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Image : Une murale du visage d'une femme qui verse une larme peinte sur un bâtiment de Montréal.

Les services téléphoniques de soutien psychologique ont été plus sollicités que jamais en 2020, alors que les urgences psychiatriques ont noté des baisses d’achalandage, révèlent des données sur la santé mentale compilées par une équipe d’Enquête.

Un texte de Valérie Ouellet  |  Photographies par Ivanoh Demers

Ils ont été des dizaines de milliers au pays dans la dernière année à se tourner vers les lignes de soutien psychologique pour partager leurs inquiétudes sur la COVID-19, mais aussi leurs problèmes de couple ou familiaux, leurs pensées suicidaires ainsi que leurs situations de dépendance à l’alcool ou à la drogue.

Ce ne sont que quelques-unes des situations les plus souvent mentionnées dans les quelque 443 000 appels reçus au service de consultation téléphonique pour des problèmes psychosociaux du Québec, la ligne Info-Social 811.

Depuis le début de la pandémie, les intervenants psychosociaux du service ont été inondés d'appels, comme partout ailleurs au pays; c'est l’une des tendances les plus marquantes de notre analyse de données pancanadienne sur la santé mentale.

Afin de mieux mesurer la détresse psychologique rapportée par les Canadiens durant la pandémie, nous avons compilé une dizaine d’indicateurs représentant l’utilisation des services en santé mentale du réseau public dans la dernière année et partagé notre analyse avec quatre chercheurs.

L’impact des mesures sanitaires sur l’achalandage est clair lorsqu’on se penche sur les volumes d’appels reçus au service Info-Social 811, l’une des ressources les plus souvent mentionnées par le gouvernement québécois sur la santé mentale.

La demande était si grande qu’en mai 2020, le gouvernement a investi 31 millions de dollars, entre autres, pour embaucher des centaines d’intervenants psychosociaux et d’infirmières supplémentaires afin de répondre aux besoins.

Ceux-ci ont dû répondre à deux fois plus d’appels que d'habitude à certains moments clés de la dernière année, selon notre analyse de données représentant le total hebdomadaire des appels par région du 29 décembre 2019 au 31 janvier 2021.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) n'était pas en mesure de fournir le nombre d'appels par semaine pour l'ensemble de l'année 2019, ce qui nous aurait permis une analyse plus précise. On nous a donné l'explication suivante : Un nouveau système de téléphonie a été mis en place progressivement à partir de l’été 2019. Conséquemment, les données pour l’ensemble des régions ne sont disponibles qu’à partir de décembre 2019.

Selon notre analyse, les intervenants ont reçu en moyenne 9424 appels par semaine dans la dernière année. Dans les 11 semaines précédant l’annonce de l’état d’urgence sanitaire au Québec, la moyenne des appels par semaine était de 7579.

Un couple enlacé devant un mur fenestré.
Un couple se recueille devant le CHSLD Yvon Brunet à Lasalle.Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La semaine la plus achalandée de l’année 2020 est celle du 29 mars, juste après l’annonce faite par le gouvernement de mettre le Québec sur pause pour trois semaines.

La semaine du 22 mars a aussi battu des records. On y a enregistré plus de 11 500 appels, l’équivalent d’un peu plus d’un appel toutes les minutes, alors que le gouvernement annonçait la fermeture des restaurants et de la plupart des commerces.

Cette tendance s’est maintenue en janvier, où les appels ont bondi à l’annonce d’un couvre-feu et d’un nouveau confinement, la semaine du 3 janvier.

C'est très, très révélateur dans notre étude, c'est-à-dire que ce n'est pas seulement l'isolement ou la peur du virus qui vient conditionner comment les gens se sentent au niveau du moral, mais beaucoup la manière dont ils perçoivent les messages, précise Mélissa Généreux, professeure agrégée à la Faculté de médecine et des sciences de la santé communautaire de l’Université Sherbrooke.

Depuis le début de la pandémie, la chercheuse évalue la santé psychologique de plus de 10 000 Québécois partout dans la province et tente de comprendre ce que les personnes les plus anxieuses, dépressives et suicidaires ont en commun.

Elle constate que ceux qui consomment beaucoup d'informations sur la pandémie et la COVID-19, dont des fausses nouvelles, sont plus susceptibles de déclarer une détérioration de leur santé mentale.

Les stratégies de communication et le discours dans les médias et sur les réseaux sociaux ont fait que toute cette infodémie-là vient autant contaminer notre quotidien que le virus en lui-même, peut-être même plus, explique la chercheuse.

Près de trois fois plus d’appels à Montréal

À l’échelle régionale, particulièrement dans la région de Montréal, les appels ont explosé dans les semaines qui ont suivi l’annonce de l’état d’urgence sanitaire.

