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Image : Le début d'une section de la canalisation 5.

Le Michigan veut forcer la fermeture d’un pipeline qui alimente en pétrole l’Ontario et le Québec. Ce litige risque d’accentuer les tensions canado-américaines sur les questions énergétiques. Après Keystone, le Canada se heurte à un autre défi.

Texte|Photos: Marc Godbout

La rivière Sainte-Claire, qui coule devant Sarnia, est calme. Pourtant, Mike Bradley s’emporte en regardant de l’autre côté.

Juste en face de la ville industrielle ontarienne dont il est le maire depuis 32 ans, c’est le Michigan. Les deux voisins sont en brouille.

On entend toujours de beaux discours sur la plus longue frontière non militarisée au monde. Mais ce qui se produit en ce moment est une attaque contre nous et contre l’économie de l’Ontario et du Québec.

Le maire de Sarnia, Mike Bradley.
Le maire de Sarnia, Mike Bradley, regarde de l'autre côté de la rivière Sainte-Claire où se trouve l'État du Michigan. Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Mike Bradley est sur la ligne de front, prêt à défendre sa ville.

On comprend pourquoi. Sarnia a la plus forte concentration d’usines pétrochimiques du pays. Et près de la moitié de leur approvisionnement en pétrole dépend d’un pipeline stratégique : la canalisation 5.

Cet oléoduc, propriété d’Enbridge, permet aussi d’alimenter 60 % du pétrole destiné aux raffineries québécoises. Or il est menacé de fermeture. Il y a des conséquences à cela et il faut le réaliser avant que ça aille plus loin.

Ici, l’ennemi a un nom : Gretchen Whitmer.

Le pont qui traverse le détroit de Mackinac.
Image : Le pont qui traverse le détroit de Mackinac.
Photo: Le pont qui enjambe le détroit de Mackinac au Michigan à la jonction des lacs Michigan et Huron.  Crédit: afp via getty images / KAREN BLEIER

La bataille du détroit de Mackinac

Plus les mois passent, plus la détermination de la gouverneure du Michigan semble inébranlable. Gretchen Whitmer est l’une des figures montantes du Parti démocrate.

C’est elle qui, juste avant l’élection présidentielle de novembre, a échappé à un enlèvement. Motivés par le discours belliqueux de Donald Trump, une douzaine de membres d’un groupe d’extrême droite prévoyaient de la kidnapper avant que le FBI ne déjoue le complot.

La gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer
La gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer lors d'un rassemblement du Parti démocrate dans le dernier droit de la campagne présidentielle.Photo : afp via getty images / JEFF KOWALSKY

Cet incident n’a en rien ébranlé sa fougue. Un mois plus tard, la gouverneure mettait à exécution une promesse électorale en ordonnant à la multinationale Enbridge de Calgary de fermer une portion controversée de la canalisation 5.

Enbridge a imposé à la population du Michigan un risque inacceptable de déversement catastrophique de pétrole dans les Grands Lacs qui pourrait ravager notre économie et notre mode de vie. C'est pourquoi nous agissons maintenant.

Une citation de :Gretchen Whitmer, gouverneure du Michigan

La section de l’oléoduc visée par la gouverneure passe sous le détroit de Mackinac, à la jonction des lacs Michigan et Huron.

D’une longueur de sept kilomètres, ce bout de tronçon est devenu depuis 10 ans le point central de l'activisme environnemental dans cette région. Les militants présentent cette infrastructure construite en 1953 comme une bombe à retardement.

Carte de certains des pipelines d'Enbridge dans la région.
Le tracé des pipelines qui seront affectés par la décision du Michigan.Photo : Radio-Canada

La canalisation 5 transporte du pétrole de l’Ouest canadien en traversant le Wisconsin et le Michigan jusqu’à Sarnia, en Ontario. Le reste est expédié vers les raffineries de Suncor et de Valero au Québec par l’oléoduc 9.

