•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Image : Des mots en langue malécite qui représente un chat, des œufs et la forêt.

La langue encore parlée par six communautés malécites est sur le point de s'effacer.

Un texte de Janique LeBlanc

Le wolastoqey* (langue malécite) est sur le point de disparaître. Moins d’une centaine de personnes, toutes âgées de 60 ans ou plus, parlent couramment la langue des six communautés malécites du Nouveau-Brunswick. Au Québec, le wolastoqey n’est plus parlé depuis des générations. Malgré d’énormes défis, des Autochtones se mobilisent pour sauver cette langue autrefois diabolisée.

Des enfants en cercle dans une salle de classe avec leur enseignante.
Darcy Pirie avec les enfants de la maternelle à Neqotkuk.Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Une douzaine d’enfants de quatre ans, assis en rond, écoutent et tentent de suivre leur enseignante qui chante en wolastoqey*. Dans cette classe de prématernelle de la communauté de Neqotkuk (Tobique), au Nouveau-Brunswick, la vie se passe en anglais. 

L’enseignante, Darcy Pirie, fait de son mieux pour transmettre aux enfants les rudiments de la langue de leur peuple, une langue qu’elle ne maîtrise pas. Darcy ressent sur ses épaules la pression d’enseigner cette langue qui s’éteint. Elle sait très bien que les efforts actuels, dans sa classe comme ailleurs, sont loin d’être suffisants.

Neqotkuk est la plus grande communauté malécite au monde avec plus de 1500 habitants. Elle borde le majestueux fleuve Saint-Jean que les Wolastoqiyik* nomment depuis des millénaires le Wolastoq : la belle et généreuse rivière. Comme le nom du fleuve effacé par les Européens, la langue des Wolastoqiyik est en train de disparaître.

En 2016, 140 personnes ont déclaré le malécite comme langue maternelle à Neqotkuk. En fait, dans les huit communautés malécites (six au Nouveau-Brunswick, une au Québec et une au Maine), moins d’une centaine de personnes et peut-être aussi peu qu’une quarantaine parlent encore couramment le wolastoqey.

Lexique

Malécite : mot micmac qui signifie celui qui parle lentement. C’est ainsi que les Micmacs désignaient les Wolastoqiyik (Malécites).

Wolastoq : nom originel du fleuve Saint-Jean qui signifie la belle et généreuse (fructueuse) rivière.

Wolastoqiyik : peuple de la belle rivière. Les six communautés malécites du Nouveau-Brunswick sont situées le long du Wolastoq.

Wolastoqey : langue du peuple malécite du Nouveau-Brunswick et du Québec.

Wolastoqey Lintuwakonawa : nos chansons malécites.

Passamaquoddy : langue des Wolastoqiyik de l’État du Maine.

Neqotkuk : nom wolastoqey de la communauté de Tobique, au N.-B.

Sitansisk : nom wolastoqey de la communauté de St. Mary’s, au N.-B.

Matawaskiye : nom wolastoqey de la communauté de Madawaska, au N.-B.

Wotstak : nom wolastoqey de la communauté de Woodstock, au N.-B.

Welamoktok : nom wolastoqey de la communauté d’Oromocto, au N.-B.

Pilick : nom wolastoqey de la communauté de Kingsclear, au N.-B.

Wolastoqiyik Wahsipekuk : nom wolastoqey de la communauté de Viger, au Québec.

La langue du diable

Enfant, Lisa Perley-Dutcher n’a pas appris sa langue, car elle était strictement interdite par l’école catholique de sa communauté, Neqotkuk. Cette dame de 59 ans se souvient trop bien des coups de courroie que les religieuses donnaient aux élèves osant prononcer un mot de wolastoqey. 

Il y avait beaucoup de peur associée au fait de parler ma langue.

Lisa Perley-Dutcher

Le cousin de Lisa, Ron Tremblay, raconte que dans les années 60 on entendait parler wolastoqey un peu partout à Neqotkuk. À bientôt 60 ans, Ron est un des plus jeunes locuteurs de cette langue apprise à la maison avec ses parents, grands-parents, frères et sœurs. L’interdiction de parler wolastoqey à l’école a laissé des traces. 

Ron Tremblay au bord l'eau.
Ron Tremblay parle encore le wolastoqey.Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Petit garçon, Ron ne comprenait pas pourquoi on punissait les enfants qui parlaient la langue de sa famille et de sa communauté.  

Je me souviens qu’une religieuse m’a dit d’arrêter de parler la langue du diable. C’était aussi grave que ça , se rappelle Ron avec indignation.

La diabolisation et la dévalorisation du wolastoqey ont eu des effets sur la génération de Ron Tremblay et sur celles qui ont suivi. Ni lui ni ses neufs frères et sœurs n’ont transmis le wolastoqey. 