Durant la semaine du 29 mars 2020, la plus occupée de l’année, le service a reçu 4800 appels. Cela correspond à 225 % plus d’appels que la moyenne par semaine avant la pandémie.

L’attente pour parler à un intervenant est passée de 2 minutes à plus de 13 minutes et l’achalandage était si intense qu’un appel sur deux demeurait sans réponse.

François Legault, Horacio Arruda et Christian Dubé assis durant un point de presse.
Le premier ministre François Legault lors d’une des nombreuses annonces faites aux Québécois depuis le début de cette pandémie.Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon notre analyse, les intervenants ont reçu en moyenne 2330 appels par semaine dans la dernière année. Dans les 11 semaines précédant l’annonce de l’état d’urgence sanitaire au Québec, la moyenne des appels par semaine était de 1479.

Les autres hausses marquées correspondent au resserrement des mesures sanitaires, tandis qu’on note des pics la semaine du 12 juillet, moment où une éclosion liée à cinq bars montréalais faisait les manchettes, et la semaine du 27 septembre, où l’on prédisait un retour en zone rouge pour Montréal.

Une réalité constatée sur le terrain par les intervenants de première ligne du centre de crise Le Transit à Montréal qui voient régulièrement les appels bondir dans les jours suivant les annonces majeures du gouvernement sur les mesures sanitaires.

Ouvert 24 heures sur 24, le centre accueille des personnes en détresse psychologique – souvent pour leur éviter d’atterrir aux urgences d’un hôpital.

Ces temps-ci, près d’un appel sur cinq vient d'une personne qui n'avait jamais appelé auparavant.

Cette espèce d'accumulation de mauvaises nouvelles a un impact sur la santé mentale. Donc, oui, vraiment, il y a vraiment un lien de cause à effet.

Une citation de :Guillaume Le Moigne, directeur général du Transit

Les chiffres touchant aux centres d’appels doivent toutefois être interprétés avec prudence, souligne Brett Thombs, professeur à la Faculté de médecine de l’Université McGill.

Dans la dernière année, le chercheur et son équipe ont effectué une revue systématique internationale de plus de 45 000 articles scientifiques, en plus de surveiller huit bases de données en anglais et en chinois afin de mesurer l’impact de la pandémie sur la santé mentale de la population mondiale.

Je dirais que les données liées aux centres d’appels ne sont pas les plus fiables, précise-t-il. C’est possible qu’il y ait plus de détresse, mais c’est aussi possible que les gens appellent davantage parce qu’on parle plus de santé mentale ou parce qu’il y a plus de promotion des services disponibles et de ressources investies.

Des centres de prévention du suicide très sollicités

De tous les indicateurs analysés par Radio-Canada, ce sont les volumes d’appels au Service canadien de prévention du suicide qui montrent les plus fortes hausses en un an. L’organisme rassemble neuf centres de crise au pays.

Un homme assis à une table de pique-nique dans un parc à Montréal.
Un homme assis à une table de pique-nique dans un parc à Montréal.Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les volumes d’appels et de textos reçus par l’organisme ont plus que doublé, passant de 32 371 l’an passé à 58 195 cette année, une hausse de 80 %.

La majorité des appelants habitent en Ontario et sont âgés de 19 à 44 ans, selon un rapport compilé pour Radio-Canada par l’organisme, qui note aussi que plus de femmes (45 %) que d’hommes (38 %) ont appelé à l’aide dans la dernière année.

Près du tiers des interventions portent sur la COVID-19 ou la pandémie en général, notamment les mesures sanitaires, la distanciation sociale et le télétravail.

Les situations considérées comme des interventions de secours actifs, où une personne est en crise ou pose un risque imminent, ont légèrement augmenté à l’automne. Elles représentent 2 % à 3 % de toutes les interactions.

Au Québec, les appels faits par des personnes suicidaires ou des proches inquiets ont augmenté d’environ 20 % dans la dernière année, précise la présidente du Regroupement des Centres de prévention du suicide du Québec, Lynda Poirier.

C’est une bonne nouvelle. Ça veut dire que les gens en détresse, qui ont besoin d'aide, qui pensent au suicide ou qui s'inquiètent pour un proche, ils appellent, affirme Lynda Poirier.

La demande a commencé à se faire sentir davantage à partir de l’automne, surtout dans les régions les plus longtemps confinées, révèlent des données sur les appels acheminés au 1 866 APPELLE obtenues par Radio-Canada.

