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Image : Le soleil est obscurci par la fumée des feux de forêt au loin derrière des arbres brûlés à Williams Lake, en Colombie-Britannique, le dimanche 30 juillet 2017. Il y avait alors 151 feux de forêt en cours et, selon le service des feux de forêt a brûlé plus de 4 200 kilomètres carrés depuis le 1er avril.

La vie après les feux

Après des feux de forêt destructeurs, l'heure est aux décisions pour les résidents en zones à risque. Témoignages.

Après des feux de forêt destructeurs, l'heure est aux décisions pour les résidents en zones à risque. Témoignages.

Un texte de Francis Plourde

Racelle Kooy, une habitante d'une communauté autochtone en marge de Williams Lake, a reçu « l'urgence climatique en plein visage ». Pour le chef des pompiers, Erick Peterson, les feux de 2017 ont secoué les gens « au plus profond de leur âme ». Dans l'intérieur de la Colombie-Britannique, après deux saisons de feux de forêt dévastateurs, des gens font face à une décision difficile: rester, reconstruire ou tout quitter pour repartir à zéro.

Deva Khurana garde un souvenir photographique des derniers jours passés dans sa maison, en bordure de Soda Creek road, à proximité de Williams Lake.

J’avais un serrement dans mon coeur. Il y avait la fumée partout, mais je ne voulais pas partir, se rappelle-t-il. J’avais travaillé très dur pour me faire une vie ici et j’avais peur de tout perdre.

Un homme devant une dalle de ciment qui rappelle qu'une maison s'y trouvait auparavant. Une corde de bois à côté et des troncs d'arbres brûlés mais encore debout.
Deva Khurana sur le terrain où se trouvait sa maison, en bordure de Soda Creek road, à proximité de Williams Lake.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Après trois jours passés chez lui, encerclé par les flammes, il s’est résigné à partir. Mais, avant, il a fait la vaisselle, passé la balayeuse, fait son lit et s’est assuré que tout était propre.

Quand j’ai fermé la porte, j’ai dit salut. C’était mon dernier moment [dans ma maison]. Mais à ce moment, il ne le savait pas encore.

Planche de bois brûlées en partie, un homme transporte des planches intactes en arrière-plan.
Deva Khurana a perdu sa maison dans les feux de forêt.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Ce n’est que quelques jours plus tard, alors qu’il était évacué à 100 kilomètres de là, qu’il en a eu la certitude.

J’ai vu une cendre dans le ciel, et, quand c’est arrivé, je savais que mon terrain était brûlé. Je savais.

Deva Khurana

Au début du mois de juillet 2017, l’état d’urgence est déclaré à l’échelle de la province. Il durera jusqu’en septembre et mènera à l’évacuation de 65 000 personnes.

Un membre des Forces canadiennes observe un feu de forêt depuis l'arrière d'un hélicoptère Chinook.
Un membre des Forces canadiennes observe un feu de forêt depuis l'arrière d'un hélicoptère Chinook lors d'un vol avec le premier ministre Justin Trudeau près de Williams Lake, en Colombie-Britannique, le 31 juillet 2017.Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Les feux des environs de Williams Lake, cet été-là, comptent parmi les pires qu’a connus la Colombie-Britannique. Et, si le centre-ville de cette municipalité de la région des Cariboos a été épargné, la région allait de nouveau être touchée l’année suivante.

En 2018, les incendies atteignent un nouveau sommet. En l’espace de quelques mois, c’est plus de deux fois la superficie de l’Île-du-Prince-Édouard qui brûle. Les incendies entraînent cette fois-ci des dépenses de près de 615 millions de dollars.

