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Image : Illustration du concept de semer une idée dans la tête des gens, semer le doute. Un cerveau humain représenté comme un terreau fertile, dans lequel une main, suggérant celle de Q, sème une graine. On voit déjà des pousses, comme si d'autres idées s'étaient déjà implantées. En arrière-plan, plusieurs silhouettes humaines avec plusieurs pousses sur le dessus de leurs têtes.

QAnon compte des millions d'adeptes à travers le monde. Le Canada – et surtout, le Québec – est un des territoires où les adeptes sont les plus actifs, a appris Enquête. Comment en sommes-nous arrivés là?

Par Brigitte Noël - illustration Émilie Robert

Au début d'octobre, lorsque Facebook et Instagram ont annoncé qu’ils effaceraient toutes les pages et tous les comptes QAnon de leurs sites, le Québécois Alexis Cossette-Trudel a réagi en tweetant une seule image : une médaille Purple Heart.

L’animateur de l’émission Radio-Québec venait de perdre une de ses plateformes de diffusion principale, une page Facebook qui comptait des dizaines de milliers d’abonnés québécois et européens friands de ses vidéos conspirationnistes. En évoquant cette médaille habituellement réservée aux militaires américains blessés ou tombés au combat, Cossette-Trudel se comparait à une victime de guerre : un soldat QAnon étouffé par la censure.

Une semaine plus tard, c’est sa chaîne YouTube qui est disparue, emmenant avec elle ses 124 000 abonnés.

Était-ce le début de la fin pour Radio-Québec et QAnon?

Pour les non-initiés, l’univers de QAnon peut paraître complètement invraisemblable : on y parle entre autres de politiciens pédosatanistes qui dirigent des réseaux internationaux de trafic d’enfants. Mais le mouvement s’est aussi greffé à plusieurs autres conspirations (par exemple : la 5G est dangereuse, les vaccins sont nocifs, Lady Gaga est cannibale). En gros, il s’agit d’un amalgame de théories du complot centré sur l’idée que le monde est corrompu et que Donald Trump est le sauveur.

La base du mouvement consiste en une série de près de 5000 messages codés, appelés les « Q drops », partagés par un individu anonyme qui prétend être un haut placé de l’administration Trump.

L’assaut de Facebook est le plus récent d’une série de revers essuyés par la mouvance complotiste américaine dans les derniers mois.

Le 2 octobre, la Chambre des représentants américaine a adopté une résolution bipartisane pour condamner le groupe, qui est associé à plusieurs allégations d’actes violents, dont deux meurtres (Nouvelle fenêtre). En 2019, le FBI avait statué qu’il considérait que le groupe représentait une menace de terrorisme national. Cette nouvelle résolution a pour but d'encourager les autorités à consacrer encore plus de ressources à la lutte contre ce phénomène.

Récemment, plusieurs reportages ont également essayé de prouver que l’auteur des « Q drops » n’est pas du tout lié au président américain. Les preuves indiquent plutôt que celui que l’on surnomme « Q » aurait été une ribambelle d’internautes au fil des ans, et que le compte serait actuellement en possession de Jim Watkins – ancien militaire devenu propriétaire du forum anonyme 8kun, le site web où sont diffusés les messages de QAnon – ou d’un de ses proches.

Selon ces analyses, QAnon serait, fort probablement, une supercherie.

QAnon au Québec

C’est cet été, lors des manifestations contre les mesures sanitaires, que les Québécois ont pu observer les balbutiements de QAnon dans la sphère publique. Dans les rues, les adeptes du mouvement se mêlaient à la foule bigarrée, brandissant des pancartes ornées de Q enflammés ou de l’acronyme #WWG1WGA, une référence à « Where we go one we go all », la devise du groupe. Certains portaient des casquettes MAGA rouges, d’autres jonglaient avec un drapeau américain d’une main et un drapeau québécois de l’autre.