Plus d’un demi-million de barils de brut léger et de liquides de gaz naturel circulent chaque jour dans cette canalisation avant d’être transformés en essence, diesel, mazout de chauffage et propane dans les deux provinces les plus populeuses du pays. Plus de la moitié du pétrole consommé en Ontario et au Québec est transporté par cet oléoduc.

Les intstallations de la raffinerie de la pétrolière Suncor à Sarnia.
La raffinerie de Suncor, à Sarnia, dont les activités dépendent de la canalisation 5 d'Enbridge.Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Gretchen Whitmer a imposé un ultimatum. Elle donne à Enbridge jusqu’au 12 mai pour fermer le robinet de son vieux pipeline de 67 ans.

La compagnie propose pourtant de le sécuriser en encastrant la canalisation 5 dans un tunnel sous le détroit pour prévenir une fuite en cas de rupture. Ce projet de plus d’un demi-milliard de dollars avait reçu l’aval de l’ancien gouverneur républicain Rick Snyder juste avant que Gretchen Whitmer n’arrive au pouvoir.

La canalisation 5 est exploitée de façon fiable et sécuritaire sous le détroit depuis plus de 65 ans, ce nouveau tunnel permettra de mieux protéger l’environnement.

Une citation de :Enbridge

Loin d’être rassurée, la gouverneure a décidé de révoquer la servitude accordée en 1953 permettant à l’entreprise albertaine d’exploiter le tronçon dans le détroit de Mackinac.

Cette zone est reconnue pour être écologiquement fragile en raison notamment des courants qui peuvent souvent changer de direction.

Un plongeur inspecte la canalisation 5.
Un plongeur inspecte la canalisation 5 dans les eaux du détroit de Mackinac.Photo : National Wildlife Federation

En 2018, les deux tuyaux qui composent la canalisation 5 ont été heurtés et bosselés à trois endroits différents lorsque l’ancre d’un navire commercial a été jetée par inadvertance.

Le Michigan cite d’autres exemples d’incidents du genre survenus depuis pour appuyer sa décision, et qui ne font pas bien paraître l’entreprise canadienne.

Quatre des cinq navires potentiellement responsables des incidents étaient exploités par les propres entrepreneurs d'Enbridge, soulignait avec insistance le bureau de la gouverneure le jour de l’annonce.

Et rien depuis cette décision ne semble vouloir faire reculer Gretchen Whitmer, au contraire.

Une affiche indique la présence du pipeline d'Enbridge qui est menacé de fermeture.
Le pipeline de 1038 kilomètres se rend précisément jusqu'ici à Sarnia, après avoir traversé la rivière Sainte-Claire. Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Ce n’est que le début d’une bataille juridique et politique.

Enbridge cherche à faire renverser ce geste unilatéral par un tribunal fédéral aux États-Unis. Elle affirme que seul le gouvernement américain, et non l’État du Michigan, peut déterminer si les conditions justifient la fermeture ou pas de la canalisation 5.

Le gouvernement de Doug Ford soutient depuis des semaines que près de 5000 emplois sont directement menacés. Même celui du Québec a interpellé le Michigan pour lui demander de revenir sur sa décision.

Le maire de Sarnia Mike Bradley appréhende la suite. Je crains que ce ne soit que le début de ce qui prend les allures d’une guerre commerciale nouveau genre.

Ottawa ne peut pas laisser la gouverneure s'immiscer dans le commerce des deux pays. Nous allons tous en payer le prix. Le gouvernement fédéral doit répondre à cela.

Une citation de :Mike Bradley, maire de Sarnia
La raffinerie de Suncor à Sarnia.
Image : La raffinerie de Suncor à Sarnia.
Photo: La raffinerie de Suncor à Sarnia. 40 % de l'industrie pétrochimique au Canada se trouve dans cette région.   Crédit: Radio-Canada / MARC GODBOUT

Un contraste se profile

Ottawa a le lourd fardeau de sécuriser l’approvisionnement de ce corridor stratégique face à une administration américaine déterminée à s’attaquer à la crise climatique.

