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Image : Les deux avions de la Korean Air sont sur les pistes de l'aéroport de Whitehorse.

Quand le Yukon se réveille au matin du 11 septembre 2001, l’effroi qui frappe New York commence déjà à se répandre dans le monde à mesure que les télévisions du globe diffusent les images d’avions s’engouffrant dans les tours jumelles du World Trade Center. Malgré la stupeur, les habitants de Whitehorse sont loin de se douter que les événements du jour viendront troubler leur quiétude à quelque 4600 km de la métropole américaine.

Une boule de feu s'échappe de la tour sud du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001. Le vol 175 de United Airlines a percuté la tour à 9 h 03, heure de l'Est, soit un peu plus de 15 minutes après que le vol 11 d'American Airlines eut percuté la tour nord, de laquelle s'échappe toujours un panache de fumée.
Image : Une boule de feu s'échappe de la tour sud du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001. Le vol 175 de United Airlines a percuté la tour à 9 h 03, heure de l'Est, soit un peu plus de 15 minutes après que le vol 11 d'American Airlines eut percuté la tour nord, de laquelle s'échappe toujours un panache de fumée.
Photo: Peu après 6 heures, heure du Yukon, les téléspectateurs du monde entier voient, en direct, un avion s'engouffrer dans la tour sud du World Trade Center, à New York.  Crédit: Reuters

L’horreur en direct

Il est encore tôt lorsque le téléphone de Dave White sonne ce matin-là. Au bout du fil, sa fille, qui est à Saskatoon : Papa, allume la télévision! En voyant les images à l’écran, Dave White est saisi par la désolation new-yorkaise.

J’ai eu une réflexion typiquement yukonnaise, avoue-t-il. Je me suis dit que c’était malheureux pour les gens de New York, mais que nous ne craignions rien dans notre belle petite ville du nord du Canada.

Peu après, il prend la route vers l’aéroport de Whitehorse, où il travaille comme contrôleur aérien. Comme tant d’autres habitants de la capitale yukonnaise, il ne se doute pas que les attentats perpétrés aux États-Unis marqueront le ciel de la ville.

Dave White pose devant la tour de contrôle de l'aéroport de Whitehorse.
Dave White a été contrôleur aérien pendant 37 ans. Le 11 septembre 2001, il est aux premières loges, dans la tour de contrôle de Whitehorse.Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

« Tour de Whitehorse, ici le NORAD »

Dans la foulée des attentats, un ordre est lancé : tous les avions en vol dans l’espace aérien américain ou se dirigeant vers celui-ci doivent atterrir. Au Canada, environ 1100 avions commerciaux sont forcés de se poser.

Au moment où Dave White prend place dans la tour de contrôle de l’aéroport international de Whitehorse, le Yukon devient une destination obligée pour des vols se dirigeant vers l’Alaska. Les Américains ne voulaient pas que les avions en vol se posent sur leur sol, se rappelle-t-il.

À un moment donné, de 9 à 12 gros avions devant atterrir à Whitehorse, ce qui était impossible à cause du manque d’espace de stationnement, raconte le contrôleur aérien. Il faut alors tenter de planifier et d’organiser cet afflux d’appareils et de passagers.

Plan panoramique de la ville de Whitehorse dans la vallée avec l'aéroport juste au-dessus.
À Whitehorse, l’aéroport est construit sur la colline dominant le centre-ville. Cette proximité fait craindre le pire aux autorités lorsqu’elles apprennent qu’un avion possiblement détourné se dirige vers la ville.Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Ce qui se dessine déjà comme un casse-tête prend rapidement des airs de cauchemar lorsque le NORAD, le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord, communique avec la tour de contrôle de Whitehorse.

L’organisation canado-américaine de défense et de contrôle de l’espace aérien signale l’approche de deux Boeing 747, de l’entreprise Korean Air, volant vers la panne sèche.