Une affiche brandie dans les airs.
Une affiche QAnon dans la foule lors d’une manifestation contre les mesures sanitaires à Québec.Photo : Radio-Canada

Certaines de leurs revendications étaient tirées tout droit de la complosphère américaine : les mesures sanitaires doivent cesser, car la COVID est une fausse pandémie inventée pour nuire à la réélection de Donald Trump.

Il pourrait paraître surprenant de voir une théorie du complot axée sur la présidence de Donald Trump se populariser auprès de Québécois, surtout auprès d’une partie de la frange nationaliste. Mais Jeff Yates, spécialiste de la désinformation à l’émission Les Décrypteurs, explique que dans le contexte de QAnon, ce choc d’idée est justifiable.

[Les gens] sont mécontents de la façon dont les dirigeants et les politiciens gèrent la société, et QAnon, ça leur donne un exutoire, affirme-t-il. On se dit : si Donald Trump se bat contre les politiciens et les médias dans son pays, nous on fait partie de ce mouvement-là.

De ce fait, QAnon compte maintenant des millions d'admirateurs dans plusieurs dizaines de pays.

Aux États-Unis, la ferveur QAnon se traduit en véritables églises vouées au mouvement et en candidats complotistes aux fortes chances d’être élus au gouvernement américain. Mais une des plus importantes concentrations d’adeptes QAnon à l’extérieur du pays de Trump serait ici même, au Canada, et surtout au Québec.

Influenceurs québécois

La frénésie entourant le nouveau coronavirus a donné un véritable coup d’envoi à QAnon : du jour au lendemain, des millions de gens se sont retrouvés seuls ou sans emploi, aux prises avec une maladie mystérieuse sans date de péremption. Plusieurs se sont tournés vers Internet en quête de réponses.

La pandémie a créé des insécurités politiques, économiques, des insécurités envers notre santé, affirme le chercheur Marc-André Argentino, qui consacre sa thèse doctorale à QAnon. Quand tu crois à une théorie comme QAnon, qui explique qu’il y a des élites qui sont responsables de tout le mal dans le monde, c’est plus facile à accepter qu’un virus qu’on ne peut pas voir.

Interviewé en août à l’Université Concordia, Argentino recensait alors une augmentation de plus de 2 millions d’adeptes QAnon en six mois, une croissance de près de 950 % à l’international et de 520 % aux États-Unis. Selon son analyse, la mouvance est désormais présente dans plus de 70 pays.

Certains Québécois ont su mettre à profit cette nouvelle curiosité pour QAnon. Des groupes Facebook se sont créés pour traduire et déchiffrer les Q-drops – les messages codés à la base du mouvement – et plusieurs internautes se sont mis à produire des vidéos aux thèses complotistes, qui exploraient ou du moins qui effleuraient les thèmes de QAnon.

Radio-Québec, l’émission d’Alexis Cossette-Trudel, avait une longueur d’avance sur les autres : cette chaîne YouTube se penchait sur QAnon depuis ses débuts, en 2017. Dans ses premières vidéos, l’animateur présentait aussi ses idées nationalistes et anti-immigration, qui n’attiraient alors que quelques milliers de visionnements.

Avec la pandémie, l’influence de QAnon sur les thèmes de Radio-Québec est devenue plus stridente. En quelques mois, Alexis Cossette-Trudel a plus que doublé son nombre d’abonnés, et ses « webjournaux », qui prétendent entre autres que Justin Trudeau est entouré de pédophiles et que l’arrestation de Barack Obama est imminente, cumulent maintenant des millions de visionnements.

Extrait d'une page d'un site Internet.
En octobre, la page YouTube de Radio-Québec comptait 124 000 abonnés.Photo : YouTube

Le Québec : vecteur du message QAnon dans la francophonie

Marc-André Argentino compare les 124 000 abonnés YouTube d’Alexis Cossette-Trudel à ceux de l’influenceur QAnon américain principal, un dénommé Praying Medic, qui est suivi par 390 000 personnes.