Deux pagayeuses circulent sur le lac Okanagan avec un épais brouillard autour d'elles.
Les activités estivales continuent pour certains alors que des pagayeurs se dirigent vers le pont William R. Bennett sur le lac Okanagan, à Kelowna, en C.-B. le samedi 18 août 2018. Une épaisse fumée de feux de forêt en Colombie-Britannique s'est disséminée dans toute la province, ce qui a entraîné un indice de qualité de l'air (IQHI) évalué à 10+ dans la région de Kelowna, considéré comme présentant un risque très élevé.Photo : The Canadian Press / Jeff Bassett

Cette année, à l’aube d’une saison qui s’annonce encore chaude et sèche, le premier ministre John Horgan a diffusé une vidéo mentionnant les risques associés à des températures plus intenses et demandant à la population d’éviter les feux de camp, d’être prudente avec les cigarettes et de préparer un plan d’évacuation.

Déjà, à la mi-juin, la majeure partie de la province est considérée comme étant à risque de feux de forêt. Or, à Williams Lake, et ailleurs dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, on doit toujours composer avec les conséquences - visibles et invisibles - des deux derniers étés.

« Il y a le feu derrière ta maison »

Membre de la Première Nation Secwepemc, Cheryl Chapman se rappelle bien le début des incendies près de chez elle, à Soda Creek, à quelques kilomètres au nord de Williams Lake.

J’ai reçu un appel au bureau. On m’a dit : “Tu dois aller chez toi, il y a le feu derrière ta maison.” J’ai pris ma camionnette, je suis allée à la maison. La foudre était tombée tout juste derrière chez moi.

Cheryl Chapman
Une femme devant un tipi.
Cheryl Chapman, membre de la Première Nation de Soda Creek, située à quelques kilomètres au nord de Williams Lake.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Malgré l’avis d’évacuation, Cheryl Chapman et son conjoint, Mike Retasket, ont décidé de rester pour combattre les feux dans leur communauté de Deep Creek.

Souvent situées en marge des villes, sans accès aux services d’incendie, les communautés autochtones ont été particulièrement touchées par les feux. Sans assurances, Cheryl et Mike savaient que, si leur maison brûlait, ils perdaient tout. Nous sommes restés toute la durée des feux pour combattre, dit Cheryl.

C’est comme s’il n’y avait plus de règles, ajoute Mike Retasket. C’était l’instinct de survie, il fallait s’assurer que nos voisins étaient en sécurité, que tout le monde était en sécurité.

Et, par la suite, nous avons entendu des histoires d’horreur.

Des aînés avaient été placés dans des dortoirs au centre de secours. Ça leur a rappelé les pensionnats autochtones. Ils étaient effrayés et ils étaient seuls. Il n’y avait personne pour les défendre. Après les feux, nous nous sommes assurés que, la prochaine fois, ça n’arriverait pas.

Cheryl Chapman
Village historique en flanc de montagne.
Village historique de Xatsull. Les deux derniers étés ont été difficiles pour le tourisme, qui a diminué dans la région. Cheryl Chapman, responsable du développement économique de sa communauté, mise sur une grande fête pour les 25 ans du village, en 2021, pour relancer le site. Photo : Radio-Canada

Cheryl dit souffrir elle-même de stress post-traumatique.

La nuit dernière, il y avait un orage. J’étais assise à la maison avec ma mère et nous regardions la télé. La pluie a commencé et c’était très fort. Nous avons un toit en fer. C’était très bruyant et, soudainement, il y a eu un éclair et du tonnerre. J’ai commencé à marcher autour de la maison pour m’assurer que les éclairs n’avaient pas démarré d’autre feu.

Les déplacés des feux

Racelle Kooy, également membre de la Première Nation Secwepemc, à laquelle appartiennent Cheryl et Mike, ne s’est jamais réinstallée dans la région après les incendies de 2017. Quand les feux ont éclaté, j’étais au sud, toute la communauté est restée. Les gens ont fait le choix d’ignorer l’alerte d’évacuation, dit-elle. Tous les jours, j’étais inquiète.

