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Image : Un bébé léopard des neiges tenu par une technicienne du Zoo de Granby.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais Photographies par André Vuillemin

Situé tout près de la cage des léopards, un accès privilégié, interdit aux visiteurs, permet de jeter un coup d'œil à un enclos dans lequel un léopard des neiges protège son bébé âgé à peine de quelques jours. Derrière la vitre teintée, difficile de bien distinguer la petite bête, blottie contre sa mère, à peine plus grosse qu’un chaton. C’est ici qu’elle vit ses premières semaines de vie, en symbiose parfaite avec sa maman. Même les employés du Zoo de Granby évitent de venir déranger la petite famille afin de lui laisser vivre ce moment le plus naturellement possible.

Ce jeune félin aux grands yeux va bientôt émerveiller le public du Zoo de Granby avec ses cabrioles. Il rejoindra l’enclos principal, où il pourra courir et s’ébattre avec sa mère, Elsa, et son père, Kang. Mais au-delà de son rôle d’attraction touristique, le léopardeau a une autre vocation beaucoup plus grande : celle de participer à la conservation de son espèce.

Une technicienne tient le bébé léopard des neiges avec des gants.
Image : Une technicienne tient le bébé léopard des neiges avec des gants.
Photo: Même s'il semble inoffensif, l'animal doit tout de même être manipulé avec précaution par la technicienne en soins animaliers.  Crédit: Radio-Canada / André Vuillemin

« Une très belle surprise »

Geneviève Cabana connaît très bien ces pensionnaires, et vice versa. La technicienne en soins animaliers appelle doucement la maman, Elsa, comme on le ferait avec un chat domestique. Elle lui susurre des mots d’encouragement, tout en lui tendant de petits morceaux de viande à travers le grillage de l’enclos.

Elsa dresse les oreilles et s’approche, curieuse. Geneviève procède alors à une série d’exercices avec le grand félin, qui répond au doigt et à l'œil : montrer l’intérieur de ses pattes, toucher un bâton du bout de son museau. Des activités qui permettent à la technicienne d’examiner le léopard, sans devoir passer par la table d’opération.

Une technicienne inspecte le ventre d'un léopard.
La technicienne Geneviève Cabana montre comment elle a procédé à l'examen des glandes mammaires du léopard.Photo : Radio-Canada / Marie-Claude Lyonnais

Elsa est entraînée. Elle nous permet d’avoir un certain contact avec elle. D’ailleurs, on pouvait toucher ses glandes mammaires et en deux, trois semaines, on les a vues grandir. C’est un des signes qui a poussé Geneviève à suggérer une échographie du ventre d'Elsa, suspectant qu’une gestation était en cours.

C’était une très belle surprise parce que ça faisait trois ans [que le mâle et la femelle] étaient ensemble.

Une citation de :Geneviève Cabana, technicienne en soins animaliers

Car le bébé se faisait attendre! Le Zoo croyait même que les amours du couple étaient perturbées par la présence de la mère d’Elsa, Snowflake, qui a, depuis, quitté l’établissement. La grand-mère n’y était finalement pour rien! Les léopards des neiges peuvent se reproduire à partir de l’âge de trois ans. Eux, il y a eu un petit délai, peut-être à cause d’une maturité plus tardive dans leur cas, souligne Geneviève Cabana.

L’arrivée de bébé était d’autant plus attendue que son bagage génétique est peu représenté chez les léopards des neiges en captivité, un critère important pour assurer que la population soit diversifiée, forte et en santé.

Actuellement, nous avons 138 individus qui font partie du programme de conservation de l’espèce et ce qui est ciblé, c’est 150, explique Chantal Routhier, conservatrice au Zoo de Granby. Pour être capable d’atteindre cela, ça prendrait 12 naissances par année et, pour l’instant, on en a 5 ou 6.

Ce programme, c’est le Species Survival Plan de l’Association des zoos et des aquariums, qui vise la conservation et la gestion des populations d’animaux vulnérables en captivité dans les zoos accrédités. Car l’état du léopard des neiges – même s’il n’est pas en voie d’extinction comme son voisin de cage, le léopard de l’Amour – est tout de même fragile. Difficile de savoir le nombre précis d'individus à l’état sauvage : est-ce 2500 ou 6000? Des études sont en cours pour tenter de déterminer le nombre de fauves vivant sur un immense territoire de la taille du Mexique, qui s’étale sur 12 pays asiatiques. Le Zoo de Granby, en finançant l’achat d’appareils de télémétrie et de géolocalisation, participe d’ailleurs à cet effort international pour obtenir des données probantes sur l’animal.