Alors que le vol 281 transporte des marchandises sans anicroche, le vol 85 et ses 200 passagers attirent l’attention des autorités des deux pays, qui croient qu’ils pourraient être victimes d’un détournement.

Max Fraser pose devant une affiche de son documentaire.
Vingt ans après l'atterrissage du vol 85 à Whitehorse, le réalisateur yukonnais Max Fraser continue d'enquêter sur des questions restées sans réponse.Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Documenter le mystère

Ce matin-là, Max Fraser est rivé à son écran. À 7 h, le Yukonnais regarde avec horreur les images apocalyptiques de New York. Alors qu’il se croit bien à l’abri chez lui, la crainte suscitée par le vol 85 de Korean Air pousse déjà les autorités à réagir.

On regarde les événements qui se déroulent si loin et on se dit : "Dieu merci, j’habite au Yukon, une chose pareille n’arrivera jamais ici." Mais d’un coup, cela arrive! Le monde, dans toute son horreur, sa brutalité et sa violence, est en route vers notre petit coin si sûr.

Une citation de :Max Fraser, réalisateur du documentaire Never Happen Here - The Whitehorse 9/11 Story

Durant les années qu’il consacrera ensuite à la réalisation du documentaire Never Happen Here - The Whitehorse 9/11 Story, le réalisateur plongera dans les rapports publiés pour raconter, témoins à l’appui, ce que Whitehorse a vécu ce jour-là.

Il y avait tant de questions sans réponse à propos de ce qui s’est passé ici que cela a fait l’objet de la majeure partie de mes recherches pour le film, raconte-t-il.

Un contrôleur aérien surveille un écran radar pour coordonner les arrivées et les départs à l'aéroport international de Newark, dans le New Jersey, aux États-Unis, le 26 août 2002. Le cercle en pointillé représente la statue de la Liberté.
Image : Un contrôleur aérien surveille un écran radar pour coordonner les arrivées et les départs à l'aéroport international de Newark, dans le New Jersey, aux États-Unis, le 26 août 2002. Le cercle en pointillé représente la statue de la Liberté.
Photo: Selon des témoins, l'inquiétude des autorités aurait été accentuée par un malentendu entre les pilotes et les contrôleurs aériens américains. (Archives)  Crédit: Reuters / Chip East

Les 18 minutes mystérieuses

Le vol 85 assure un lien régulier entre Séoul, en Corée du Sud, et New York, aux États-Unis. À l’époque, il devait faire un arrêt à mi-vol, à Anchorage, en Alaska, pour faire le plein de carburant.

Lorsque deux avions percutent les tours jumelles du World Trade Center, qu’un troisième fonce sur le Pentagone et qu’un quatrième s’écrase dans un champ de la Pennsylvanie, le 11 septembre 2001, cela devient le sujet incontournable de toutes les conversations, y compris dans les cabines de pilotage des avions.

Alors que le vol 85 est hors de portée des antennes radio à plus de 10 000 mètres au-dessus de l’océan Pacifique, les pilotes correspondent avec leur base par messagerie texte.

L’un des messages envoyés par l’équipage contient un code de trois lettres qui, en raison des événements de la journée, a tôt fait d’ameuter les services de renseignement et de sécurité : HJK, une abréviation du terme anglais hijacked et qui peut aussi être interprété comme : Nous sommes victimes de piraterie.

Ce message a été examiné par les agences américaines de renseignement alors que l’avion était en route au-dessus du Pacifique Nord, entre la Corée du Sud et Anchorage. C’est ce qui a déclenché l’alerte au départ, affirme Max Fraser.

Max Fraser travaille à son bureau.
Max Fraser continue son travail de recherche 10 ans après la sortie de son documentaire sur le 11 Septembre.Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Selon le réalisateur, la suite des événements est plus obscure. Le contrôleur aérien alaskien responsable de ce vol aurait reçu de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) l’ordre de demander au vol 85 de régler son transpondeur pour émettre le code 7500.