Une femme conduit une voiture
Racelle Kooy a quitté sa communauté de Soda Creek en 2017 lors des feux de forêt et ne s'y est jamais réinstallée.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Avec pour seuls biens son véhicule, sa tenue traditionnelle, sa valise et son ordinateur, Racelle Kooy a dû attendre une quarantaine de jours avant de pouvoir retourner chez elle.

La maison qu’elle habitait a finalement été épargnée par les feux de 2017. Mais rien n’était plus pareil aux alentours.

Je suis retournée pour aller chercher mon passeport, se souvient-elle. C’était un choc total. Là où avant il y avait des forêts, où il y avait des plantes médicinales, il ne restait plus rien au sol.

Dès que je suis retournée, j’ai su que ce n’était plus la même relation avec ce territoire, j’ai su qu’il fallait me déplacer. À 47 ans, j’ai su que le renouvellement [de la forêt] ne se ferait pas à l’intérieur de ma vie…

Racelle Kooy

Aujourd’hui, elle se décrit comme une déplacée du climat.

Pour elle, les feux et les changements climatiques sont une évidence.

Le choix de quitter le chez-nous de mon grand-père, c’était un choix informé par les scientifiques, précise-t-elle.

Des cicatrices du passé

Pour beaucoup, les feux de 2017 et de 2018 ont été un dur réveil. On le voit, maintenant, à la moindre occasion, tout le monde saute sur son téléphone, me fait remarquer une responsable en prévention de la région.

Le groupe BC Wildfire and Flood Support Group compte près de 11 000 membres sur sa page Facebook. Partout, sur les réseaux sociaux, à l’épicerie, avec nos clients, c’est tout ce dont parlent les gens. La température et la sécheresse, confie Tamara Robinson, coordonnatrice à l’Armée du Salut.

Tamara Robinson estime qu’environ 20 % de sa clientèle est restée à Prince George et à Kamloops une fois les avis d’évacuation levés. Elle remarque, parmi les clients qui sont revenus, des problèmes de dépendance qui n’existaient pas auparavant.

Les gens gèrent leur stress avec de l’alcool. Ils consomment plus qu’avant. Certains sont partis alcooliques et sont revenus dépendants au crystal meth.

Tamara Robinson, coordonnatrice à l'Armée du Salut
Une femme dans un bureau.
Tamara Robinson, coordonnatrice à l'Armée du Salut.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Difficile de dire combien de gens ont quitté cette municipalité de 11 000 habitants après les feux. Il y a des commerces qui ont de la difficulté à trouver du personnel, dit Tamara Robinson.

Ils ont trouvé mieux ailleurs, explique-t-elle. Souvent, ce sont des employés au salaire minimum qui ont pu trouver un emploi avec plus d’heures et un meilleur salaire dans une plus grande ville.

Aux premières lignes

Le long des 2000 kilomètres de la route 97, qui traverse la Colombie-Britannique du nord au sud, les paysages défilent et les histoires se succèdent.

Économiquement, ça a été tough, il y a eu beaucoup de stress dans la communauté. Mais, tsé, ça fait partie de la game, résume Robert Cinq-Mars, propriétaire du Sugar Shack, à 70 Mile House.

Un homme devant un commerce construit en bois, avec des tables de pique-nique dehors devant la porte.
Robert Cinq-Mars, propriétaire du Sugar Shack, à 70 Mile HousePhoto : Radio-Canada / Francis Plourde

Ici, sur la 97, pendant 60, ou quelque, jours, y’en avait pas, de highway. Y’avait personne. Y ’avait l’armée, les policiers de la GRC, les pompiers de la planète, se rappelle-t-il. Nous autres, on a jamais fermé, on les a nourris, ces pompiers-là. On est resté ouvert et ça nous a amené une clientèle d’un peu partout.