Si on compare la population américaine à la population du Québec, on voit qu’Alexis Cossette-Trudel a quand même une influence importante, dit-il. Et c’est pas juste au Québec, ses vidéos sont traduites en espagnol, en italien, et on les trouve en Europe.

Sur les pages web de QAnon en France, on mentionne Radio-Québec comme une des références principales. Rudy Reichstadt, de l’Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot en France, dit qu’Alexis Cossette-Trudel est un vecteur important de l’exportation du phénomène en Europe.

On a vu apparaître ce thème de QAnon sur les médias complotistes francophones, vraiment au cours de cette année, d’abord par Radio-Québec, la chaîne d’Alexis Cossette Trudel, dit-il. Puis, petit à petit, on a vu des figures de la complosphère francophone, suisse, belge, française arriver très explicitement sur ce thème-là.

La (défunte) page Facebook la plus populaire en France, 17FR, était elle aussi gérée par un Québécois.

De l’écran à la rue

Impossible d’écarter le rôle que QAnon a joué dans le mouvement de contestation contre les mesures sanitaires au Québec. Alexis Cossette-Trudel, immanquablement un des invités d’honneur lors des manifestations, était régulièrement accueilli sur scène par une foule qui scandait son nom et portait son logo.

On voit des liens entre Alexis Cossette-Trudel et une promotion des manifestations au Québec, donc c’est toujours quelque chose d’important quand tu peux mobiliser du monde en ligne à passer à des actes hors ligne, affirme Marc-André Argentino. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit chez beaucoup d’influenceurs QAnon.

Difficile de calculer combien de Québécois adhèrent au mouvement. Mais avant d’être effacées par Facebook, les pages QAnon francophones comptaient plusieurs dizaines de milliers de membres de tous les horizons.

Au fil de notre enquête, nous avons trouvé des adeptes québécois de QAnon qui disaient travailler dans des établissements de la santé, pour des services incendie et même auprès de forces policières et des Forces armées canadiennes. Plusieurs de ces internautes publient des messages contre le masque et contre les mesures sanitaires, ainsi que des propos conspirationnistes.

N’importe qui est susceptible à ça, c’est pas juste du monde qui n’est pas éduqué, on voit des médecins, des avocats, des politiciens. N’importe qui peut tomber dans ce mouvement.

Marc-André Argentino

L’adoption des croyances QAnon peut avoir des conséquences importantes : la résistance aux mesures sanitaires représente un danger pour la santé publique, mais certains se mettent à dos leurs familles et leurs amis. Sur le web, des proches d’adeptes QAnon ont créé des communautés d’entraide pour mieux gérer l’éclatement causé par la radicalisation conspirationniste de leurs êtres chers.

Dans ses vidéos, Alexis Cossette-Trudel lui-même dit vivre ce type d’aliénation familiale, notamment avec son père. Il n’est vraiment vraiment pas content de ce que je fais, il a honte de moi, il dit que je salis le nom de la famille, confie l’animateur de Radio-Québec.

À venir : Des proches d’adeptes QAnon parlent à Enquête de l’éclatement familial.

Augmentation des menaces

Aux États-Unis, plusieurs adeptes de QAnon sont accusés de crimes ou d’actes violents. Mais le Canada n’est pas épargné. Une analyse des médias sociaux du militaire réserviste Corey Hurren – l'homme armé qui, en août, a défoncé l’enceinte de Rideau Hall pour aller confronter le premier ministre Justin Trudeau – révélait plusieurs images liées à QAnon (Nouvelle fenêtre).

Des observateurs du phénomène disent que la théorie peut causer un sentiment d’impuissance et d'oppression qui motive le passage à l’acte. À la mi-septembre, la Sûreté du Québec (SQ) rapportait une hausse marquée du nombre de menaces proférées à l’égard des politiciens.

Les politiciens ne sont pas les seuls dans la ligne de mire : Guy Lapointe, porte-parole de la SQ, parle aussi d’une « hausse fulgurante » de signalements concernant des menaces en ligne auprès du grand public. Il mentionne que de nombreuses interventions ont été menées, beaucoup plus que ce qui a été médiatisé.

