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Image : Un homme se tient debout devant une haie de cèdres et sourit.

Un texte de Kéven Breton  |  Photographies par Arianne Bergeron

Interprétation du texte en LSQ (1re portion)

Veuillez noter que Radio-Canada a fait appel à un traducteur en langue des signes québécoise pour rendre ce texte accessible à tous et à toutes.

Pour "Nordiques", il existe deux signes! Ça se dit différemment, Nordiques, dépendamment si tu viens de Montréal ou de Québec.

Ces mots sont ceux de Claude Demers, un amoureux des sports, qui retransmet sa passion du bout des doigts, en langue des signes québécoise (LSQ). Il s’agit de sa langue maternelle, lui qui est sourd de naissance.

De façon tout à fait bénévole, Claude se transforme presque chaque jour en chroniqueur sportif devant la caméra de son téléphone, au grand bonheur des quelque 400 abonnés – sourds eux aussi – qui le suivent assidûment. Des amateurs qui, faute d’autres solutions, comptent souvent sur lui pour rester au courant des dernières actualités.

Parmi eux, son ami d’enfance Patrice. Les deux hommes, qui sont allés à l’école ensemble, se connaissent depuis plus de 40 ans et entretiennent une passion commune pour le hockey. Mais Patrice ne peut pas feuilleter le Journal de Montréal pour suivre le Canadien.

J’ai besoin de lui pour suivre, dit-il. C’est difficile pour moi, le français. Je m’en remets à Claude. En plus, il connaît bien tous les sports!

C’est grâce à lui qu’il est à jour dans les nouvelles du sport : C’est mon réveille-matin, avec mon café!

À regarder : Claude accueille toujours ses abonnés avec le même signe, qui est devenu son logo.

Interprétation du texte en LSQ (2e portion)

Patrice est loin d’être le seul dans cette situation. Au Canada, un faible pourcentage de personnes sourdes ont une connaissance suffisante du français pour lire et écrire. Environ 70 % sont considérées comme analphabètes, contre 20 % dans la population générale.

Cet écart s’explique par le fait que la langue première de plusieurs sourds, celle apprise dès leur enfance, est souvent une langue signée. L’apprentissage de celle-ci leur permet de s’initier à certains concepts essentiels, comme la grammaire et la syntaxe.

Le Centre Alpha-Sourd, spécialisé dans la question, estime que le transfert des connaissances vers le français est ensuite précipité. En ne permettant pas aux élèves de bien assimiler leur première langue, on nuit nécessairement à l’apprentissage d’une deuxième.

Sans maîtrise d’une langue écrite, et avec peu de contenu médiatique interprété en langue des signes à leur disposition, des sourds se retrouvent souvent en carence d’information. En arts, une petite poignée d’œuvres culturelles produites par des entendants sont offertes avec un service d’interprétation. En politique, certaines soirées électorales sont diffusées avec un médaillon LSQ, mais pas toujours les débats, et rarement les analyses.

Et en sport, le contenu accessible aux amateurs est encore plus rare. Ceux qui savent lire peuvent tenter de suivre les sous-titres pendant les matchs des Canadiens. Moi, je préfère suivre la rondelle! s’esclaffe Claude.

Certains amateurs sourds, ceux qui ont appris le français, peuvent en effet se rabattre sur les sous-titres pour connaître l’avis de Maxim Lapierre ou de Guy Boucher sur le rendement du Canadien. Mais en direct, ceux-ci sont générés automatiquement par une technologie bien peu fiable.

Image : Un homme se filme avec son téléphone et fait un signe en ouvrant sa bouche.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada / Arianne Bergeron

Sur Facebook comme au bar sportif

Interprétation du texte en LSQ (3e portion)

Ces sportifs de salon se sont donc réorganisés autour d’une autre plateforme d’information, adaptée à leurs besoins : un groupe Facebook.

Ils s’y connectent depuis octobre 2016 pour échanger par exemple sur les récentes performances de Carey Price, ou encore pour en apprendre plus sur les dernières rumeurs de transaction au baseball.

Et surtout, ils peuvent compter sur leur présentateur vedette : Claude.

Claude utilise sa connaissance des deux langues pour alimenter la passion sportive de ses abonnés. Dans ses vidéos publiées sur Facebook, il retransmet en langue des signes l’essentiel de l’information sportive qu’il trouve dans les journaux.

Ce mandat de commentateur, il se l’est tout bonnement donné, par amour du sport. Mon intérêt pour les sports m’a encouragé dans mon apprentissage de la lecture, mentionne-t-il. Je voulais apprendre à lire parce que je voulais savoir ce qu’on disait sur le Canadien. Et encore aujourd’hui, je lis mon journal à l’envers, en commençant par les sports!