Le Canada devrait-il voir en la décision du Michigan un avertissement? Absolument, répond Warren Mabee, le directeur de l’Institut de politique énergétique et environnementale de l'Université Queen’s en Ontario.

C’est un changement dans le dialogue. Nous passons d’une stratégie qui était de dire non à de futurs projets de pipelines à une toute nouvelle stratégie. Celle de dire non à des infrastructures vieilles et déjà existantes.

Warren Mabee de l'Université Queen's à Kingston, en Ontario
Warren Mabee est le directeur de l’Institut de politique énergétique et environnementale de l'Université Queen's à Kingston, en Ontario.Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Alors que la campagne pour sauver la canalisation 5 d'Enbridge prend de l'ampleur au niveau national, plusieurs voix au sein des lobbies économiques et industriels demandent au gouvernement fédéral d’invoquer un vieux traité pour régler ce différend.

Un accord signé en 1977 entre le président Jimmy Carter et l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau vise à limiter les gestes unilatéraux relatifs aux pipelines qui sont susceptibles de nuire à l'approvisionnement énergétique du Canada ou des États-Unis.

Aucune autorité publique du territoire de l’une ou l’autre des Parties n’adoptera de mesures [...] qui ont pour but, ou qui auraient pour effet, d’empêcher, de dévier, de réorienter ou d’entraver de quelque manière que ce soit l’acheminement d’hydrocarbures en transit.

Une citation de :Extrait du traité signé le 28 janvier 1977
Le premier ministre canadien Pierre Trudeau et le président américain Jimmy Carter.
Le premier ministre canadien Pierre Trudeau et le président américain Jimmy Carter lors d'une rencontre en 1977.Photo : La Presse canadienne / FRED CHARTRAND

Ce retour dans le temps permet de rappeler que c’est presque à l’unanimité que le Sénat américain s’était prononcé en faveur de ce traité. Il avait d’ailleurs obtenu l’appui d’un jeune sénateur démocrate, Joe Biden.

Mais 44 ans plus tard, le contexte est fort différent. Traité ou pas, le Canada est de moins en moins en position de force dans un tel litige, d'après Warren Mabee.

Nous n'avons plus le levier sur lequel nous pouvions compter pour négocier. Les États-Unis n’ont plus autant besoin de notre pétrole, alors ils jouissent d’une indépendance énergétique.

Au moment où le gouvernement Trudeau cherche à convaincre par ses canaux diplomatiques l’administration Biden de faire entendre raison à la gouverneure Whitmer, le défi est de taille.

La situation a changé au point où le premier ministre canadien ne peut plus s'asseoir avec le président américain et lui dire qu'il a besoin de notre énergie pour survivre. Ce n’est plus du tout la même histoire.

Une citation de :Warren Mabee, Institut de politique énergétique et environnementale
Des tuyaux dans lesquels circule du pétrole.
Des tuyaux dans lesquels circule du pétrole à la raffinerie d'Imperial Oil à Sarnia.Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Les pétrolières et gazières se préparent. Elles élaborent des plans de contingence en cas de fermeture de cette artère stratégique. Sans surprise, les solutions de rechange se résument à trois options : navires, wagons ou autres pipelines.

Les Imperial Oil, Suncor et Valero restent discrètes sur la provenance de leur approvisionnement dans l’éventualité d’une interruption.

Mais un dirigeant de compagnie qui tient à s’exprimer sous le couvert de l’anonymat confie sa principale crainte.

À partir du moment où on s’approvisionne autrement, on s’expose davantage à des perturbations. On a des solutions, mais il faut être conscient qu’elles augmentent les risques de blocages et de contestations, par exemple.