Ce code utilisé à l’échelle mondiale signifie qu’un vol est victime d’un détournement. En l’affichant, un pilote peut signaler discrètement le danger qui menace son aéronef.

Selon Max Fraser, le contrôleur aérien a cru qu’un tel ordre pourrait mettre l’équipage et les passagers du vol 85 en danger et a refusé de le transmettre au pilote. Il s’est dit que quelqu’un aurait peut-être la gâchette facile et que des vies innocentes pourraient être sacrifiées.

En épluchant les retranscriptions des communications, le réalisateur a fait une constatation. Il s’est écoulé 18 minutes entre le moment où l’ordre a été donné [par la FAA] et le moment où un autre contrôleur l’a relayé au pilote.

Ce dernier a alors obéi, mais la raison pour laquelle cet ordre a été donné reste une énigme insoluble pour M. Fraser.

Chronologie du vol 85 de Korean Air

  • 8 h 08 : lors d'une communication par messagerie texte avec Korean Air, les pilotes du vol 85 utilisent le code HJK, ce qui alerte les autorités américaines. Un représentant de la compagnie affirmera plus tard, en entrevue, que le code faisait référence aux attentats survenus plus tôt dans la journée.
  • Peu avant 9 h : ARINC, l'entreprise qui offre le service de messagerie texte qu'utilise Korean Air, informe l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) de l'utilisation du code HJK. La FAA communique l'information au NORAD.
  • Vers 10 h : le vol 85 entre dans l'espace aérien d'Anchorage, en Alaska.
  • 10 h 24 : à la demande des contrôleurs aériens, les pilotes du vol 85 règlent le transpondeur de leur Boeing 747 pour qu'il transmette le code 7500, laissant ainsi croire que leur avion est détourné par des pirates de l'air.
  • 11 h 54 : le vol 85 de Korean Air atterrit sans encombre à Whitehorse. Le capitaine est le premier à descendre de l'appareil et est interrogé par la Gendarmerie royale du Canada.

Cette chronologie est donnée en heure du Pacifique, soit 3 heures de moins que l'heure de l'Est.

Refusant de prendre le moindre risque face à ce qui pourrait être une attaque sur la côte ouest, les Américains veulent que l’appareil atterrisse loin d’Anchorage et de sa population.

L’avion sera d’abord dérouté vers Fairbanks, puis Yakutat. Au final, ils ont décidé de l’envoyer à Whitehorse.

Au moment où l’avion quitte l’espace aérien américain et entre au Canada, son transpondeur émet encore le code 7500. Sans le savoir, il est suivi par deux chasseurs F-15 américains.

Deux chasseurs F-15 survolent les montagnes de l'Alaska lors de la mission Northern Edge, en 2002.
Craignant une attaque sur la côte ouest, les autorités américaines dépêchent des avions chasseurs F-15 pour intercepter le vol 85. (Archives)Photo : Reuters

Faut-il l’abattre ou non?

Dans la tour de contrôle de Whitehorse, le téléphone n’en finit plus de sonner. La tension créée par les événements du jour et l’incertitude que fait planer le vol 85 sont si fortes qu’Ottawa aurait autorisé les chasseurs américains à abattre l’avion de Korean Air si nécessaire.

Dans le récit qu’il dresse de cette journée éprouvante, le premier ministre fédéral de l’époque, Jean Chrétien, témoigne de la solitude d’un homme d’État face à une telle décision.

À la permission d’abattre l’aéronef demandée par l’armée américaine en cas de menace, le premier ministre a simplement répondu : Oui, faites votre devoir, raconte-t-il dans ses mémoires.

À mesure que l’avion s’approche de Whitehorse, la tension monte dans la capitale yukonnaise.

L’incertitude quant aux intentions réelles des pilotes du vol 85 incite les autorités à évacuer le centre-ville, de même que plusieurs bâtiments publics.