Un léopard des neiges se promène dans son enclos.
Actuellement, 138 léopards des neiges font partie du programme de conservation de l'espèce.Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Ces données, de nombreux experts les attendent avec impatience. En 2017, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a reclassé le statut du léopard des neiges, qui est passé d’espèce en danger à vulnérable, parce que son déclin est moins rapide que prévu. Jennifer Snell Rullman, qui travaille pour le Snow Leopard Trust, un organisme qui œuvre pour la conservation de l’animal à l’état sauvage, affirme que la nouvelle est loin d’avoir été accueillie avec trompettes et cris de joie.

C’était une décision fautive! Il n’y avait pas suffisamment de données pour prendre cette décision! s’exclame-t-elle*. Un fait appuyé par plusieurs experts. Le léopard a ainsi perdu des mécanismes de protection, et pourtant, tous s’entendent, y compris l’UICN, pour dire qu'il fait face à des menaces très sérieuses, déplore Jennifer Snell Rullman.

Les scientifiques confirment que le déclin du léopard des neiges est réel : perte de son territoire, braconnage – de 220 à 450 bêtes par année –, changements climatiques et diminution du nombre de ses proies, lui aussi en chute libre. Les menaces sont nombreuses. Dans certaines régions, il est aussi chassé par les résidents, car il attaque le bétail.

Jennifer Snell Rullman est d’ailleurs partagée lorsqu’on lui demande ce que l’avenir réserve à l’espèce. De son bureau de Seattle, aux États-Unis, elle lâche un petit soupir de découragement. Les mines commerciales n’étaient pas une menace en 2003. Aujourd’hui, c’est la plus importante menace pour le léopard des neiges. Avec les changements climatiques et les menaces émergentes… nous ne savons pas ce que sera la situation à l'avenir, s’inquiète-t-elle.

La mère, Elsa, et son bébé léopard.
La naissance du bébé est une garantie de plus pour l'avenir du léopard des neiges.Photo : Radio-Canada / Marie-Claude Lyonnais

La vétérinaire du Zoo de Granby, Émilie L. Couture, rappelle que cette première naissance pour Elsa et Kang permet toutefois d’entrevoir l’avenir avec plus d’optimisme.

[Cette naissance] vient aider à s’assurer qu’on garde une certaine diversité génétique, que cette population-là est en santé et qu’on garde un coussin de sécurité, s’il arrive un déclin subit de cette espèce-là en nature.

Une citation de :La Dre Émilie L. Couture, vétérinaire au Zoo de Granby
Un bébé léopard dans une boîte de carton.
Image : Un bébé léopard dans une boîte de carton.
Photo: La petite Jita semble un peu effrayée d'être loin de sa mère.  Crédit: Radio-Canada / André Vuillemin

Une bouée de sauvetage

La technicienne Geneviève Cabana se penche et saisit doucement la petite bête de trois mois dans une boîte de carton. Les yeux grands ouverts, complètement figée, elle est loin du félin rugissant et agressif qu’on pourrait imaginer. D’ailleurs, le léopard des neiges est reconnu pour être le plus doux des grands chats, selon la technicienne.

Pour l’examen, Geneviève tient fermement le petit animal sur la table à l’aide d’une serviette et d’une épaisse paire de gants. L’équipe lui parle doucement, tandis que le bébé prend un air renfrogné d’être ainsi perturbé dans sa routine quotidienne!

Oreilles, yeux, dents, pattes, tout y passe. Elle reçoit un vaccin de base pour chats, et un autre contre la maladie de Carré, une affection qui touche plus particulièrement le chien, explique la vétérinaire.

Un bébé léopard est examiné, ausculté et vacciné par une vétérinaire.
Le bébé léopard subit un examen complet. Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

L’exercice vise à vérifier que tout va bien, que l’animal est en pleine santé. Tout récemment, de premières vérifications ont révélé que le léopard est en fait… une femelle! Le bébé a d’ailleurs été prénommé Jita – victoire en sanskrit.