En ayant probablement en tête les investisseurs, les pétrolières utilisent le même langage ces jours-ci et qualifient de très faible la probabilité de la fermeture de la canalisation 5.

Mais Suncor a quand même annoncé qu’elle pourrait remettre en service un oléoduc reliant Portland à Montréal. Ce pipeline, qui est presque à sec, s'étend sur 380 kilomètres et traverse notamment les montagnes du New Hampshire et du Vermont.

Des résidents de Sarnia passent devant une affiche sur laquelle on peut lire « sauver la canalisation 5 » .
Des résidents de Sarnia passent devant une affiche sur laquelle on peut lire « sauver la canalisation 5 » . Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

À la recherche d’alliés américains

En bloquant dès son arrivée à la Maison-Blanche le projet Keystone XL qui devait transporter du pétrole de l’Alberta jusqu’au Texas, le président Biden a galvanisé les opposants à la canalisation 5.

Et dans sa propre administration, des voix s’étaient déjà élevées contre ce pipeline.

Le secrétaire aux Transports Pete Buttigieg a réclamé la fermeture de la canalisation 5 au moment où il était candidat démocrate à la présidence.

Avec un risque aussi élevé de déversement de pétrole sous les Grands Lacs, le Michigan ne peut pas se permettre de maintenir en service cet oléoduc. Dans chaque communauté, nous avons besoin de nouvelles solutions d'énergie propre pour faire face à notre crise climatique.

Une citation de :Pete Buttigieg, 24 février 2020

Et le Canada pourrait difficilement trouver une alliée en Deb Haaland. Nommée secrétaire de l’intérieur, cette autochtone n’a jamais hésité dans le passé à manifester contre les pipelines.

Puis, il y a Jennifer Granholm. Si le gouvernement Trudeau ne cesse de répéter ces jours-ci qu’il peut avoir l’oreille de la future secrétaire à l’Énergie puisqu’elle est née au Canada, il se garde bien de rappeler qu’elle dirigeait le Michigan au moment où est survenu l’un des pires déversements de pétrole de l’histoire des États-Unis.

La candidate au poste de secrétaire à l'Énergie Jennifer Granholm prête serment.
La candidate au poste de secrétaire à l'Énergie Jennifer Granholm prête serment devant un comité sénatorial qui doit approuver sa nomination. Photo : Getty Images

Jennifer Granholm avait dû déclarer l’état d’urgence à la suite de la rupture d’un pipeline d’Enbridge. La catastrophe a entraîné le déversement de plus de 3 millions de litres de bitume dans la rivière Kalamazoo, qui se jette dans le lac Michigan.

La fuite a pollué le cours d’eau sur plus de 50 km et l’ex-gouverneure a alors qualifié la réponse d’Enbridge d’anémique.

Une enquête du Bureau américain de la sécurité des transports a révélé que les contrôleurs du pipeline ont ignoré plusieurs avertissements de fuite et qu’Enbridge connaissait les faiblesses du pipeline depuis au moins cinq ans.

Des habitants du Michigan manifestent à la suite du déversement de 20 000 barils de pétrole dans la rivière Kalamazoo.
Des habitants du Michigan manifestent à la suite du déversement de 20 000 barils de pétrole dans la rivière Kalamazoo en 2010. La fuite est survenue après la rupture d'un pipeline de l'entreprise Enbridge.Photo : Reuters / Rebecca Cook

En désignant Jennifer Granholm au poste de secrétaire à l’Énergie, Joe Biden compte sur elle pour développer et mettre en œuvre les technologies propres pour atteindre ses objectifs en matière de réduction des combustibles fossiles.

Cette nouvelle dynamique politique aux États-Unis jumelée au bras de fer qui a cours au Michigan force le gouvernement canadien, selon Warren Mabee, à essayer de trouver un terrain d’entente avec Washington pour protéger ce type d’infrastructures des gestes unilatéraux de certains États.