C'était presque irréel, raconte Dave White. Whitehorse venait de passer d’endroit isolé et sûr à l’épicentre même de quelque chose qui pourrait être bien pire que ce que nous pensions.

Le contrôleur aérien reçoit alors un appel de son fils, qui lui dit que l’école a renvoyé les élèves chez eux et qu’il sera chez son ami Patrick.

Le père de famille ne sait rien de l'évacuation qui a cours dans la ville et ne croit pas vraiment à ce que son fils lui raconte sur le coup, mais il en vient rapidement à se dire que celui-ci n’est peut-être pas à l’école, mais [qu’] il n’est pas plus en sécurité chez Patrick, car sa maison est aussi sur la trajectoire d’approche finale de l’appareil.

Tout le principe du contrôle aérien, c’est de prévoir le pire et d’espérer le meilleur. C’est tout ce que nous faisions à ce moment-là.

Une citation de :Dave White, ancien contrôleur aérien
Jean-François Blouin regarde vers le ciel.
Image : Jean-François Blouin regarde vers le ciel.
Photo: Au lac Chadburn, Jean-François Blouin et son groupe d'élèves entendent bien les avions, mais ils sont loin de se douter de ce qui se passe dans la ville.  Crédit: Radio-Canada / Vincent Bonnay

Une ville en état de choc

Pendant que la frénésie de l’évacuation gagne Whitehorse, dans les bois, Jean-François Blouin ne se doute de rien.

Pour nous, là-bas, tout était calme. C’était la forêt, comme d’habitude, dit l’enseignant de l’École Émilie-Tremblay, qui était parti camper avec les élèves de 11e année sur les bords du lac Chadburn.

Dans les bureaux de l’Association franco-yukonnaise, Philippe Cashaback trouve une télévision et cherche à la brancher. La radio l’a déjà informé que quelque chose de dur à croire est en train de se passer pas mal loin, mais, quand il allume la télévision, il est frappé par l’horreur.

C’est à ce moment-là qu’on a vu vraiment les images, la poussière, les rues, les premiers répondants, raconte-t-il. Après New York, c’est la capitale yukonnaise qui s’attend au pire. Un avion s’en venait [et] on parlait d’évacuer le centre-ville.

Sa sœur est alors en forêt avec Jean-François Blouin, tout comme la fille de la directrice de l’Association. Il faut les prévenir, se dit-il. Peu de temps plus tard, le voilà parti en trombe vers le lac.

Ce qu’il voit sur son chemin est un spectacle chaotique. Je pense que ça m’a pris presque une heure pour traverser le centre-ville. Il y avait trop de monde, ça ne bougeait plus.

Tous les parents sont venus récupérer leurs enfants en même temps, parce que les écoles sont évacuées, tout comme la mairie et le siège du gouvernement territorial.

Philippe Cashaback pose sur la 2e Avenue, à Whitehorse.
Alors que le vol 85 s'approche de Whitehorse, Philippe Cashaback se retrouve dans un centre-ville bondé par des personnes cherchant à le fuir.Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Lorsqu’il arrive enfin près du lac, Philippe Cashaback doit encore trouver le groupe qui est installé à un quart d’heure de marche de là.

La course pour se rendre à Chadburn était assez intimidante, parce qu’il y avait des [avions] chasseurs qui passaient alors que j’étais en train de courir dans le bois. On venait de passer de : "Tout va bien!­" à : "Est-ce un temps de guerre?"

Une citation de :Philippe Cashaback

Philippe Cashaback arrive à destination à bout de souffle. C’est en le voyant que Jean-François Blouin réalise qu’il se passe quelque chose de grave.

Nous, on voyait ces avions-là [et on se disait :] "OK, il se passe quelque chose", mais il n’y avait pas de raison de s’en faire là où on était, confie-t-il.

Puisque les écoles sont évacuées, il faut ramener les enfants. Mais, le temps de ramasser notre équipement [et de] marcher, [la ville était devenue] pas mal plus calme.