Nous n’avons jamais enseigné la langue à nos enfants parce qu’on nous a humiliés. On nous a fait croire que c’était la langue du diable et qu’elle n’était pas importante, que si nous voulions réussir, il fallait parler anglais pour apprendre et pour aller à l’université ,  se désole-t-il aujourd’hui. 

Besoin viscéral de parler sa langue

Ne pas pouvoir parler sa langue avec sa mère et sa tante, aujourd’hui disparues, a toujours attristé Lisa Perley-Dutcher. Au fil des ans, elle a tenté de combler ce vide linguistique et identitaire en suivant des cours de langue. Elle a été émue quand le plus jeune de ses quatre fils a décidé d’apprendre le wolastoqey et d’embrasser la culture de son peuple.

Un groupe de personnes sous une structure en branches d'Arbres.
Lisa Perley-Dutcher, Chuwapon, Justine Tremblay, Louis-Xavier Aubin Bérubé et Ron Tremblay dans la structure d'une maison longue traditionnelle sur le terrain du futur centre KehkiminPhoto : Radio-Canada / Gilles Boudreau

Ça m'a profondément touchée. Comme jeune et comme adulte, je me disais que je ne devais pas perdre mon temps à parler ma langue, car elle n'avait pas de valeur. C’est un message que j’ai souvent reçu de l’extérieur, mais aussi de ma famille. Ils ne pensaient pas que la langue nous aiderait à survivre dans le monde moderne , révèle-t-elle avec candeur.

En 2018, le fils de Lisa, le compositeur et ténor Jeremy Dutcher, lui envoie la démo de son premier disque, Wolastoqiyik Lintuwakonawa. Ce disque changera sa vie. Quand elle entend les chansons traditionnelles wolastoqey adaptées par son fils avec les voix de Wolastoqiyik puisées dans les archives, Lisa est bouleversée.

Ça m’a pris aux tripes et les a tordues.

Lisa Perley-Dutcher

Elle n’a pas pu écouter l’album sans pleurer pendant deux semaines. Quand j’ai entendu ces voix ancestrales chanter avec lui, c’était comme si elles m’appelaient et me disaient qu'il est temps d'agir, dit-elle.

Lisa décide alors de passer à l’action. Elle quitte son emploi de fonctionnaire et s’inscrit à un cours intensif de wolastoqey de deux ans offert par l'Université St. Thomas et la communauté wolastoqey de Sitansisk.*

Lisa Perley-Dutcher et Stephen Dutcher dans leur salon avec leur chien.
Lisa Perley-Dutcher et Stephen Dutcher écoutent la musique de leur fils Jeremy.Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Les collègues de classe de Lisa sont mus par le même besoin viscéral d’apprendre la langue de leur peuple.

Je ne veux pas continuer à porter le fardeau de ne pas parler ma langue maternelle, c’est assez gênant , confie d’entrée de jeu Louis-Xavier Aubin Bérubé.

Ce jeune Wolastoqiyik* québécois de 25 ans fait partie de la Première Nation de Viger, qui a repris son nom traditionnel de Wolastoqiyik Wahsipekuk. Il est venu au Nouveau-Brunswick pour apprendre la langue perdue dans sa famille depuis la génération de son arrière-grand-père. Louis-Xavier rappelle que la langue est la base d’une nation.

On peut prendre l’exemple du français. Pour les Acadiens et les Québécois, c’est une partie intégrante de leur identité. C’est la même chose pour les langues autochtones. Le wolastoqey, c’est vraiment la racine de notre culture , affirme le jeune homme barbu aux cheveux longs.

Il précise qu’apprendre cette langue vivante, descriptive et ancrée dans la nature, lui apporte des connaissances qui vont au-delà de l’apprentissage linguistique.

Louis-Xavier n’a pas eu de mal à convaincre sa sœur Lisa-Maude de l’accompagner à Fredericton. Cette jeune linguiste de 23 ans ressentait un malaise de ne pas connaître la langue de son peuple. Ce vide s’est manifesté au cégep, quand elle a rencontré des membres d’autres Premières Nations capables de parler leur langue avec les aînés de leur communauté.

Ç’a été quelque chose qui m’a vraiment troublée, ça a créé un gros manque dans ma vie. Quand mon frère m’a parlé [du cours intensif de wolastoqey], j'étais vraiment excitée parce que je ne pensais pas que ça existait.

Lisa-Maude Aubin Bérubé

La jeune femme est heureuse de l’apprendre, mais admet vivre une grande anxiété quand elle parle wolastoqey en dehors de sa classe. Lisa-Maude croit ressentir la honte des générations précédentes de Wolastoqiyik qui ont cessé de parler leur langue pour cacher leurs origines autochtones et mieux s’intégrer dans la société.