Une employée du commerce en train de servir un client au comptoir d'aliments.
Le Sugar Shack, à 70 Mile House, est resté ouvert pendant les feux de forêt de 2017 dans la région.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Le Québécois d’origine se rappelle bien des discussions entendues à gauche et à droite. On a entendu des travailleurs étrangers qui étaient arrêtés ici un soir pour manger, pis ils disaient qu’ils ont appris icitte quoi ne pas faire dans leur pays.

Il déplore que les gens du coin n’aient pas pu mettre leurs connaissances à profit. On est en montagne ici, on a des vallées, les vents changent. Ces gens-là sont là à l’année, ces gens-là connaissent les rivières, les goulets. Ils peuvent intervenir plus efficacement.

L’entrepreneur l’admet, le temps change. Les étés sont plus chauds, les saisons ne sont plus ce qu’elles étaient. Et les feux, plus fréquents.

Faudrait que ça arrête, dit-il. C’est les gens, des gestes qu’on pose… Tu peux pas contrôler la foudre, mais il y a des choses que tu contrôles. Alors ce que tu contrôles, contrôle-le donc.

Malgré les feux plus fréquents, pour Robert Cinq-Mars, pas question de retourner en ville.

C’est le paradis ici. C’est sûr et certain que j’m’en vais pas dans la jungle en bas. C’est sûr et certain.

Robert Cinq-Mars
Panneau affichant des risques de feux de forêt
Un panneau avertit les visiteurs des risques de feux de forêt dans la région de Williams Lake.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

En 2017, Erick Peterson est pompier et vit à Delta. Il est dépêché à Williams Lake avant même le début des évacuations officielles. C'était tout un environnement dans lequel arriver, se rappelle-t-il. On changeait les avis d'évacuation deux ou trois fois par jour.

En tout, Erick Peterson a participé à deux déploiements à Williams Lake cet été-là. L'automne suivant, le poste de chef de pompier s'est ouvert. J'y ai pensé environ deux minutes, j'en ai parlé à ma femme et on est allés de l'avant.

Panorama de la ville de Williams Lake.
Williams Lake, dans la région de Cariboo.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Si l’attrait des grands espaces et de la nature a joué un rôle, c’est aussi le défi qui a incité le pompier à faire le saut.

Sur le terrain, il observe une dynamique qui rend certaines populations encore plus vulnérables. Les gens vivent de plus en plus loin dans la forêt, dit-il. Ça crée des problèmes extraordinaires pour les départements d'incendie un peu partout.

Reconstruire malgré les risques

Deva Khurana fait partie de ces Canadiens installés en forêt, en dehors de la ville. Il fait aussi partie d’une double minorité à Williams Lake : ceux qui ont tout perdu et qui n’avaient pas d’assurances.

En Colombie-Britannique, environ 300 habitations auraient été détruites par les flammes cette année-là. Une soixantaine, dans les environs de Williams Lake.

Le travailleur forestier voit bien combien tout a changé autour de chez lui. La petite famille qui vivait près de chez lui n’est jamais revenue. Sur son terrain, des outils rouillés et les restes de ce qui était sa maison jonchent toujours le sol. Tout est comme le jour qu’ils ont brûlé, tout est là, raconte Deva Khurana.

Restes de fondations de maison. Forme de l'escalier disparu imprimée par la suie sur le ciment de la fondation.
Vestiges des feux de 2017 dans la région de Williams Lake, en Colombie-Britannique.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Deva, lui, rebâtit son domaine. Sur son terrain, la végétation a recommencé à pousser. Les pommiers et les cerisiers calcinés ont laissé la place à de jeunes pousses qui produiront d’ici quelques années.

Juste à côté des fondations de sa maison, une roulotte. Son nouveau chez-soi.

Un terrain avec un abri en toile plastique, une roulotte, un cabanon à bois de chauffage.
Le nouveau chez-soi de Deva Khurana.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Des fois, quand je dors, j’imagine que je suis encore chez moi, dit-il. Je me réveille et je me rappelle que tout est fini.