Lorsque l’enseignant et ses élèves sortent de la forêt, la ville a déjà commencé à reprendre son souffle. L’avion tant redouté a atterri.

Un membre de l'équipage de la Korean Air se dirige vers un camion de l'équipe d'intervention d'urgence de la GRC avec sa chemise et les mains en l'air à l'aéroport international de Whitehorse.
Après l'atterrissage, le pilote du vol 85 est le premier à descendre de l’avion, les mains en l’air.Photo : Yukon News / Mike Thomas

Le comité d'accueil

À l’aéroport, des tireurs d’élite sont sur le toit du terminal et sur celui de la tour de contrôle, où Dave White pousse aussi un soupir de soulagement. Si rien n’est terminé, l’avion, lui, est au sol, et la ville n’a plus rien à craindre.

Maintenant que le ciel est dégagé, Dave White et ses collègues ont les yeux rivés sur le tarmac. L'équipe d’intervention de la GRC est prête, et un négociateur s’avance. On ordonne au pilote de descendre le premier, sans veste, sans cravate et les mains bien en vue.

Pendant un moment, c’était très tendu, raconte Dave White. La pression est tombée lorsque toutes les personnes présentes ont commencé à réaliser que la situation n’était peut-être pas si dramatique qu’elle le semblait jusque-là.

Les avions de chasse, ceux que Jean-François Blouin et Philippe Cashaback entendaient depuis la forêt, continuent tout de même de survoler la zone jusqu’à ce que tout danger soit écarté.

Ils sillonnaient le ciel en faisant un bruit d'enfer et mettaient nos nerfs à rude épreuve, se souvient Max Fraser, venu lui aussi chercher sa fille à l’école.

Des tireurs d'élite sont positionnés sur le toit du terminal de l'aéroport.
Des équipes d'intervention et des tireurs d'élite attendent l’arrivée du vol 85 à l’aéroport international de Whitehorse.Photo : Yukon News / Mike Thomas

Dans la tour, Tracey, une toute nouvelle stagiaire à qui Dave White avait demandé d‘observer et de prendre des notes, tente de briser le silence.

Elle m’appelle : "Dave, Dave", dit le contrôleur aérien. Je me retourne et je la vois, les yeux ronds. Elle me demande : "Est-ce que c’est comme ça tous les jours?"

Après un sourire, la tension retombe.

Cela nous a fait réaliser que, nous les Yukonnais, nous faisons partie de ce monde de plus en plus petit [...] Nous avons perdu une part d’innocence.

Une citation de :Dave White, ancien contrôleur aérien
Dave White est sur le tarmac de l'aéroport de Whitehorse.
Pour Dave White, comme pour tant d'autres habitants de Whitehorse, le 11 septembre 2001 restera un jour marquant.Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Une histoire à raconter

Lorsque le 11 Septembre relâche enfin son emprise sur Whitehorse, les interrogatoires des membres de l’équipage et des personnes concernées commencent.

Chez Dave White comme chez les autres résidents de la ville, la vie reprend son cours.

À son retour du travail, ce soir-là, le contrôleur aérien est accueilli par son fils, qui lui pose sa question habituelle : Comment s’est passée ta journée, papa?

J’en ai une bien bonne à te raconter, lui répond-il.

Pour la famille White, comme pour Jean-François Blouin, Philippe Cashaback, Max Fraser et les autres habitants de Whitehorse, le souvenir du 11 Septembre dépasse les seuls attentats perpétrés aux États-Unis.

On a une histoire si forte qui s’est jouée ici le 11 septembre 2001, mais [elle] est restée au second plan, résume Max Fraser.

Vingt ans plus tard, ceux qui ont vécu cette journée se souviennent encore de ce moment où le Yukon, habituellement si calme, s’est retrouvé au coeur des tourments du reste du monde.

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