Guy Lapointe croit que certains de ces individus sont galvanisés par un petit groupe d’influenceurs. Il y a des gens qui sont excellents pour s’assurer que les braises ne vont pas s’éteindre, dit-il. Et puis il y a des gens qui se laissent emporter par ces propos.

Le symbole Q de QAnon tenu dans une main.
Qui est Q?Photo : Radio-Canada

Pour David Morin, de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents, le discours complotiste de QAnon alimente les polarisations sociales et désigne des coupables qui sont des cibles potentielles. Son sous-texte contribue à galvaniser les extrémistes violents, dans un contexte d’anxiété généralisée et de mécontentement où une part importante de la population vit des niveaux élevés de détresse psychologique, voire des troubles de santé mentale.

Il y a des individus qui vont passer à l’acte. C’est déjà arrivé et ça se reproduira inévitablement. Certains sont crinqués par ces discours et par les appels à faire quelque chose, affirme-t-il. On est dans un contexte explosif où bien des gens sont anxieux, en colère, et ont l’impression qu’on ne les écoute pas. Est-ce qu’Alexis contribue à ça? Bien sûr.

Mais le principal intéressé ne prend aucune responsabilité. En entrevue avec Enquête, Alexis Cossette-Trudel a affirmé participer à un mouvement pacifique.

Quand on est sortis, les gens dans la rue avaient les larmes aux yeux, ils nous ont dit que Radio-Québec avait un effet anti-anxiogène, c’est-à-dire que les médias poussaient la peur, disaient que c’était très dangereux la COVID, et quand ils sont tombés sur nos vidéos, ça les a soulagés.

Mais si ces vidéos calment – chez certaines personnes – l’anxiété liée à la maladie, c’est parce qu’Alexis Cossette-Trudel y prétend que la pandémie est un mensonge. La COVID ne serait qu’une simple grippe, et le masque, un outil de contrôle social. Les vrais problèmes, selon l’animateur, sont les politiciens et les médias, les « crapules et les salopards » qui exagèrent la maladie.

Dans une vidéo intitulée Trump et le Serpent, Alexis Cossette-Trudel dit à son public : Allez-y fort avec Arruda for prison, allez-y fort sur Arruda, "gloves off", bar ouvert, on peut frapper dessus comme on veut.

Considère-t-il qu’il s’agit d’un appel à la violence? Ce n’est pas un appel à la violence, il faut remettre ça, "gloves off" sur Internet… Moi je disais, Arruda c’est un salopard, et les gens disaient, tu vas trop loin, reste poli. Et en réaction je disais, non non le gars invente des chiffres sur la COVID. Quelques jours après notre entrevue, la vidéo avait été retirée de YouTube.

Alexis Cossette-Trudel en chemise.
Alexis Cossette-Trudel en entrevue avec la journaliste Brigitte Noël.Photo : Radio-Canada

Le lien entre les vidéos de Cossette-Trudel et les menaces proférées sur les réseaux sont difficiles à confirmer, mais Enquête a pu constater que certains auteurs de propos menaçants partageaient allègrement du contenu de Radio-Québec sur leurs pages.

Confronté aux menaces écrites par certains de ses abonnés sur la toile, l’animateur propose la thèse des agents provocateurs. C’est ce qu’on peut faire pour nous piéger. On met un logo Radio-Québec, on va casser une vitrine, et là, ça rejaillit sur nous, on sait comment fonctionne ce genre de choses là.

Alexis Cossette-Trudel affirme plutôt que ce sont les médias de masse qui ont des reproches à se faire. En utilisant ce procédé intellectuel, on pourrait dire que le 114e meurtre à Montréal, c’est quelqu’un qui écoutait Radio-Canada, on est allé sur son ordinateur et il écoutait Enquête.

Motivations?