Deva Khurana

Autour de lui, le climat a changé. Sans arbres pour retenir le sol, les risques d’inondation sont plus prononcés. Le long de la route, un panneau avertit la population de ces nouveaux risques.

La ville sanctuaire

À Kamloops, la ville se prépare à un autre été où elle aura peut-être à accueillir les évacués des feux de forêt.

Au centre communautaire Sandman, aux abords de la rivière Thompson, un monument rend d’ailleurs hommage aux héros anonymes des feux de 2017, des habitants de Kamloops qui ont accueilli les quelque 10 000 évacués de Williams Lake.

Une feuille d'érable soulevée par des bras et qui contient des hommes, un cheval.
Ce monument, des artistes Lee-Anne Chisholm et Aaron Harder, rend hommage à la contribution des habitants de Kamloops qui ont accueilli les sinistrés des feux de Williams Lake en 2017.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Quand la population d’une ville augmente de 10 % durant la nuit, ça amène aussi des problèmes d’alcool, de drogues, de crime, m’explique Ken Christian, le maire de Kamloops. Et on voit que certains ont décidé de ne pas retourner chez eux. Ils étaient peut-être itinérants dans la région, et le sont maintenant à Kamloops où ils sont nourris, ont un toit sur la tête.

L’année des feux, le nombre de sans-abri a doublé. Ça crée une pression supplémentaire, explique le maire.

Ken Christian n’hésite pas à associer les feux au réchauffement du climat. Il a même convaincu ses homologues ainsi que les universités de la région de financer des chaires de recherche sur les forêts à l’ère des changements climatiques.

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Le candidat libéral Terry Lake (à gauche) et le premier ministre Justin Trudeau assistent à une cérémonie d'investiture libérale à Kamloops-Thompson-Cariboo Photo : The Canadian Press / Murray Mitchell

Pour l’ex-député Terry Lake, retraité de la politique depuis 2015, le lien entre climat et feux de forêt ne fait pas non plus de doute. Ce printemps, l’ancien ministre provincial a annoncé son retour en politique chez les libéraux fédéraux, invoquant les feux pour expliquer sa décision.

Avant, on voyait nos étés comme un moment pour relaxer après un long hiver, dit-il. Maintenant, les gens sont anxieux. Les feux, cela menace l’air qu’ils respirent, leur sécurité, leur maison et leur gagne-pain.

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Racelle Kooy se présente pour le Parti vert du Canada à Victoria, où elle vit désormais.Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Il n’est pas le seul à croire que les feux et le climat seront un enjeu majeur en octobre. Racelle Kooy le croit aussi. Après y avoir longtemps réfléchi, elle s’est établie à Victoria et a décidé de se lancer en politique fédérale, sous la bannière des verts.

On vit les impacts des changements climatiques, mais en même temps on a un gouvernement qui fait que nous devenons tous les propriétaires d’un oléoduc. Ça n’a pas de bon sens.

Pendant son porte-à-porte, la consultante, qui a des origines autochtones, va droit au but. En 2017, après les mégafeux de forêt, j’ai eu l’urgence climatique en plein visage, leur dit-elle. Elle a littéralement cogné à ma porte. J’ai décidé que c’était le temps de m’engager en politique.

Contrairement à d’autres dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, Racelle Kooy sait qu’elle fait partie des privilégiés. Comme travailleuse autonome (...) j’ai un privilège de demeurer où je veux, dit-elle.

Elle pense à ses amis, à ses cousins, à sa meilleure amie qui est restée là-bas et dont la mère veut passer le reste de ses jours là où elle a grandi. Toute leur vie est centrée autour de cette terre, de ces forêts qu’ils habitent depuis des générations. Eux sont obligés de rester.

Journaliste
Francis Plourde

Édimestre
Mylène Briand
Martin Bruyère

Réalisatrice
Marylene Têtu

Photo d'entête
Darryl Dyck, la Presse Canadienne

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