Maintenant, il redonne à sa communauté, qu’il appelle sa gang.

À regarder : extraits de vidéos de Claude, qu’il publie quotidiennement

Interprétation du texte en LSQ (4e portion)

Ça me prend pas mal de temps, peut-être une heure par jour. Je fais ça à la bonne franquette, avec mon téléphone, dit celui qui se filme parfois de chez lui, dans sa cuisine, dans son auto, ou pendant son travail ou ses pauses. Je prends congé quand le Canadien prend congé. Ça dépend de l’actualité. Aux Olympiques, j’avais clenché ça! J’étais brûlé!

Mais j’aime ça. J’aime le sport. J’ai un grand cœur et je voulais aider mon monde à ma manière, affirme-t-il.

Ils sont de plus en plus nombreux à suivre Claude, et parfois certains lui transmettent des demandes spéciales. J’ai des commandes de temps en temps. Les gens me demandent : qu’est-ce qui se passe dans le football, ces temps-ci? Qui va gagner le Super Bowl? Fait que je réponds!

Quand Alex Galchenyuk a été échangé, puis soumis au ballotage, puis à nouveau échangé, des amateurs dans l’entourage de Claude lui ont exigé des explications. Il a tout le talent du monde, Galchenyuk! s’exclame-t-il. Son lancer sur réception est fort. Mais son éthique de travail, sa concentration, sa constance… ça laisse à désirer parfois. Ces subtilités peuvent échapper aux amateurs de hockey sourds, car ils n’ont pas accès aux analyses ou aux opinions des chroniqueurs pour mieux saisir certains détails sur la glace.

Voilà où Claude entre en jeu. Mais il ne se contente pas de retransmettre des écrits, qu’il pige principalement dans le Journal de Montréal. Il ajoute aussi dans ses vidéos sa propre analyse, sa propre couleur et, surtout, une touche d’humour.

Image : Assis dans un escalier extérieur, un homme tient un journal et regarde son chien.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada / Arianne Bergeron

La même verve qu'un certain Ron

Interprétation du texte en LSQ (5e portion)

Martin Asselin, l’interprète en langue des signes qui a permis à Radio-Canada de réaliser cette entrevue, admet qu’il entend la voix de Ron Fournier lorsqu’il relaie les propos de Claude : Pour vrai, quand je le vois signer, ses expressions, sa manière d’épeler, son débit très rapide, il s’exprime exactement comme Ron Fournier, c’est pas des blagues! C’est le Ron Fournier des sourds!

C’est un compliment, venant de Martin Asselin. Ce dernier baigne dans la culture sourde depuis qu’il est jeune, puisque ses parents n’entendent pas. Interprète de profession, il a rendu accessibles de nombreux spectacles d’humour, aux côtés de Louis Morissette, de Véronique Cloutier, de Michel Barrette et de Philippe Laprise.

Je dirais même que c’est un défi d’interpréter Claude, parce qu’il va parfois parler en abréviations, trouver des signes pour des noms d’équipe, de joueurs… admet-il.

À regarder : l’interprète Martin Asselin prête sa voix à Claude, qui commente une cuisante défaite du Canadien en saison régulière.

Interprétation du texte en LSQ (6e portion)

Claude, lui, a dû s’informer avant d’accepter la comparaison. La radio, le média dans lequel Ron a régné pendant des années, lui étant par défaut inaccessible, il ne connaissait que Ron l’arbitre, pas l’animateur de Bonsoir les sportifs. Il s’imaginait un animateur rigide, sévère et autoritaire, à l’image d’un officiel de la Ligue nationale de hockey (LNH), à des années-lumière de la véritable personnalité de Ron. J’ai lu sur lui, je vois un peu la comparaison maintenant, affirme Claude.

L’homme dans la cinquantaine tire son inspiration ailleurs, dans des référents culturels qui lui sont accessibles et qui ont bâti son style. En premier lieu : Homer Simpson.

Dans chacune de mes capsules, avant d’entrer dans le vif du sujet, je fais une petite introduction rigolote avec des accessoires ou une mise en scène. C’est en hommage au générique du début de l’émission [Les Simpson], sur le sofa, indique-t-il. À un moment donné, je prenais mon travail un peu trop au sérieux et je donnais juste des résultats, c’était moins plaisant. Tout le monde préfère quand il y a une touche d’humour.

