecteur, financé par le fédéral, avait même dû être déplacé à la dernière minute de 400 pieds à l’ouest, pour éviter qu’il ne coule directement sur la plage de l’anse au Foulon, sous le nez des baigneurs. Une opération qui avait fait doubler le coût des travaux, passés d’un coup de 100 000 $ à 200 000 $, aux frais du fédéral.

Un article consacré au nouvel égout collecteur de Sillery dans Le Soleil de 1938, avec 5 photos à l'appui.
Pleins feux sur un égout censé ne pas nuire à la plage, en 1938.Photo : Journal Le Soleil / BAnQ

Sillery avait ensuite eu la drôle d’idée d’installer un incinérateur juste à côté de la plage, un plan aussitôt décrié par les habitués et les résidents du secteur, révoltés de devoir cohabiter avec le dépotoir de la ville. L’incinérateur aura beau être détruit, il montrait que personne ne semblait vraiment avoir la santé du secteur très à cœur.

Le déclin de la plage – et du fleuve – était alors bien entamé, et personne n’était dupe. Tout au long des années 1950, chaque été, on se demandait si la plage allait rouvrir. On la savait non seulement polluée, mais également menacée par les projets de réservoirs qui allaient pulluler à partir de là.

En 1960, deux marées noires, survenues coup sur coup, avaient englué tous les rivages de la région, y compris ceux de l’île d’Orléans. Mais le coup fatal allait plutôt venir de nos égouts.

En 1966, le taux de coliformes fécaux explosait. La pollution du fleuve était – enfin – devenue un véritable problème de sécurité publique, mais le mal était fait. Alors que le seuil limite était fixé à 1000 bactéries maximum dans un demi-verre d’eau, on en trouvait de 9000 à 24 000 dans plusieurs zones de la plage.

« La pollution est définitivement le sujet à la mode dans nos clubs sociaux. On a démontré que l’eau qui sert à la baignade peut provoquer des maladies aussi graves que la typhoïde, et entraîner des maladies intestinales ainsi que des maladies de peau. »

— Une citation de  L’Action catholique, 22 novembre 1966

Deux ans plus tard, force était de l’admettre : l’eau du fleuve ne répondait plus aux normes du ministère de la Santé. Durant l’été 1968, un panneau portant les mots Défense de se baigner fut simplement planté dans le sable pour dissuader les baigneurs de l’anse au Foulon de plonger à l'eau, avant qu’on y ajoute quelques clôtures Frost.

Quand le yacht club voisin proposa de prendre un peu d’expansion en empiétant sur l’ancienne plage, au début des années 1970, il devint clair que la fin de la récréation avait sonné pour les baigneurs du Saint-Laurent. On était vraiment passé à autre chose.

Graphique montrant la phase 3 de la promenade Samuel-de-Champlain, avec une section de plage enrochée et une autre accessible au public, essentiellement à marée basse.
Graphique montrant la phase 3 de la promenade Samuel-de-Champlain, avec une section de plage enrochée et une autre accessible au public, essentiellement à marée basse.
Gracieuseté / Commission de la capitale nationale / Beno�t Leblanc
Photo: Le secteur de plage enroché, à gauche, et la zone accessible à marée basse, près de l'espace gazonné de la droite.  Crédit: Gracieuseté / Commission de la capitale nationale / Beno�t Leblanc

Une plage revue et corrigée

Plus de 50 ans plus tard, alors que le fleuve a repris des couleurs et que les gros réservoirs d’autrefois ont disparu, où en est la plage exactement?

Celle du temps, qui se trouvait au pied de la côte Gilmour, est bel et bien disparue, enterrée pour de bon sous le boulevard Champlain et plusieurs constructions du secteur, dont les installations de Tennis Montcalm.

La phase 3 de la promenade, située plus à l’ouest, en direction de Sillery, comprendra bien, en écho à celle d’autrefois, une petite plage. Cette étendue de sable demeurera cependant enrochée. Si baignade il y a, ce sera dans la piscine construite à côté, ou sous le jet de miroirs d’eau. Et, si par hasard quelqu’un s’essaie à faire quelques brassées dans le fleuve, en mettant son kayak à l’eau dans la zone réservée à cet effet, ce sera à ses risques.

Mais les amateurs pourront tout de même profiter, à cet endroit, d’une bonne portion de plage naturelle.

Un aperçu d'une berge ensablée longeant le boulevard Champlain, avec l'église de Sillery à l'horizon.
Le retour d'une plage ensablée, après plus de 50 ans d'absence.Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Selon ses concepteurs, reproduire la plage telle qu’on l’a connue, avec un accès complet au fleuve, aurait été impensable. Il aurait fallu dénaturer une partie des berges. Un enrochement sur la plus grande partie de la rive était jugé moins invasif.

Reste que le sable sera quand même là pour qu’on s’y trempe les orteils. Et comme on est allé chercher sur les berges des alentours une bonne partie de celui dont on avait besoin, il semble que les estivants d’aujourd’hui profiteront du même joli sable du Saint-Laurent que celui qui a fait la joie des baigneurs d’autrefois.

 Le 1er juillet 1955 sur les berges du Saint-Laurent.
Le 1er juillet 1955 sur les berges du Saint-LaurentPhoto : Collection Jocelyn Paquet / Photo Moderne / Tous droits réservés

Source des photos sans légende :

  • Entête : archives du Port de Québec
  • Introduction : collection Jocelyn Paquet/ Photo moderne / Tous droits réservés
  • Une plage digne du Maine, pour trois fois rien : archives de la Ville de Québec / Laval, Couet et Émile Kirouac
  • Attention, danger : archives du Port de Québec / Tous droits réservés
  • Les sermons du frère Martin : Jacques Fortin
  • Un nom évocateur du passé : MNBAQ / James Pattisson Cockburn / 1830
  • Le festival des coliformes fécaux : archives de la Ville de Québec / Tous droits réservés
  • Une plage revue et corrigée : Commission de la Capitale-Nationale / Benoît Leblanc

Références :

  • Banque de journaux de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)
  • Jean-François Caron, historien
  • David Tremblay, archiviste à la Ville de Québec
  • Louis Vallée, président de la Société d'histoire de Sillery
  • Société des gens de baignade

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