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Des vols pour l’Europe au tarif de base de 2 $ en janvier

Des avions d'Air Transat et Air Canada.

Air Transat et Air Canada affirment que la sécurité des passagers est une priorité et que leurs équipages sont formés à la gestion des agressions sexuelles en vol.

Photo : Radio-Canada

RCI

Un agent de voyages accuse Air Transat de chercher à sabrer la commission des agences comme la sienne après avoir offert des billets en janvier de Montréal ou Toronto vers Lisbonne, au Portugal, notamment, avec un tarif de base de seulement 2 $ par aller simple.

Les agences de voyage reçoivent une commission selon le tarif de base seulement, et non sur le prix total du billet d'avion.

Or, une fois qu'on ajoute les différentes surcharges et taxes, le prix total d'un aller-retour entre Toronto ou Montréal et Lisbonne en janvier avec Air Transat grimpe à au moins 500 $ ou 600 $, selon les dates.

Il s'agit toujours d'un prix alléchant pour un vol vers l'Europe, mais beaucoup plus élevé que le tarif de base.

Jeff Verman, président-directeur général de l'agence de voyages Plus Travel Group, accuse Air Transat de sabrer « délibérément » les tarifs de base et d'augmenter les surcharges pour éviter d'avoir à payer des commissions aux agences de voyages.

Nous avons besoin de cette commission pour être rentables.
Une citation de Jeff Verman, PDG d'une agence de voyages

Il explique qu'il ne reçoit que 0,18 $ en commission lorsque le tarif de base d'un billet est, par exemple, de 3,50 $, soit une commission de 5 %.

Les tarifs de base des autres transporteurs comme TAP ou Lufthansa offrant aussi des vols vers le Portugal en janvier sont plus élevés, mais ils ne semblent pas dépasser 10 $ à 25 $ pour les billets les moins chers, selon le site web Matrix Airfare.

Air Transat se défend

Par courriel, Air Transat défend ses pratiques tarifaires, notant qu'elle affiche « le prix total » des vols sur son site.

Il est bien connu que les prix des vols fluctuent en fonction de l'offre et de la demande.
Une citation de Bernard Côté, porte-parole d'Air Transat (déclaration écrite)

Nos précieux partenaires et professionnels de l'industrie du voyage, y compris ceux de notre propre réseau d'agences de voyage, Transat Distribution Canada, comprennent la nature concurrentielle et dynamique des prix que nous offrons, ajoute le transporteur.

Sur le site web d'Air Transat, le tarif de base de 2 $ ne s'affichait plus jeudi midi. M. Côté précise ceci : En raison de limitations techniques, nous pouvons constater des différences de tarif de base et de surcharge d’un canal de réservation à l’autre, même si le prix total d’un billet reste le même.

Quant à la commission des agences de voyages, elle dépend du système dans lequel la réservation a été faite, ajoute-t-il.

Le far west des surcharges

John Gradek, chargé de cours et coordinateur du programme de gestion en aviation à l'Université McGill, affirme qu'en matière de surcharges, c'est le far west dans l'industrie.

[Les transporteurs] se servent des surcharges comme outil pour la concurrence et pour augmenter les profits pour leurs liaisons, dit-il. Ils préfèrent augmenter les surcharges que les tarifs de base.

Les transporteurs préfèrent que le client réserve directement auprès d'eux plutôt que par le biais d'une agence de voyages à laquelle ils doivent verser une commission, souligne M. Gradek.

Cela dit, la réduction des tarifs de base n'a pas d'impact sur le prix du billet payé par le client, note-t-il.

Depuis 2012, l'Office des transports du Canada exige en effet que les transporteurs affichent le prix total du billet. En d'autres mots, le consommateur doit voir le prix total, et le gouvernement se fout de la façon dont ce prix est composé, explique-t-il.

De son côté, M. Verman a porté plainte auprès du Bureau de la concurrence du Canada. Selon lui, les transporteurs devraient verser une commission minimum aux agents de voyages.

L’Institut économique de Montréal accuse, pour sa part, Ottawa de faire exploser le prix des billets d’avion au pays en imposant divers frais aux compagnies aériennes et aux aéroports. Ottawa préfère voir nos aéroports comme une vache à lait, plutôt que l’infrastructure de transport essentielle qu’ils représentent, affirme Gabriel Giguère, analyste pour le groupe indépendant, dans un communiqué.

Avec les informations de CBC News.

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