Dans le monde réel, Claude a aussi quelques modèles : Jean-Charles Lajoie et José Théodore, à TVA Sports, ou encore Réjean Tremblay. Et dans les journaux, il ne se limite pas aux chroniqueurs sportifs : J’aimais aussi beaucoup Solange Harvey, l’ancienne courriériste du cœur! Je la lisais chaque jour!

Image : Un homme se filme avec son téléphone en faisant un sourire et un geste avec ses mains.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada / Arianne Bergeron

Une langue à part entière

Interprétation du texte en LSQ (7e portion)

Contrairement aux idées reçues, la langue des signes québécoise est une langue à part entière, au même titre que le français ou l’anglais. Une langue avec sa propre syntaxe, ses propres règles grammaticales et ses propres expressions.

C’est pour cela, notamment, que soupirent à l’unisson les membres de la communauté sourde lorsqu’on parle d’interprètes en langage des signes. La LSQ est une langue, et non un langage, encore moins un langage des sourds-muets, les sourds étant tout à fait capables de s’exprimer.

La LSQ a même été reconnue comme la langue officielle des communautés sourdes par le gouvernement du Canada, en 2019.

De la même manière qu’il est parfois difficile de traduire en français certaines expressions sportives anglophones, comme wraparound, au hockey, devenue « tourniquet », ou walk-off home run, au baseball, finalement traduite par « clou de circuit », les locuteurs sourds ont leurs propres défis linguistiques. Ils doivent faire preuve de créativité pour imaginer le vocabulaire sportif. Celui-ci s’impose généralement par l’usage, tellement que des régionalismes surgissent parfois, comme c’est le cas pour « Nordiques ».

À regarder : Claude explique le signe montréalais pour Nordiques, puis celui utilisé en majorité dans la Vieille-Capitale.

Interprétation du texte en LSQ (8e portion)

Le signe employé par les Montréalais pour dire Nordiques est simple : il s’agit du signe pour la lettre « N », placé dans le creux du torse, là où se trouverait le logo d’un uniforme. C’est la façon de faire pour la plupart des clubs. Mais il y a des exceptions. Par exemple, pour les Sabres de Buffalo, on va reproduire des cornes de buffle, mentionne Martin Asselin.

Dans la région de la Capitale-Nationale, le signe « Nordiques » revêt une caractéristique royale. Le geste effectué par Claude, celui d’une bannière qui traverse en diagonale le torse, est un signe habituellement réservé aux mots relatifs à la royauté. On fait ce geste avec la lettre « R », pour « roi », avec la lettre « D » pour « duchesse » et… « N » pour « Nordiques », l’équipe reine de la ville.

Le signe qui désigne une formation devient en quelque sorte un logo oral, ancré dans la communauté, comme un mot du dictionnaire.

Claude Demers s’est donc arraché les cheveux à l’annonce du changement de nom de l’Impact pour CF Montréal en janvier dernier. Le signe pour l’Impact était distinctif, évocateur et frappant. Le signe lié au nouveau nom n’est composé que de lettres de l’alphabet, le C et le F, adjointes au signe représentant Montréal.

À regarder : Claude montre le signe pour Impact de Montréal, inspiré du signe pour dire soccer.

Interprétation du texte en LSQ (9e portion)

La langue évolue, donc, et de nouveaux mots s’ajoutent au fil du temps.

À l’été 2020, un nouveau concept a vu le jour dans le vocabulaire sportif : les villes-bulles. Plus que de simples villes hôtes, elles ont permis aux équipes professionnelles de la LNH et de la National Basketball Association (NBA) de se réunir dans une zone sanitaire pour y compléter leur calendrier d’activités chamboulé par la pandémie de COVID-19.

Il fallait donc trouver un signe pour exprimer cette nouvelle réalité.

À regarder : Claude montre le signe pour ville-bulle .

Image : Un homme consulte son téléphone intelligent.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada / Arianne Bergeron

Un faible pour les travaillants

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Interprétation du texte en LSQ (10e portion)

Des commentateurs sportifs comme Claude Demers, il n’y en a pas d’autres au Québec. Son apport est unique. Et comme tout analyste, il a ses propres idées et ses opinions bien à lui.

Certains athlètes l’ont marqué plus que d’autres : Dominik Hasek, John Elway et, surtout, Mario Lemieux – le plus grand de tous les temps, selon lui. Meilleur que Wayne Gretzky? Absolument meilleur. Tu peux l’écrire dans ton journal, lance-t-il. C’est le plus grand joueur de hockey de tous les temps. Si ce n’avait été des blessures… Jeune, il avait aussi une grande admiration pour les gardiens, surtout Vladislav Tretiak, son idole.

