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Image : Neona Smoak est accroupie sur une scène, elle porte de longues bottes noires et une perruque.

Des jeunes drags enflamment la scène à Saskatoon

Alors que le phénomène des drag queens connaît un succès croissant, une nouvelle génération d'artistes fait preuve de créativité pour séduire leur public. Voici des drag queens qui veulent divertir tout en livrant un message engagé.

Alors que le phénomène des drag queens connaît un succès croissant, une nouvelle génération d'artistes fait preuve de créativité pour séduire leur public. Voici des drag queens qui veulent divertir tout en livrant un message engagé.

Par Lise Ouangari

Image : La drag queen Neona en train de danser et chanter sur une scène.

« Être drag queen, c'est être un représentant de la culture queer et une voix pour les gens qui ne sont pas souvent entendus. Quand on est drag, on peut dire ce qu’on veut », confie Neona Smoak, de son vrai nom Tahmid Esham, un futur infirmier de 23 ans.

Image : La drag queen Néona au centre d'une scène pendant un spectacle.

Selon Neona Smoak, être drag est une façon de célébrer toutes les formes de sexualité et d’orientation sexuelle.

« Les gais souhaitent toujours être acceptés. Être drag queen nous donne une plateforme pour être acceptés. Quoi qu’on fasse, tout le monde va venir nous parler et nous donner l’impression qu’on est important. »

Image : Plusieurs drags queen en train de se maquiller

Symbole de l’anticonformisme et de la défense des droits LGBTQ+, le phénomène des drag queens attire de plus en plus de jeunes, qui veulent s’exprimer sur scène en faisant valoir leurs talents artistiques et créatifs, comme Neona Smoak, qui fait ses propres costumes.

Image : Le drag queen stony mac est assis sur une scène.

Moins connus du grand public, les drag kings sont de plus en plus nombreux à côtoyer les drag queens, à l'instar de Stony Mac, qui se produit sur scène depuis l’automne dernier.

Image : Le drag queen Stony Mac est sur une scène avec un cheval en bois

« Quand je suis en drag, je peux m’exprimer entièrement. Cela me donne un sentiment de pouvoir », confie Shannon Butler, 20 ans.

« Derrière Stony Mac, j'exprime la masculinité que j'ai toujours eue en moi, mais que j'ai eu peur de montrer avant parce que, en grandissant dans un monde dominé par les hommes, il peut être parfois effrayant pour une femme de sortir de la norme pour agir de façon plus masculine. Les gens sont toujours enclins à critiquer. »

Image : La drag queen Joe King sur une scène pendant un spectacle

On a le droit d’être soi-même, quel que soit son corps, quel que soit le sexe avec lequel on est né. On a simplement le droit d'être soi-même.

Shannon Butler
Image : La drag queen Cherry Poppers dans une loge

« Je vois la scène drag comme un exutoire pour évacuer quelque chose, n'importe quoi, et pour le transformer en quelque chose de joli, d’amusant, d’intéressant et de libérateur sur le plan sexuel », confie Cherry Poppers, le personnage drag de Chance Briere, un jeune poète très engagé dans la communauté LGBTQ+ de Saskatoon.

Image : Cherry Poppers sur scène avec la main levée

Je suis un vrai clown. Habituellement, la colère m'inspire des choses. Je suis plus créatif quand je suis en colère et je la transforme en comédie. Comme je suis gai dans une culture qui n’aime pas toujours les homosexuels, il y a des milliers de petites choses qui peuvent m’agacer. La façon dont je gère ça, c’est de le tourner en comédie.

Chance Briere
Image : Drag queen qui se maquille

Toutefois, il existe des idées fausses qui collent à la peau des artistes travestis.

« Beaucoup de gens disent que, si on est une drag queen ou un drag king, on est transgenre. Mais ce n'est pas le cas », affirme Shannon Butler, qui reconnaît toutefois que beaucoup de transgenres ont pu s’affirmer et faire leur transition grâce à leur personnage. « Pour plusieurs d’entre nous, c’est une performance artistique », explique-t-elle.

Image : La drag queen Neona Smoak se prépare devant un miroir

« Quand je suis sur scène, je vis le fantasme complet de la drag, je suis hyper féminine. Dès que je dépose la perruque, les fouets, je suis complètement Tahmid. Je ne suis plus Neona Smoak [son personnage]. J'ai créé une frontière entre les deux », confie de son côté Neona Smoak.

Image : Neona Smoak.se prépare devant un miroir

« Personnellement, je crois qu’on n’a pas besoin d’être homosexuel pour être drag queen. Tout le monde peut le faire. Une femme hétéro peut monter sur scène et devenir une drag », estime Neona Smoak.

Image : Stony Mac et Cherry Poppers en séance photo

Autant Neona Smoak, Stony Mac que Cherry Poppers attribuent la popularité croissante des drag queens au succès de la série de téléréalité américaine RuPaul’s Drag Race.

« Après la diffusion de la huitième saison sur Netflix, nous avons vraiment remarqué que des gens qui ne s’étaient jamais intéressés à nous auparavant venaient maintenant voir des drag queens », dit Cherry Poppers.

« Ça a beaucoup changé. En un an, j’ai vu une énorme différence pour ce qui est du public et des réactions », renchérit Neona Smoak.

Image : Des drags queen en loge après le spectacle

La popularité de ces artistes ne saurait s'expliquer sans les performances des drag queens qui foulent les scènes de Saskatoon depuis de nombreuses années. Mais l'enthousiasme que cette nouvelle génération d’artistes suscite auprès du public laisse penser que cette ville des Prairies peut se targuer d'avoir des jeunes prêts à assurer la relève.

Image : Drag queen sur une scène
Photo: Drag queen sur une scène  Crédit: Radio-Canada / Lise Ouangari

Les photos ont été prises par Lise Ouangari à l’occasion de la Semaine du sexe, organisée à l’Université de la Saskatchewan au mois de février. Cette Semaine a permis d’aborder des thèmes entourant la sexualité de manière positive et d’encourager les participants à avoir des relations sexuelles protégées et consensuelles. D'autres artistes y participaient dont Cheryl Trade, Joe King, Lilith Blackwood, Viola Roquette, Junior Mint et Karma K Meleon.

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