Il est important de souligner que cet appel à l'aide, même pour une ligne de prévention du suicide, ne va généralement pas se traduire par un suicide. C'est en fait un bon signe : ces personnes savent qu'elles ont besoin d'aide. Elles vont trouver cette aide et commencer à aller mieux, précise Samuel Veissière, professeur adjoint au Département de psychiatrie de l’Université McGill.

En janvier dernier, le chercheur avait dénoncé le manque de données probantes permettant de mesurer l’impact réel de la pandémie sur la santé mentale des Québécois lors d’une présentation faite aux consultations provinciales organisées par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Données incomplètes sur les taux de suicide

Un an après le début de la crise, les données sur les suicides manquent toujours à l’appel dans plusieurs provinces, y compris au Québec, ce que déplorent plusieurs chercheurs à qui nous avons parlé.

Les taux de suicide sont parmi les données les plus crédibles pour mesurer la détresse, explique Brett Thombs. Ce que nous avons trouvé pour la première vague dans plusieurs pays développés, c’est que les taux de suicide sont les mêmes que les années précédentes ou même que la tendance est à la baisse.

Au Canada, entre mars et décembre 2020, la police est intervenue auprès de 27 030 suicides ou tentatives de suicide, une baisse de 6 % comparativement à la même période en 2019, selon des données compilées auprès de 19 corps policiers par Statistique Canada. Ces données excluent toutefois les services policiers de Québec et de Montréal.

Des données publiées par l’Alberta, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan suggèrent la même tendance. La baisse est particulièrement marquée en Alberta, où il y aurait eu 468 suicides en 2020, contre plus de 600 suicides pour chacune des quatre années précédentes.

Au Québec, le Bureau du coroner affirme qu’environ 25 % des enquêtes sur des cas de suicides présumés en 2020 sont closes et qu’il est impossible de savoir à quel moment les coroners auront terminé leur investigation de tous les dossiers pour l 'année 2020.

Cependant, jusqu’ici, les observations des 85 coroners répartis dans toutes les régions du Québec ne laissent soupçonner aucune hausse des suicides en 2020, a précisé Jake Lamotta Granato, responsable des communications et des relations avec les médias, dans un courriel à Radio-Canada le 11 mars.


Besoin d'aide?

Moins de visites à l’urgence et dans les hôpitaux psychiatriques

Les données analysées par Radio-Canada indiquent aussi que, comme dans le cas de symptômes de nature physique, les Québécois ont en grande partie évité de se présenter à l’urgence pour les problèmes liés à leur santé mentale.

Au Québec, les visites à l’urgence de nature psychosociale ont baissé de 14 % entre mars et septembre 2020, comparativement à la même période en 2019.

Les visites dans trois urgences de santé mentale de la province ont aussi chuté au printemps avant de remonter à l’été, mais demeurent plus basses qu’à la période financière 2019-2020, selon des données fournies par le MSSS.

Ça reflète bien le message qu’on a envoyé aux gens durant la pandémie, qui était de rester chez eux et d’éviter les hôpitaux le plus possible, explique la chercheuse à l’Université de la Colombie-Britannique, Emily Jenkins, qui a consulté nos chiffres.

Les Canadiens plus résilients qu’on le pense… ou plus isolés?

Somme toute, deux des quatre chercheurs avec qui nous avons partagé notre analyse pancanadienne font un constat plutôt optimiste des résultats.

De façon générale, ces résultats collent avec ce qu’on a observé ailleurs dans le monde, explique le chercheur Brett Thombs.

On s’attendait tous à ce que la crise ait un impact majeur sur la santé mentale mais, pour le moment, il n’y a pas de statistiques à l’échelle des pays ou des régions qui suggèrent que ce soit le cas, que ce soit la santé mentale globale ou les suicides.

Une citation de :Brett Thombs

Samuel Veissière abonde dans le même sens : Je trouve ça intéressant, parce que je me rends compte qu'il y a sans doute une réaction de croissance post-traumatique et de résilience qui serait peut-être plus généralisée que ce qu'on aurait pensé.

Pour les deux autres chercheuses à qui nous avons parlé, ces données pourraient suggérer que certains souffrent sans obtenir l’aide dont ils ont besoin.

Lorsqu’on voit cette détérioration de la santé mentale, notamment des augmentations dramatiques des idées suicidaires en plus d’une baisse des hospitalisations psychiatriques, ça suggère que nos services ne répondent pas aux besoins des gens seuls ou isolés, qui dépendent des lignes d’écoute pour recevoir de l’aide, conclut la chercheuse à l’Université de la Colombie-Britannique Emily Jenkins.

Un homme passe devant une fenêtre où est affiché un énorme dessin d'arc-en-ciel.
Un arc-en-ciel affiché sur la rue Sherbrooke, à Montréal.Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Notre analyse ne reflète qu’une partie de la situation, met aussi en garde la chercheuse Mélissa Généreux, et doit être comparée au nombre de personnes qui disent ressentir des symptômes d’anxiété ou de dépression pour un portrait complet.