Nous devons avancer dans notre jeu, nous devons entamer des discussions et commencer vraiment à établir un plan avec l’administration américaine pour éviter que ce qui se passe avec le Michigan ne se reproduise ailleurs.

Pour l’instant, un oléoduc est ciblé. Mais il existe environ 45 pipelines majeurs qui traversent la frontière canado-américaine, selon le Centre d'études stratégiques et internationales basé à Washington. Et plus d’une trentaine de ces oléoducs coulent en direction des États-Unis.

Je pense qu’il y a un danger et cela nous oblige à nous ouvrir les yeux. Nous devons identifier certains couloirs énergétiques et nous assurer d’obtenir une forme de protection. Cette discussion doit avoir lieu.

La raffinerie d'Imperial Oil à Sarnia.
Image : La raffinerie d'Imperial Oil à Sarnia.
Photo: La raffinerie d'Imperial Oil à Sarnia.  Crédit: Radio-Canada / MARC GODBOUT

À l'ombre des raffineries

Sarnia a appris à vivre avec les pipelines. Dans cette région où se trouve 40 % de l’industrie pétrochimique canadienne, un réseau de 26 oléoducs passe sous son territoire.

Ici, comme la plupart des emplois dépendent de cette industrie, les partisans d’une fermeture de la canalisation 5 sont loin d’être majoritaires et se font plutôt discrets.

Mais certains refusent de faire preuve de retenue. Il faut se rendre sur le territoire Aamjiwnaang pour les trouver.

À l’intérieur de Sarnia, cette réserve où vivent plus de 850 Anishinabés est bordée sur trois côtés par des raffineries.

Janelle Nahmabin y vit avec ses enfants.

Je comprends qu’il est effrayant de penser à ces pertes d'emplois potentiels, mais mon cœur est avec les générations futures. La voie que nous suivons actuellement n'est pas viable.

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Janelle Nahmabin est devant une raffinerie qui se trouve en bordure de la réserve Aamjiwnaang.Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Alors que de ce côté-ci de la frontière les arguments économiques stimulent la campagne en faveur du maintien du pipeline d’Enbridge, Janelle Nahmabin témoigne d’une réalité oubliée.

Trop de gens ont déjà souffert dans notre communauté, trop de gens continuent de souffrir. Il est temps de se réveiller. Nous ne pouvons plus ignorer ce résultat.

Une citation de :Janelle Nahmabin, membre de la réserve d'Aamjiwnaang

À Aamjiwnaang, ils sont nombreux à soutenir que des décennies de pollution ont apporté leur lot de conséquences dramatiques.

Cancers, asthme, malformations congénitales, fausses couches et mort-nés sont continuellement associés à cet héritage industriel.

Encore aujourd’hui, la qualité de l’air doit être constamment analysée par la communauté, qui reste méfiante et préoccupée par les émissions des raffineries.

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Une station située dans la réserve Aamjiwnaang permet de mesurer la qualité de l'air. Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Janelle Nahmabin, elle, ne voit pas un ennemi de l’autre côté de la rivière Sainte-Claire.

Je vois un moment charnière. J'admire cette décision du Michigan. Et si cette fermeture de la canalisation 5 se concrétise, je vais célébrer et je ne serai pas la seule.

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Une affiche prévient les navires de ne pas jeter l'ancre en raison de la présence de pipelines sous l'eau.Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

À moins d’un revirement, la bataille du détroit de Mackinac s’annonce longue.

Juridique, politique et économique, elle a déjà tous les ingrédients pour se transformer en saga, au grand désespoir du maire Bradley.

Nous ne pouvons pas nous permettre que cela se produise et vivre continuellement dans l’incertitude.

De Sarnia, l’image du Michigan est celle d’un voisin qui la prend en otage.

Sur le fond, ce qui est en train de se produire a le potentiel de fragiliser une relation alors qu’elle a pourtant besoin d’être solidifiée.

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