Le sexe [du bébé] n’a pas d’importance. Que ce soit un mâle ou une femelle, c’est rapporté au programme de jumelage pour le programme de reproduction.

Une citation de :Chantal Routhier, conservatrice au Zoo de Granby

La génétique du léopardeau sera, par la suite, entrée dans une banque qui fera des comparatifs et des calculs pour évaluer son potentiel génétique et son degré de compatibilité avec un autre mâle, ailleurs dans le monde.

Un calcul se fait et plus c’est près du zéro, moins l’individu est représenté génétiquement et plus c’est important de le reproduire, explique Chantal Routhier.

Elle nous montre la liste des léopards, classés en fonction de leur importance pour la reproduction. Le bébé ne s’y trouve pas encore, mais sa mère est en bonne position, quelques lignes sous la marque des têtes d’affiche : celles qu'il faut reproduire à tout prix.

Lorsqu’elle sera grande, la petite Jita sera transférée dans un autre établissement. Si elle peut se retrouver dans n’importe quel zoo, il est pratiquement impossible qu’elle finisse ses jours dans les montagnes d’Asie centrale. La réintroduction en nature, c’est très compliqué avec les félins, explique Karl Fournier, directeur des soins animaliers au Zoo de Granby. Ils s’imprègnent facilement de l’humain, et n’ont plus cette crainte envers lui.

La réintroduction du fauve, ajoute-t-il, soulève aussi des enjeux particuliers. Un des problèmes majeurs est que le léopard est un brin opportuniste : si son régime est habituellement composé de chèvres et de moutons sauvages, il ne dédaigne pas leur version domestique, au grand dam des fermiers. Ce vol de bétail devient de plus en plus fréquent, puisque son territoire de chasse ne cesse de rapetisser.

Si la population de léopards augmente, ils risquent d’attaquer davantage les fermes et on risque d’augmenter la grogne, d’augmenter la chasse et le braconnage, prévient Karl Fournier.

Au lieu d’aider l’espèce, cela fera l’effet inverse, on va lui nuire. Ce n’est pas encore le moment opportun [de la réintroduire en nature].

Une citation de :Karl Fournier, directeur des soins animaliers au Zoo de Granby

Le Zoo de Granby participe à certains programmes de réintroduction en nature, notamment avec le fameux léopard de l’Amour, qui, lui, est sur le point de disparaître à jamais. Mais, c’est très compliqué, admet Karl Fournier. Il y a plusieurs étapes. Nos rejetons seront envoyés en Europe pour produire d’autres bébés, et c’est cette génération qui sera utilisée pour être relâchée en nature.

Geneviève Cabana renchérit : Les chances que [ces léopards] le soient [réintroduits] sont minimes, mais quand même, notre vision est toujours de penser que cet animal pourrait peut-être retourner en nature et lui donner le plus de chances de conserver ses instincts.

Deux léopards des neiges se tiennent debout, l'un à côté de l'autre. L'un regarde devant lui. L'autre jette un coup d'oeil vers sa droite.
Ces deux léopards des neiges hébergés au Zoo de Granby ne pourraient pas retourner vivre dans la nature, entre autres, parce qu'ils ont perdu la peur de l'homme.Photo : Photo fournie par le Zoo de Granby / Bertrand Duhamel

À ce sujet, Jennifer Snell Rullman hésite quelques instants avant d’expliquer que la reproduction et le relâchement en nature ne font pas partie de nos plans à long terme. L’organisme Snow Leopard Trust, souligne-t-elle, privilégie plutôt des stratégies directement sur le terrain pour empêcher le déclin à l’état sauvage, notamment en travaillant auprès des communautés pour les sensibiliser à la survie de l’espèce. Des programmes, financés d’ailleurs en partie par le Zoo de Granby, indemnisent, entre autres, les éleveurs qui perdent du bétail. D’autres programmes visent à créer des aires protégées en partenariat avec les communautés locales, pour éviter le développement minier.

C’est plus facile et plus durable de travailler avec les communautés qui veulent protéger leur territoire, souligne-t-elle. Nous espérons d’ailleurs que nous n’arriverons jamais au point où la situation du léopard est si critique que nous devrons [en réintroduire]. C’est très difficile, et un énorme défi, de prendre un prédateur élevé en captivité et de lui apprendre comment survivre en nature.

