1. Accueil
  2. Politique
  3. Politique provinciale

L’Ontario aide les entrepreneurs racisés, sauf s’ils vendent des produits sexuels

Kristyn Wong-Tam dans le village gai de Toronto.

La députée du NPD Kristyn Wong-Tam à Toronto accuse le gouvernement Ford de faire preuve de discrimination à l'endroit des PME LGBTQ+, parce que ces entreprises parlent de sexualité.

Photo : Radio-Canada / Mike Smee

RCI

« Le gouvernement [de Doug Ford] devrait faire preuve de maturité », lance la députée du NPD Kristyn Wong-Tam, qui accuse les conservateurs de pénaliser les entrepreneurs LGBTQ+ en refusant de subventionner les PME qui vendent des produits sexuels.

La controverse porte sur le Programme de subventions pour le soutien aux entrepreneurs racisés et autochtones (RAISE en anglais).

En vertu de cette initiative provinciale, les entrepreneurs autochtones, noirs ou d’autres groupes racialisés peuvent recevoir une subvention de 10 000 $.

Toute entreprise dont la mission principale est de vendre ou de montrer des services ou des produits de nature sexuelle est toutefois inadmissible, confirme la province.

La députée Wong-Tam demande la modification de ce critère.

Les entreprises 2SLGBTQI+ vont parler de sexualité queer.
Une citation de Kristyn Wong-Tam, députée du NPD

Le gouvernement devrait apprendre à vivre avec cette réalité, écrit-elle dans une lettre envoyée au ministre des Affaires civiques et du Multiculturalisme Michael Ford, le neveu du premier ministre Doug Ford.

Elle ajoute que les entreprises queer offrent à de nombreux Ontariens parmi leurs premières expériences de qui ils sont.

Le gouvernement se défend

Le bureau du ministre Ford se défend d'exclure les entrepreneurs lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer et autres, accusant la députée Wong-Tam de faire des allégations trompeuses.

Son attaché de presse Mark Pelayo explique que l'exclusion porte uniquement sur les produits et services de nature sexuelle et qu'elle vise à combattre la traite de personnes.

Le programme lancé l'an dernier a été prolongé cette année pour trois autres années, avec un budget annuel de 5 millions de dollars.

Michael Fanous devant un étalage de la pharmacie.

Michael Fanous ne sait pas si sa pharmacie recevra une subvention de la province, étant donné qu'elle offre des produits de nature sexuelle.

Photo : Radio-Canada / Mike Smee

De la discrimination?

Michael Fanous, qui exploite la pharmacie MedsEXPERT dans le quartier gai de Toronto (Church-Wellesley), qualifie l'exclusion de discriminatoire.

L'entrepreneur a présenté une demande de subvention, mais ne sait pas si sa requête sera acceptée.

Nous mettons l'accent sur la santé sexuelle. Nous fournissons des produits comme des condoms. Nous n'allons pas nous empêcher de parler du sujet.
Une citation de Michael Fanous, exploitant d'une pharmacie dans le quartier gai de Toronto

George Pratt, président de l'association des commerçants du quartier Church-Wellesley, dénonce lui aussi les restrictions provinciales.

Il s'agit d'entrepreneurs torontois qui respectent la loi, dit-il. On devrait leur accorder la même chance qu'aux autres.

D'après des renseignements fournis par Michael Smee, de CBC News

À la une