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L’océan entrepose plus de carbone que prévu, selon une étude

Image satellitaire de l'île de Terre-Neuve et une nappe d'eau turquoise au sud de l'île.

Le phytoplancton dans l'océan Atlantique au sud de l'île de Terre-Neuve à l'été 2002.

Photo : Jacques Descloitres, MODIS Land Rapid Response Team, NASA / Goddard Space Flight Center

Agence France-Presse

L'océan entrepose, par le biais du phytoplancton, 20 % de carbone de plus que ce qui était estimé jusqu'à présent, selon une étude publiée dans la revue Nature (nouvelle fenêtre) (en anglais).

C'est une estimation qui est très robuste et qui renforce le rôle de la biologie des océans dans la captation de carbone à long terme, a déclaré à l'Agence France-Presse Frédéric Le Moigne, océanographe et biologiste marin au Centre national de la recherche scientifique, coauteur de cette étude menée avec des chercheurs chinois et américain.

Carte mondiale de la distribution du flux de carbone organique.

Distribution globale du flux de carbone organique depuis la couche de surface de l’océan ouvert.

Photo : CNRS/Wang et al

La nouvelle estimation s'élève à 15 milliards de tonnes par an, soit une augmentation d'environ 20 % par rapport aux estimations mentionnées par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en 2021, selon un communiqué du Centre national de la recherche scientifique.

Ce stockage s'effectue grâce au phytoplancton, qui transforme le CO2 en tissu organique par photosynthèse. Une partie de ce phytoplancton, quand il meurt, coule depuis la surface de l'océan sous forme de neige marine.

Pour mesurer ces flux de neige marine, les chercheurs se sont basés sur des bases de données existantes de concentration de carbone dans l'océan mesurées par des navires océanographiques, explique le chercheur. Grâce à cette simulation numérique, on a réussi à reconstruire les flux sur l'océan global et notamment dans des régions où on n'avait absolument pas de mesure de flux.

La suite logique c'est d'estimer combien [de carbone] arrive vraiment au fond de l'océan, à 3800 mètres de profondeur en moyenne, sans être avalé par des organismes marins, note M. Le Moigne.

En touchant le fond de l'océan, cette neige marine se transforme en sédiment et en pierre, stockant le carbone pour des dizaines de milliers d'années.

L'estimation réalisée par les chercheurs montre que préserver la biodiversité marine est crucial pour garantir ce processus de pompe biologique de carbone, parce qu'on est sur un flux encore plus important que ce qu'on pensait, souligne le chercheur au Laboratoire des sciences de l'environnement marin (LEMAR) de Plouzané, près de Brest.

Ce processus s'effectue sur des dizaines de milliers d'années, il n'est pas suffisant pour contrebalancer l'augmentation actuelle des émissions de CO2, souligne-t-il cependant.

En outre, le réchauffement climatique pourrait affaiblir cette pompe à carbone biologique, prévient-il.

À l'heure actuelle, on estime que l'océan absorbe environ 30 % du carbone injecté dans l'atmosphère par les activités humaines, principalement par le biais de la pompe à carbone physique (dissolution de carbone dans les mers polaires).

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