Une bouée de sauvetage. C'est quelque chose qu'on a au cas où on en aurait besoin à l'avenir. Et, avec un peu de chance, on n'en aura jamais besoin. Mais les zoos seront prêts, si c’est le cas.

Une citation de :Jennifer Snell Rullman, de l'organisme Snow Leopard Trust
Kang, un léopard des neiges du Zoo de Granby, est dans son enclos.
Image : Kang, un léopard des neiges du Zoo de Granby, est dans son enclos.
Photo: Le léopard des neiges est une espèce considérée comme vulnérable.  Crédit: Radio-Canada / André Vuillemin

Entre conservation et contrôle

Si la naissance du bébé léopard était fort attendue au Zoo de Granby, ce n’est pas le cas pour tous les animaux. Même avec une espèce vulnérable, le Zoo ne recherche pas nécessairement la reproduction à tout prix. Loin de là.

Surprenant? Pas du tout, selon Chantal Routhier, qui rappelle qu'il faut que le Zoo ait l’espace pour les accueillir, ou qu’un autre établissement – certifié – soit prêt à les prendre.

Pour être accrédité, le Zoo de Granby doit avoir des installations suffisamment grandes et confortables pour les animaux, qui se rapprochent le plus possible de leur habitat naturel. On veut s’assurer qu’ils soient dans les meilleures institutions possible, affirme le directeur des soins animaliers, Karl Fournier.

Si on reproduit pour reproduire, on peut se retrouver avec des surplus. On peut se retrouver avec trop d’individus du même âge et, pour un certain temps, on devra les arrêter de se reproduire, ce qui va déséquilibrer la courbe démographique.

Une citation de :Chantal Routhier, conservatrice au Zoo de Granby

La diversité génétique est également un élément primordial à prendre en considération, souligne Karl Fournier. Elle est essentielle pour permettre aux animaux de s’adapter aux changements, d’être plus résistants aux maladies et de diminuer le risque de transmettre des anomalies congénitales.

Une tortue couchée sur une table sur le point d'être radiographiée.
Le Zoo de Granby vérifie régulièrement l'état de santé de ses animaux pour s'assurer qu'ils sont en pleine forme et n'ont pas de maladies.Photo : Avec la permission de Bertrand Duhamel/Zoo de Granby

Si on compare cela au chien, on voit qu’il y a beaucoup de races qui ont des problèmes de santé parce qu’à l'époque, on les a tellement reproduits ensemble qu’on a affaibli leur système immunitaire et ils ont plusieurs problèmes liés à la consanguinité. On veut absolument éviter cela avec nos animaux.

C’est pour ça qu’on ne reproduit plus la mère d’Elsa, ajoute la Dre L. Couture. Elle a eu beaucoup de portées, sa génétique est bien représentée pour la génération suivante de léopards des neiges, explique-t-elle.

Comment peut-on limiter la reproduction? En se promenant entre les différentes cages, on voit bien que la division mâle-femelle est rarement appliquée. La vétérinaire confirme que, comme chez l’humain, les possibilités sont multiples!

[Pour Elsa], comme on le ferait sur un chat ou un chien, elle a eu une stérilisation, explique-t-elle.

Dans certains cas, ajoute la Dre L. Couture, on veut éviter cette opération permanente. Parfois, on veut simplement espacer les naissances pour éviter une surpopulation. C’est le cas, entre autres, des femelles macaques qui reçoivent une injection contraceptive pendant les mois où elles se reproduisent.

Un lion endormi.
Lorsqu'on lui enlève les testicules, le lion perd sa crinière. La vasectomie est donc préférable pour ce félin!Photo : Avec la permission de Bertrand Duhamel/Zoo de Granby

Dans d’autres cas, on sépare effectivement les deux sexes. Mais cette solution n’est pas toujours la bonne. Le jaguar, par exemple, s’ennuyait ferme de sa tendre moitié lorsqu’on l’a mis dans un autre enclos. Résultat : on l’a vasectomisé afin de rendre l’opération réversible, au cas où on souhaiterait un jour le reproduire, tout en lui permettant de couler des jours heureux auprès de sa douce.

Dans d’autres cas, on choisit tout simplement cette option par souci d’esthétisme.

