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Identité de genre : Québec présente son comité de sages

Diane Lavallée, qui a notamment été présidente du Conseil du statut de la femme, présidera le comité en compagnie du Dr Jean-Bernard Trudeau et du professeur en droit constitutionnel, Patrick Taillon.

Suzanne Roy s'adresse aux journalistes.

La ministre québécoise de la Famille, Suzanne Roy, présentait mardi les trois personnes choisies pour former le Comité de sages sur l'identité de genre.

Photo : Radio-Canada

Stéphane Bordeleau, journaliste à Radio-Canada.ca
Stéphane Bordeleau

La ministre québécoise de la Famille, Suzanne Roy, a présenté la composition et le mandat du comité de sages qui sera chargé de conseiller le gouvernement sur les questions touchant l’identité de genre.

Le comité formé de trois personnes nommées par le gouvernement sera dirigé par Diane Lavallée, qui a notamment été présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, présidente du Conseil du statut de la femme, curatrice publique, coordonnatrice de la Sécurité civile et chef de services à la Direction de la santé publique.

Elle sera accompagnée du Dr Jean-Bernard Trudeau qui a, entre autres, été gestionnaire dans le réseau de la santé et directeur général adjoint au Collège des médecins.

Le troisième sage sera Patrick Taillon, professeur en droit constitutionnel et en droits et libertés de la personne à l’Université Laval et spécialiste des droits de la personne.

Le mandat du comité des sages, ce n’est pas de décider à la place du gouvernement, mais plutôt de nous aider à obtenir un portrait clair et élaboré de ce qui se passe ici, mais aussi de ce qui se passe ailleurs.
Une citation de Suzanne Roy, ministre de la Famille

Les travaux du comité, qui devra faire rapport au gouvernement du Québec à l’hiver 2025, s’articuleront autour de trois éléments fondamentaux, à savoir :

  • Se doter d’une base d’information commune;
  • Créer un espace de réflexion pour alimenter les futures décisions du gouvernement;
  • Apaiser les tensions sociales.

Le comité de sages sera assisté dans ses travaux par le Conseil québécois LGBT, qui fédère 70 organismes œuvrant notamment auprès de personnes trans et non binaires.

Diane Lavallée s'adresse aux journalistes.

La présidence du Comité de sages sur l'identité de genre a été confiée à Diane Lavallée.

Photo : Radio-Canada

Je suis convaincue qu’au Québec nous sommes capables de nous pencher sereinement sur des sujets délicats, sur des sujets sensibles avec ouverture, bienveillance, et ce, dans le respect des droits de chacun, a pour sa part déclaré la présidente du comité, Diane Lavallée.

Le rôle d’apaisement confié au comité des sages sera d’autant plus important dans le contexte où des tensions persistent dans la société (nouvelle fenêtre) autour des enjeux touchant l’identité de genre.

Les manifestations et contre-manifestations houleuses qui se sont déroulées en septembre autour de l’enseignement de l’idéologie du genre dans les écoles en témoignent.

Mais pas question de revenir sur les droits de ces personnes, a prévenu la ministre Roy en conférence de presse.

Je veux que ce soit très très clair. Il n’est pas question de reculer sur les droits existants des personnes trans et non binaires.
Une citation de Suzanne Roy, ministre de la Famille

Il y a des grands pas qui ont été faits et on ne va pas les débattre ni revenir en arrière, a-t-elle ajouté.

Questionnée par les journalistes sur l'absence de membres de la communauté LGBTQ+ dans le comité, la ministre Roy a expliqué qu'il ne s'agit pas d'un comité de représentation des intérêts de cette communauté mais que le comité pourra bénéficier en revanche de toute l'expertise du Conseil québécois LGBT qui travaillera en collaboration avec lui.

Principaux éléments du mandat du Comité de sages sur l’identité de genre :

  • Brosser un portrait de la réalité québécoise.
  • Recenser les politiques publiques, les pratiques et les directives québécoises dans plusieurs secteurs (éducation, sports et loisirs, famille, santé et services sociaux, sécurité publique, etc.).
  • Analyser leurs effets potentiels sur l’ensemble de la société québécoise.
  • Recenser, comparer et analyser les politiques, directives et pratiques mises en place au sein des États comparables au Québec.
  • Identifier les principaux enjeux à approfondir pour la suite.
  • Collaborer étroitement avec le Conseil québécois LGBT.

Source : Gouvernement du Québec

Un sujet sensible

Un membre du mouvement parental reçoit un doigt d'honneur d'un manifestant pour les droits LGBT.

Des tensions sont survenues à Montréal et ailleurs au pays, le 20 septembre, entre des partisans du mouvement parental et des manifestants défendant les droits LGBTQ+.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L'idée de mettre sur pied un comité de sages sur les questions d'identité de genre (nouvelle fenêtre) a été lancée à la mi-septembre par le gouvernement Legault dans le giron des manifestations qui ont envahi l'espace public en raison de l'inquiétude générée par certains événements, dont l'embauche en Montérégie d'un enseignant non binaire appelée « Mx Martine » (prononcer « Mix Martine ») (nouvelle fenêtre), qui rejette les appellations Monsieur ou Madame. La décision d’une école de Rouyn-Noranda d’aménager des toilettes mixtes (nouvelle fenêtre) avait aussi alimenté le débat.

Il a également été beaucoup question d'identité de genre dans les médias américains (nouvelle fenêtre) et canadiens cet automne, entre autres lors du congrès du Parti conservateur du Canada, qui a accordé beaucoup de place à ces questions (nouvelle fenêtre), et qui a donné lieu à des discussions animées sur le sujet à Québec.

L'opposition réclame plus de pluralité

Sur les bancs de l’opposition, la députée libérale Jennifer Maccarone se questionne sur la composition du comité.

La #CAQ n'a pas jugé "sage" d'y inclure des jeunes, des membres de la communauté ou même des experts sur la question... En tout respect pour les personnes autour de la table, l’UQAM a une chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres. Où est la place de ces chercheurs dans ces débats, a déploré la députée de Westmount–Saint-Louis sur son compte X.

À force de vouloir à tout prix éviter la représentation des communautés, la composition actuelle du comité semble finalement ressembler à une forme de représentation…
Une citation de Jennifer Maccarone, députée libérale de Westmount–Saint-Louis

Au Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon redoute quant à lui que les travaux de ce nouveau comité ne soient ultimement qu’un exercice de relations publiques.

On demandait une commission parlementaire de sorte qu’une pluralité de voix puisse être entendue. De sorte aussi que la population puisse suivre, pour ceux qui ont de l’intérêt pour le sujet.
Une citation de Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Reconnaissant la valeur des trois personnes choisies, Paul St-Pierre Plamondon souligne que ça demeure trois personnes qui vont travailler selon quels critères? Avec un degré de transparence qui est moindre et évidemment que ça offre moins de place à une diversité des voix au niveau de ce qui va être publié.

Affirmant d’entrée de jeu être en accord avec le mandat du comité, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, estime qu’il est un peu particulier quand même qu'on débatte d'enjeux aussi sensibles que ceux-là sans mettre autour de la table les voix des personnes concernées.

On trouverait sans doute ça spécial, comme Québécois, par exemple, un comité sur l'avenir de la langue française avec pas de francophones, a-t-il souligné.

Stéphane Bordeleau, journaliste à Radio-Canada.ca
Stéphane Bordeleau

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