Pour Lisa Perley-Dutcher, l’expérience est à la fois éducative et thérapeutique. Elle doit dépasser ses propres traumatismes et guérir ses blessures pour parler cette langue diabolisée pendant son enfance. En avançant dans son apprentissage, elle a eu des flash-back. Des peurs et des inhibitions sont remontées à la surface. Elle doit se pousser pour parler à haute voix.

Ils veulent vraiment qu’on dise les phrases et je me dis : ''Oh je ne veux pas''. Mais je me pousse pour passer au travers, explique la dame à la chevelure argentée.

Chuwapon, sa collègue de classe, adore apprendre le wolastoqey, qu’elle entendait à la maison quand elle était toute petite. Elle se souvient du sentiment de sécurité et de bien-être qu’elle ressentait assise sous la table de la cuisine à écouter parler ses parents et ses grands-parents.

Je sens que je reprends mon pouvoir de femme autochtone en le parlant et en le transmettant à mes enfants , raconte cette femme réservée, mère de trois enfants. Pour l’éducatrice de la petite enfance Justine Tremblay, apprendre sa langue était tout ce qui manquait à son succès, mais c'est aussi épeurant et difficile quand elle parle à des locuteurs de wolastoqey.

Notre langue a tellement de sens, et c’est important [de la connaître] puisque nous vivons dans un État colonisé et que notre éducation est si formatée , explique cette jeune enseignante adepte de l’apprentissage par le jeu et la nature.

L'alphabet wolastoqey affiché sur le mur de la classe pour adultes de Neqotkuk.
Image : L'alphabet wolastoqey affiché sur le mur de la classe pour adultes de Neqotkuk.
Photo: L'alphabet wolastoqey affiché sur le mur de la classe pour adultes de Neqotkuk.  Crédit: Radio-Canada / Janique LeBlanc

Les tout-petits : la clé pour sauver la langue

Cette expérience positive et transformatrice, les étudiants du programme de langue malécite la doivent à Andrea Bear Nicholas. Selon cette professeure de l’Université St. Thomas, c’est un peu par désespoir qu’elle a créé ce programme pour adultes en 2010.

Si Mme Bear Nicholas salue les efforts des apprenants, elle admet sans réserve que les programmes pour adultes ne créent pas de locuteurs. Les cours de langue de 30 minutes par jour offerts dans certaines écoles du Nouveau-Brunswick ne fonctionnent pas mieux. Elle donne en exemple la tante de son mari, une enseignante de wolastoqey qui a dit, le jour de sa retraite, regretter de n’avoir jamais vu un seul de ses élèves le parler couramment. Mme Bear Nicholas est catégorique : la clé de la survie du wolastoqey est l’immersion.

Il faut commencer avec les tout-petits et continuer vers le haut. C'est comme ça que ça s'est fait ailleurs dans le monde. Chez les Hawaïens, les Samis, dans des régions de l'Inde, il y a eu beaucoup d’efforts et en Nouvelle-Zélande [chez les Maoris, NDLR] aussi.

Andrea Bear Nicholas, professeure

Mme Bear Nicholas et son mari ont aussi fondé un programme universitaire d'enseignement immersif en langues autochtones offert depuis plus de 20 ans à l’Université St.Thomas, à Fredericton. Des diplômés de ce programme enseignent l'immersion micmaque à Eskasoni, au Cap Breton, et à Listuguj, au Québec. Alors que des petits Micmacs apprennent leur langue, Mme Bear Nicholas se désole qu’aucun programme d’immersion n’ait encore été mis sur pied en wolastoqey dans sa communauté de Neqotkuk.

La directrice de l’éducation de Neqotkuk affirme qu’elle n’a pas les ressources humaines requises pour mettre sur pied un programme d’immersion. Darrah Beaver se dit préoccupée par la disparition du wolastoqey. Elle est même en train de faire son doctorat en revitalisation linguistique, mais selon elle, les locuteurs sont si peu nombreux et si âgés qu’il n’est pas réaliste d’instaurer l’immersion.

Le plan éducatif de la communauté mise sur les futurs diplômés du programme de malécite pour adultes qui viendraient appuyer les enseignantes de l’école.

Est-ce le mieux qu’on peut faire? Non. Si nous avions des gros investissements comme ceux du secteur scolaire francophone, je crois que ce serait plus facile. Nos éducateurs et nos locuteurs de wolastoqey sont peu nombreux , explique Mme Beaver.

Reconnaissance du droit à l’éducation en langue autochtone

Imelda Perley est une des personnes qui parle couramment le wolastoqey. Cette linguiste originaire de Neqotkuk, ancienne professeure à l’Université du Nouveau-Brunswick, se rend fréquemment dans une école de Fredericton pour permettre aux élèves de wolastoqey d’entendre la langue. Mme Perley admet que pour créer de nouveaux locuteurs, il faut beaucoup plus que des cours de 30 minutes par jour dans les écoles. Elle lance un appel à la solidarité de tous pour sauver cette langue.