Les chiffres d'utilisation des services ne représentent que la partie émergée de l'iceberg.

Une citation de :Mélissa Généreux

En février dernier, 23 % des Québécois interrogés par son équipe déclaraient des symptômes d’anxiété ou de dépression, et 6 % des répondants confiaient avoir des idées suicidaires – deux fois plus que la prévalence rapportée avant la pandémie.

Pourtant, seule une minorité avait demandé de l’aide.

Seuls 35 % d'entre eux nous disent avoir consulté, alors que, clairement, selon les symptômes qu'ils rapportent, ça a été très pertinent qu'ils consultent. Même pour ce qui est des idées suicidaires sérieuses, seuls la moitié d'entre eux disent être allés chercher un soutien psychologique au cours de la dernière année, affirme Mélissa Généreux.

Portrait de Lionel Carmant.
Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant a publié plus d’une centaine d’études scientifiques à titre de chercheur avant d’être élu.Photo : Radio-Canada

Des données difficiles à obtenir, même pour le ministre

Tous les chercheurs à qui nous avons parlé ont tenu à souligner à grands traits le manque de données crédibles mesurant la santé mentale des Canadiens et l’accès aux soins avant la pandémie, qui a grandement compliqué leur travail cette année.

On a été un peu pris par surprise, résume Brett Thombs. La Grande-Bretagne et d’autres pays d’Europe ont d’excellentes études faites avant la pandémie, ce qui leur a permis de comparer et suivre l’évolution des symptômes en première et en deuxième vague. Nous n’avons pas ça au Canada.

Un manque de données auquel même le docteur Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, se heurte depuis le début de la pandémie.

Le député de Taillon, qui a publié plus d’une centaine d’études scientifiques à titre de neuropédiatre avant de se lancer en politique, confie que sa propre équipe a de la difficulté à obtenir des chiffres sur l’accès et l’utilisation des soins de santé mentale.

On a commencé depuis l'année précédente à centraliser les délais d'attente au niveau du guichet d'accès [en santé mentale]. Avant, on n'avait même pas cette information-là.

À titre d’exemple, le ministre n’a toujours pas réussi à mettre la main sur les statistiques compilées par les 22 centres intégrés de santé représentant les démissions et arrêts de travail de leurs employés depuis le début de la pandémie.

Moi, je m'attendais à voir mon tableau de bord sur tous les dossiers à mon arrivée, explique le ministre.

On a les données au niveau de la santé physique, mais il faudrait avoir le même type de données au niveau des services sociaux et le même type de données au niveau des ressources humaines. Et ça, on y travaille.

Bien que la première version du guichet d’accès en santé mentale ait été mise en place en 2008, le ministère de la Santé et des Services sociaux nous a confirmé qu’avant la période financière 2019-2020, aucune volumétrie sur les listes d’attente n’était mesurée.

Comment avons-nous analysé ces données?

Pour tenter de mieux comprendre la détresse psychologique rapportée par les Canadiens, nous avons comparé les données représentant l’utilisation des services publics en santé mentale en 2020 à celles de 2019 et des années précédentes, lorsque disponibles, pour les indicateurs suivants :

  • appels reçus au service de consultation téléphonique pour les problèmes psychosociaux Info-Social 811;
  • appels acheminés au service téléphonique de prévention du suicide 1 866 APPELLE;
  • appels et textos au Service canadien de prévention du suicide;
  • total des visites aux urgences en santé mentale (Hôpital en santé mentale Albert-Prévost, Institut universitaire en santé mentale Douglas, Institut universitaire en santé mentale de Montréal);
  • visites aux urgences des hôpitaux par province, par problème principal et par gravité au triage;
  • demande d’interventions policières non criminelles (incluant les suicides et tentatives de suicide, surdoses et problèmes de santé mentale);
  • nombre d’usagers en attente aux guichets d’accès en santé mentale (volet jeunesse et adulte);
  • nombre de personnes distinctes ayant soumis des ordonnances d’antidépresseurs à la RAMQ.

Afin de tenir compte des changements saisonniers et géographiques, nous avons obtenu les données ventilées par région sociosanitaire/province et par semaine/mois lorsque disponibles.

(Analyse de données : Valérie Ouellet & recherche : Benoît Michaud)

Le reportage de Valérie Ouellet et de Jo-Ann Demers est diffusé dans Enquête le jeudi à 21 h sur ICI Télé.

La murale Age Before Beauty sur la photo d'accueil est une œuvre de l'artiste Dean Stockton.

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