On peut se demander si Alexis Cossette-Trudel, érudit et détenteur d’un doctorat en sciences des religions, est devenu prisonnier d’un personnage. Après tout, le succès de ses vidéos amène une certaine prospérité financière : la chaîne YouTube de l’animateur est monétisée, et il recueille des dons sur PayPal et Patréon. Plusieurs adeptes de son émission ont aussi commencé à vendre de la marchandise Radio-Québec et lui versent une part des profits.

Depuis plusieurs années, Cossette-Trudel gagnait sa vie à enseigner le français aux nouveaux arrivants, pour la Commission scolaire de Montréal. Il aurait été congédié cette année à cause de ses vidéos. Ses webjournaux sont désormais son gagne-pain principal, mais Alexis Cossette-Trudel nie toute motivation financière.

L’ex-président des jeunes péquistes – qui, lors de la dernière élection, s’est présenté contre Manon Massé en tant que candidat du parti Citoyen au pouvoir – insiste également n’avoir aucune intention de se relancer en politique.

Son but alors? De faire la lumière sur les controverses révélées par QAnon. Cossette-Trudel croit qu’après la réélection de Trump, plusieurs haut placés de l’administration Obama seront arrêtés en cause d’un « Watergate à la puissance 10 que les journalistes taisent ». C’est avec ça que j’ai commencé ma chaîne, et quand ça va arriver à terme, mon travail va avoir été fait, essentiellement.

Celui qui dit avoir comme mandat de « couvrir l’angle mort des médias » souhaite tirer sa révérence pour céder sa place à d’autres conspirationnistes. Ça a fait des petits, il y a plein de chaînes YouTube qui commencent à grossir à gauche et à droite qui vont pouvoir prendre la relève.

La suite

Si QAnon, fruit des bas-fonds d’Internet, a réussi à se hisser hors des forums anonymes pour s’incruster dans la conscience collective, c’est surtout grâce aux médias sociaux, qui ont permis aux messages de « Q » d’atteindre un immense public. QAnon a désormais ses tentacules dans le monde des influenceuses yoga et voyage, auprès de jeunes sur TikTok et dans certaines communautés évangéliques. Les géants du web essaient maintenant de contrôler les dégâts.

Le 6 octobre, Facebook et Instagram ont annoncé qu’ils venaient d’ajouter QAnon à leur liste de groupes et personnes dangereuses – avec l’État islamique et les suprémacistes blancs – n’ayant plus le privilège de diffuser sur leurs pages.

Un groupe de personne portent des casquettes "Make America Great Again" et des t-shirts noirs avec une grosse lettre Q, représentant la mouvance conspirationniste QAnon.
Le FBI a identifié QAnon comme faisant partie de mouvements marginaux susceptibles d'encourager la violence extrémiste.Photo : Getty Images / Sean Rayford

Jeff Yates croit qu’il s’agit d’une défaite importante pour le mouvement. QAnon n’aurait pas connu son explosion en popularité si ce n’était pas de plateformes comme YouTube et Facebook, dit-il, ajoutant que Facebook permettait au groupe d’échanger, de recruter et d’organiser des événements. La fondation du mouvement a lieu sur des forums anonymes qu’à peu près personne ne visite.

Il souligne que les adeptes les plus motivés vont trouver d’autres façons de se rejoindre sur des sites alternatifs, et que les autres peuvent toujours se tourner vers YouTube et Twitter, où les mesures en place pour limiter QAnon ne sont pas aussi strictes.

Est-ce que ces développements vont sonner le glas de QAnon? Jeff Yates n’y croit pas. Parce que QAnon est devenu populaire à cause de la pandémie et de l’élection américaine, on se dit que quand ces choses-là vont être terminées ça va tuer le mouvement, dit-il. Mais c’est une pensée magique.

Il compare QAnon à un groupe sectaire aux croyances immuables : Que Trump gagne ou non, ça sera la preuve que "Q" avait raison.

Le reportage de Brigitte Noël et d'Emmanuel Marchand est présenté à Enquête le jeudi à 21 h à ICI Télé et en reprise le samedi à 13 h. À ICI RDI, ce sera le dimanche à 18 h 30.

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