Si on castre un lion, il va perdre sa crinière. Alors, notre mâle lion est vasectomisé parce qu’on ne souhaite pas la reproduction, pour l’instant.

Une citation de :La Dre Émilie L. Couture, vétérinaire au Zoo de Granby
Un jaguar se reposant à l'extérieur.
Image : Un jaguar se reposant à l'extérieur.
Photo: Le jaguar est aussi un animal menacé qui bénéficie de programmes de protection afin de conserver son espèce.  Crédit: Radio-Canada / André Vuillemin

Pour l’amour des félins

Jennifer Snell Rullman est catégorique lorsqu’on lui demande si des établissements comme le Zoo de Granby agissent sur d’autres plans pour aider à la préservation des espèces. Le premier rôle d’un zoo est d’apprendre aux gens à aimer les animaux. Ils font beaucoup plus que mettre des félins à la disposition du public [...]. Les zoos ont la capacité d’amener les gens à les aimer et à vouloir en prendre soin.

Les panneaux situés en bordure de cage, les présentations animalières et les activités de vulgarisation ne servent donc pas qu’à inspirer les écoliers pour des présentations scolaires. Ils visent d’abord et avant tout à éduquer le grand public à la protection des espèces, et, peut-être même, instiller l'envie de devenir un futur conservateur.

On veut éduquer les visiteurs pour qu’ils aient le goût, quand ils sortent d’ici, de s’impliquer au niveau de la conservation, de pouvoir poser des actions vertes, souligne la conservatrice Chantal Routhier.

Une fillette observe un léopard des neiges à travers une vitre.
« On veut éduquer les visiteurs pour qu’ils aient le goût, quand ils sortent d’ici, de s’impliquer au niveau de la conservation, de pouvoir poser des actions vertes », souligne la conservatrice Chantal Routhier. Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Voyages écoresponsables, achats qui ne relèvent pas du braconnage, habitudes écologiques; les impacts découlant de cette sensibilisation sont multiples, selon Jennifer Snell Rullman, qui confirme que le léopard des neiges est loin d’être le seul à en bénéficier. En prenant des mesures pour assurer sa survie, on protège toute la biodiversité qui s’y trouve [dans le milieu où il habite], les communautés qui y habitent, le gagne-pain des communautés autochtones, les montagnes et les glaciers qui s’y trouvent, explique-t-elle.

Par sa beauté, le léopard des neiges est un ambassadeur. La seule façon de le protéger est de protéger l’écosystème et les aires dans lesquelles il vit.

Une citation de :Jennifer Snell Rullman, de l'organisme Snow Leopard Trust
Un léopard des neiges tenu par une technicienne en soins animaliers.
Le léopard des neiges est un ambassadeur permettant de protéger plusieurs autres espèces menacées.Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Avec sa bouille irrésistible, il ne sera pas difficile de convaincre le public d’aimer la petite Jita. Celle-ci a été bien examinée, auscultée, vaccinée et inspectée. La technicienne la saisit de nouveau pour la remettre dans sa boîte, avant de la rendre à sa mère. Les premiers et deuxièmes vaccins sont les seuls moments où l’animal peut être manipulé en dehors d’une cage sans protection particulière. Lors de ses prochains examens médicaux, y compris celui qui la mènera vers sa nouvelle demeure, elle devra être anesthésiée pour éviter des coups de griffe au personnel.

On leur apprend à se faire manipuler derrière une cage, on les entraîne. Mais, pour ce type d’examen, c’est sous anesthésie. Il y a des précautions à prendre à l’échelle humaine. Les léopards des neiges ne sont pas des animaux [domestiques]. On ne fait pas un examen comme on fait un examen sur un chat, souligne la Dre L. Couture, en souriant. Ce qui est difficile à croire en ce moment, tant Jita est docile!

Dans deux ans, elle quittera ses parents, émerveillera les petits et les grands d’un autre parc animalier, accompagnera un autre léopard et, peut-être, mettra au monde de petits bébés, pour, à son tour, participer à la conservation de son espèce.

Nous, la réussite au bout de cela, c’est de savoir que nos rejetons sont dans une situation de reproduction ailleurs. C’est un beau cadeau pour nous.

Une citation de :Chantal Routhier, conservatrice au Zoo de Granby

* Les propos de Jennifer Snell Rullman ont été traduits de l'anglais

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