Mais il a surtout un penchant pour les travaillants, les joueurs qui n’ont pas peur de d’aller dans les coins, pour reprendre les expressions consacrées… qui possède bien sûr un équivalent en LSQ.

Chez le Canadien, actuellement, Brendan Gallagher occupe donc une place particulière dans son cœur, comme c’était le cas pour Guy Carbonneau, à l’époque.

Son préféré parmi tous : Steve Bégin, l’ancien du Canadien. Claude est même allé le voir en action… à Syracuse, dans l’État de New York! Bégin jouait alors avec les Bulldogs de Hamilton, le club-école du Tricolore, pendant l’arrêt de travail dans la LNH en 2005. J’étais avec mon ex-blonde. J’avais amené une pancarte sur laquelle il était écrit "JE T’AIME STEVE BÉGIN". Elle me trouvait pas mal capoté! s’esclaffe-t-il. Je suis pas mal sûr qu’il m’a aperçu…

Il était bien heureux de le voir de retour à Montréal, lors de la reprise des activités : C’était un vrai. Un magané. Il avait mal partout, mais il continuait toujours de se donner à fond.

À regarder : Informé de l'affection que lui porte Claude Demers, Steve Bégin lui offre cette petite surprise en guise de mot d'encouragement.

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Interprétation du texte en LSQ (11e portion)

Son appréciation pour les cols bleus du hockey vient peut-être de sa propre dévotion pour le travail, lui qui a toujours eu le cœur à l’ouvrage.

En 2015, le taux de chômage dans la population sourde s’élevait à 40 %. Les débouchés sont moins faciles d’accès pour ces personnes, même si la technologie et la présence d’interprètes permettent d’abolir certaines barrières.

Claude, lui, combine deux emplois : le jour, dans l'entrepôt d'une grande entreprise, et le soir, dans une autre entreprise, comme préposé à l’entretien. Malgré son horaire chargé, il ne manque jamais un rendez-vous auprès de ses abonnés. Ça me fait des grosses journées, admet-il. Je commence parfois à 11 heures le matin et je termine à 5 heures le lendemain matin. Habituellement, il prépare ses notes et enregistre ses vidéos très tôt, avant de se rendre au travail.

Ou des fois, quand j’ai une minute de libre pendant la journée, ajoute celui qui rêve de pouvoir un jour se tailler une place dans un média sportif. Mais tout ce travail vaut la peine, quand je vois la réaction du groupe.

Image : Un homme marche dehors avec son chien.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada / Arianne Bergeron

En faire plus collectivement

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Interprétation du texte en LSQ (12e portion)

Il y a une couple d’années, j’étais à une partie de quilles. Après, quelqu’un est venu me voir et m’a dit : "Je te connais, toi! Je te connais de tes vidéos sur Facebook", se souvient Claude. Après, on a jasé de sport. Ça me fait plaisir de savoir qu’on reconnaît mon travail.

À lui seul et bénévolement, Claude Demers ne peut pas rendre accessible tout le contenu sportif aux sourds. Il en offre des bribes, suffisamment pour maintenir l’engouement et engendrer des discussions.

Ce service a fait le plus grand bien dans le contexte de la pandémie, où la télévision était pratiquement le seul divertissement encore accessible. Je sais que bien des gens sont pris chez eux à rien faire. J’essaye de garder les contacts en vie, de faire ce que je peux pour eux , dit-il.

Mais cet isolement est ressenti à longueur d’année par certaines personnes sourdes, en raison d’une déconnexion culturelle entre le monde des entendants et celui des malentendants.

C’est comme si une troisième solitude, au mieux ignorée, au pire opprimée, cherchait à se faire connaître au Québec. L’accès au contenu culturel, c’est un droit, affirme Mireille Caissy, militante sourde. Il y a une loi au fédéral pour l’accessibilité, mais ça ne concerne que les domaines du fédéral. Il y a une responsabilité qui revient aux distributeurs et aux compagnies Internet.

Elle fait remarquer que les membres de sa communauté sont un peu laissés à eux-mêmes quand vient le temps de réclamer du contenu dans leur langue. C’est difficile de faire pression quand on ne sait pas qui s’occupe de quoi, explique-t-elle. Si on veut avoir accès au théâtre, on ne sait pas à qui s’adresser. Tout est fait un peu n’importe comment.