Le wolastoqey, le micmac et le passamaquoddy* sont les langues originelles du territoire du Nouveau-Brunswick. Le français et l’anglais sont venus après. Pourquoi sont-ils protégés par la loi? Pourquoi insiste-t-on pour que les enfants autochtones choisissent entre le français et le wolastoqey à l’école? Pourquoi pas apprendre les deux? Le wolastoqey a besoin de cet engagement et de l'appui des citoyens.

Julie Paul avec des élèves dans une salle de classe.
Image : Julie Paul avec des élèves dans une salle de classe.
Photo: Julie Paul dans une de ses classes de wolastoqey à l'école Devon Middle School, à Fredericton.  Crédit: Radio-Canada / Janique LeBlanc

Un projet de centre d’immersion wolastoqey

Avec ou sans aide, Lisa Perley Dutcher est décidée d'agir pour sauver sa langue maternelle, qu’elle apprend sur le tard.

Avec des collègues de classe, elle met au point un projet d’école d’immersion wolastoqey dans la nature. Le centre Kehkimin, qui signifie enseigne-moi , sera accessible aux tout-petits et à leurs parents.

Il devrait voir le jour sur le terrain d’une ferme de Fredericton Nord où ses créateurs construisent une maison longue autochtone traditionnelle. Le centre Kehkimin a été incorporé, son conseil d’administration est nommé et il vient de lancer une campagne GoFundMe pour amasser des fonds.

Il y a très peu de ressources en wolastoqey. C’est une barrière, mais nous les développerons au fur et à mesure, explique Lisa. Notre vision est de ne pas laisser les obstacles nous arrêter et d'aller de l'avant.

Lisa Perley-Dutcher

Louis-Xavier Aubin Bérubé est emballé par ce projet, qui vise à réussir là où de simples cours de langue échouent.

Ça fait des années qu’ils essaient d'enseigner à l'école des cours de langues, et à l'université, mais ça ne fait pas de nouveaux locuteurs , affirme le jeune homme qui veut un jour transmettre la langue de son peuple.

Puisque les gouvernements n’encouragent pas les programmes d’immersion nécessaires à la préservation du wolastoqey, il est important que ses collègues et lui le fassent eux-mêmes.

Louis-Xavier espère que la prochaine génération sera la première depuis des décennies à parler sa langue maternelle. Sa soeur, Lisa-Maude, rêve que les enfants de la prochaine génération parleront la langue entre eux et qu’ils seront capables de parler à des gens plus vieux qu’eux, parce que moi, je ne peux pas faire ça , dit-elle.

Justine Tremblay se voit déjà enseigner une classe d’immersion wolastoqey sur cette ferme entourée de forêt. Elle imagine la maison longue traditionnelle en construction comme un abri et un lieu de repos pour les élèves.

Andrea Bear Nicholas trouve merveilleux que les étudiants de son programme de malécite pour adultes veulent créer un centre d’immersion wolastoqey pour les petits et leurs parents. Elle déplore que la loi canadienne ne garantit pas aux Autochtones le droit à une éducation en immersion dans leur langue.

Andrea Bear Nicholas devant une forêt.
Andrea Bear Nicholas, professeure à l'Université Saint-Thomas et militante pour l'enseignement des langues autochtonesPhoto : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Avec un groupe national, la professeure à la retraite prépare d’ailleurs un recours fondé sur la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. L’objectif est de pousser le gouvernement canadien à reconnaître et financer l’éducation des enfants autochtones dans leur langue.

Nous avons besoin de fonds pour les locuteurs qui travaillent avec les enseignants et pour que les enseignants suivent une formation linguistique intensive. Les politiciens doivent reconnaître que l'éducation préscolaire est la clé. Si nous avions cinq ans d'immersion au préscolaire, nous aurions des enfants qui parlent wolastoqey. Ça fait 40 ans qu'aucun enfant ne le parle , plaide celle qui a milité toute sa vie pour l’enseignement du micmac et du wolastoqey.

Comme Mme Bear Nicholas, Lisa Perley Dutcher sait que le temps presse, car les derniers locuteurs de wolastoqey se font de plus en plus rares. Elle lance un cri du coeur aux citoyens et aux dirigeants gouvernementaux avec l’espoir qu’ils comprendront l’urgence d’agir pour sauver une langue autochtone aux soins palliatifs.

Si on vous avait enlevé votre langue et frappé avec une courroie, si on vous avait forcé à ne pas parler votre langue, à en parler une autre, où en seriez-vous? Pas dans une situation agréable, soutient-elle avec conviction et émotion. Nous avons besoin que vous ressentiez cela, que vous marchiez et que vous travailliez avec nous pour ressusciter notre langue.

Partager la page