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Image : En-tête - Janie

18 ans, vit à Saskatoon et rêve de changer le monde en mieux

J’ai marché jusqu’à chez moi en écoutant de la musique, en pleurant sous les flocons de neige. On aurait dit un vidéoclip, se souvient Janie en éclatant de rire. Pour celle qui adore l’école, cette fin en queue de poisson était la finale décevante d’un parcours inoubliable qui l’a menée aux quatre coins du pays. Née à Montréal d’un père fransaskois et d’une mère québécoise, Janie est arrivée à Saskatoon à 12 ans. Après qu’une suite d’accidents vasculaires cérébraux a failli emporter son père, Janie est retournée avec sa famille dans les plaines centrales du pays pour prendre un nouveau départ.

Janie s’est vite intégrée dans sa nouvelle communauté. Hyperactive et hyperimpliquée, elle était de tous les comités : en plus d’écrire des articles pour le journal francophone L’eau vive, la jeune femme était coordonnatrice de programmation pour l’Association des débats et d’élocution de la Saskatchewan, agente de projets pour la Société historique de la Saskatchewan et assistante pour la sénatrice Marilou McPhedran.

Janie prend la parole lors d’un événement de l’Association jeunesse fransaskoise.
Janie prend la parole lors d’un événement de l’Association jeunesse fransaskoise.Photo : Courtoisie: Association jeunesse fransaskoise / Gentil Photography

J’aime les réunions statutaires, les réunions de budget, les conseils d’administration… J’aime connaître les enjeux d’une organisation. J’ai le goût de savoir ce qui se passe, j’aime lire et traduire des documents. Dans le fond, j’aime ça travailler. Je vous jure que je ne suis pas une fille plate! mentionne-t-elle, pleine d’autodérision.

Son vrai dada, ce sont les débats. Janie aime être obligée à voir les deux côtés de la médaille, mettre du sien dans l’argumentaire qui lui sera imposé. En septembre 2019, elle a gagné les prix de la meilleure oratrice de la Saskatchewan et de l’esprit bilingue lors du dernier séminaire de débats de la province.

Le fil qui lie tous ses engagements, c’est un amour profond pour la langue française. Si la communauté fransaskoise a fait du chemin depuis l’époque de son grand-père, qui n’avait ni le droit de parler sa langue dans les rues ni de l’apprendre à l’école, la survie du français n’est jamais garantie. On ne représente que 2 % de la population. On a une culture de résilience, même si on se sent souvent oubliés par les francophones du Québec. Personnellement, le français, c’est la langue de mon cœur et je suis fière de le parler, affirme-t-elle.

L'avenir

Cet automne, Janie commencera ses cours en ligne avec l’Université d’Ottawa en administration publique et sciences politiques, mais ne déménagera dans la capitale du pays qu’en janvier. La perspective de passer de sa petite école fransaskoise aux auditoriums de l’université l’enchante. « Il y a tellement de possibilités de stages et de bénévolat là-bas. J’aime aussi qu’Ottawa soit bilingue. Je ne pourrai pas sacrer dans le dos du monde, mais au moins, je vais rencontrer des gars qui ne sont pas mes cousins! » dit-elle.

Dans cinq ans, elle espère avoir commencé sa maîtrise, même si elle ne sait pas encore quel domaine la passionnera. Elle espère avoir voyagé, contribué à régler la crise climatique et travailler en politique.

Il faut s’occuper des changements climatiques. Si ce n’est pas la priorité, rien d’autre ne le sera plus tard. J’espère qu’on va finir par taxer les plus riches et redistribuer cet argent-là vers la lutte environnementale.

Janie

Janie dit être animée d’un profond désir de changer les choses et rêve d’une carrière qui lui permettrait d’améliorer le monde. Aussi, un de mes buts premiers, c’est de rencontrer Céline Dion, ajoute-t-elle en rigolant.

Santé mentale

En janvier dernier, au Parlement jeunesse pancanadien, Janie a soudainement senti l’épuisement l’envahir. D’habitude, je trippe sur cet événement et en plus, c’était ma fête. Là, j’ai réalisé que je m’étais brûlée sans m’en rendre compte. J’ai de la misère à trouver un équilibre entre les possibilités qu’on m’offre et mon bien-être, explique-t-elle. Depuis toujours, Janie doit composer avec l’anxiété et la dépression. Encore aujourd’hui, elle constate tout le tabou qui entoure la discussion sur les maladies mentales.

Pour elle, la solution est simple : l’accès à de l’aide psychologique devrait être universel.Il faudrait qu’on valorise les psychologues autant que les médecins. Souvent, les blessures physiques découlent d’une blessure mentale. Tout le monde devrait aller consulter, ça aide énormément, affirme-t-elle.

Discrimination

Janie a toujours fait preuve d’ambition et d’assurance. Ça m’a valu de me faire traiter de bitch, alors que mes collègues masculins récoltaient beaucoup d’admiration pour leur attitude identique à la mienne, raconte-t-elle. La jeune femme se décrit comme une ardente féministe, partisane d’un mouvement intersectionnel qui se penche sur les problèmes de discrimination croisés. Un des enjeux qui lui tient le plus à cœur est d’ailleurs la lutte antiraciste.

Pour combattre le racisme, la jeune femme croit que l’éducation est la clé. Quelles sont les nations qui vivent sur le territoire de la Saskatchewan? Quelles sont leurs langues, quels traités régissent leur existence? Il faut commencer à écouter et à arrêter de tout le temps parler, martèle-t-elle.

C’est ça l’avenir dont rêve Janie : une société plus équitable, moins gangrenée par la haine. C’est pour ça que je m’en vais en politique. Si je veux changer le monde, je dois commencer par chez nous, affirme-t-elle.

  • Son réseau social préféré : Instagram. 
  • Son film préféré : La mélodie du bonheur.
  • Sa série préférée : Grace and Frankie. J’aimais ça voir des femmes âgées à l’écran!
  • Son livre préféré : L’alchimiste, de Paul Coelho. Ça m’a beaucoup aidée pendant des moments difficiles. 
  • L’artiste du monde musical qu’elle préfère : Jordan Davis et Caroline Savoie. 

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