Mireille, qui a appris la LSQ après avoir perdu l’ouïe à l’âge de 13 ans, admet qu’il y a eu certaines avancées, comme le sous-titrage systématique à la télévision. Mais les interprètes, eux, il faut vraiment les chercher! Parfois, ils sont juste sur le web. D’autres fois, on a l’impression que les caméramans font toutes sortes d’acrobaties pour s’assurer de ne pas les cadrer à la télé!

En général, l’offre à tous les niveaux est assez ridicule, déplore-t-elle. Claude Demers abonde dans le même sens. On aperçoit un interprète à la cérémonie d’ouverture et à la cérémonie de clôture, aux Jeux olympiques, et puis on n’en revoit plus après! regrette-t-il. Les réseaux de télé se dédouanent en disant qu’ils offrent les sous-titres, mais ce n’est pas ça que la communauté réclame.

Image : Un homme tient un journal d'une main et, de l'autre, pointe la caméra.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada / Arianne Bergeron

Le sport comme pont

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Interprétation du texte en LSQ (13e portion)

Au Québec, peu d’éléments culturels sont aussi rassembleurs que le sport. Celui-ci pourrait servir de pont entre les différentes communautés linguistiques, selon Claude. Ça prend des personnes ouvertes, mais c’est possible, oui. Les gens qui voudraient participer à nos groupes sont les bienvenus. On aime échanger avec tout le monde.

Plus on verra d’interlocuteurs qui s’expriment en LSQ, à la télévision ou ailleurs, plus vite cette barrière linguistique tombera.

Certains référents culturels universels, comme des logos et des rivalités historiques, permettent déjà d’amenuiser cette barrière. Si je me promène dans la rue et que je croise un homme avec un chandail des Bruins, même s’il ne parle pas ma langue ou que je ne parle pas la sienne, je peux pointer son logo et faire un pouce par en bas. Il va tout de suite comprendre que je suis un fan du Canadien!

Une première étape, ce serait qu’une plus grande partie de la population connaisse les bases de la LSQ : savoir dire bonjour, merci. Sur le web, des ressources existent pour ces termes génériques.

Mais il y a aussi moyen de rapprocher les communautés davantage. Par exemple, en apprenant par cœur quelques expressions favorites des amateurs de sport au Québec.

Alors, en terminant Claude... Est-ce que le Canadien a ce qu'il faut pour se rendre en finale de la Coupe Stanley?

Probablement. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans le vestiaire après le quatrième match contre Toronto. Je pense que les vétérans ont demandé à tout le monde d'embarquer et d'aller à la guerre. Depuis, ils sont toujours premiers sur la rondelle, ils gardent possession de celle-ci plus longtemps. Tout le monde joue son rôle et est prêt à faire des sacrifices.

Au début des séries, je t'avais dit que Price devait être à 200 % pour que le Canadien aille loin, tu t'en souviens? C'est exactement ça qui se produit , ajoute celui qui avait effectivement prédit une victoire du Canadien contre Toronto. J'adore voir ce qu'ils font en ce moment.

Le Petit Claude illustré : lexique pour l'amateur de sport sourd

Alors à garder dans sa poche : Le Petit Claude illustré, un lexique de quelques mots du vocabulaire sportif en langue des signes. Si jamais vous croisez un sourd dans la rue, au dépanneur, à l’école…

Image : Un homme dit le mot « Canadien » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Canadien »

Image : Un homme dit « Super Bowl » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Super Bowl »

Image : Un homme fait un geste avec ses mains.
Photo: Claude Demers montre comment dire « se salir le nez » ou « aller dans les coins » en LSQ.  Crédit: Radio-Canada

« Se salir le nez » ou « Aller dans les coins »

Image : Un homme dit « Jeux olympiques » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Jeux olympiques »

Image : Un homme montre comment dire « Go Habs go! » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Go Habs go! »

Image : Un homme montre comment dire « Belle partie du Canadien » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Belle partie du Canadien! »

Image : Un homme montre comment dire « arbitre » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Arbitre »

Image : Un homme montre comment dire « coup de circuit » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Coup de circuit »

Image : Un homme montre comment dire « ski de bosses » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Ski de bosses »

Image : Un homme montre comment dire « record » en LSQ.
Photo: Claude Demers  Crédit: Radio-Canada

« Record »

Équipe : Kéven Breton, journaliste | Arianne Bergeron, photographe | Michaël Lelièvre, traducteur en langue des signes québécoise | Michel Asselin, interprète en langue des signes québécoise | Martin Labbé, designer | Mykael Adam, développeur numérique | François Foisy, secrétaire de rédaction | Justine de l'Église, conseillère aux contenus numériques

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