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Un organisme plaide pour l’interdiction des fermes à fourrure au Canada

Des peaux d'animaux.

Le renard fait partie des espèces élevées dans cinq fermes d'élevage d'animaux à fourrure en activité en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Tracy Fuller

RCI

Un organisme demande aux gouvernements de la Saskatchewan et du Canada d'interdire les fermes d'élevage d'animaux à fourrure. Un représentant du secteur de la fourrure rétorque que l'industrie contribue à l'économie du pays.

Les espèces élevées sont, entre autres, des loups, des lynx et des renards. C'est la première fois que nous voyons que ces espèces sont élevées au Canada, déplore le directeur de la sensibilisation de The Fur-Bearers, Aaron Hofman.

Selon l'organisme qui milite pour la protection des animaux, il s’agit d’une question de santé publique et d'une façon de prévenir la cruauté envers eux.

Ce qui est surprenant à propos de ces fermes, c'est que les espèces ne sont généralement pas élevées pour leur fourrure, précise Aaron Hofman.

Selon lui, le Canada est peut-être le seul pays qui élève vraiment des loups pour leur fourrure. C'est du jamais vu au niveau mondial, dit-il.

Le directeur de la défense des droits et des politiques de Fur-Bearers, Aaron Hofman.

Aaron Hofman, directeur de la sensibilisation de The Fur-Bearers, dit que de nombreuses provinces n'ont pas de réglementation concernant l'élevage d'animaux à fourrure.

Photo :  (Gracieuseté : Aaron Hofman)

Pour sa part, le directeur général de l'Institut de la fourrure du Canada, Doug Chiasson, rétorque que l'élevage d'animaux à fourrure a une longue histoire au Canada : Ces plaintes, ce n'est rien de nouveau.

Il s'agit là d'une nouvelle tentative de la part de ce groupe de discréditer cette industrie importante, dit Doug Chiasson, ajoutant que l'industrie a rapporté « plus de 1 milliard de dollars au produit intérieur brut du Canada ».

L'importance de la fourrure d'élevage et sauvage pour les économies rurales et éloignées du Canada, c'est quelque chose qui ne peut pas être négligé.

Les éleveurs d'animaux à fourrure, tout comme les autres agriculteurs, sont ceux qui se soucient le plus des animaux dont ils ont la garde, explique Doug Chiasson.

Le directeur général de l'Institut de la fourrure du Canada, Doug Chiasson.

Le directeur général de l'Institut de la fourrure du Canada, Doug Chiasson, pense que l'élevage d'animaux à fourrure est important pour l'économie du Canada.

Photo :  (Gracieuseté : Doug Chiasson)

Franklin Carriere est un piégeur qui récolte des fourrures sauvages depuis plus de 40 ans près de Montreal Lake, en Saskatchewan, à environ 350 kilomètres au nord-est de Saskatoon.

Selon lui, il faut trouver un équilibre, car une interdiction entraînerait également la perte d'animaux, qui ne survivraient pas dans la nature après avoir été domestiqués depuis leur naissance.

Il estime cependant que le piégeage est plus durable que l'élevage d'animaux à fourrure.

L'élevage d'animaux à fourrure ne profite qu'à une seule personne, alors que le piégeage permet à de nombreuses familles qui survivent dans la nature de manger sainement, indique-t-il.

Franklin Carriere pratique le piégeage des fourrures depuis plus de 40 ans près de Montreal Lake, en Saskatchewan.

Franklin Carriere, qui est piégeur, souhaite qu'il y ait un équilibre dans le secteur des fourrures.

Photo : Radio-Canada / Don Somers

Aaron Hofman dit que de nombreuses provinces n'ont pas de réglementation concernant l'élevage d'animaux à fourrure.

La Saskatchewan est l'une des rares à réglementer ce secteur. En vertu de ces règlements, les agriculteurs doivent obtenir un permis du ministère de l'Agriculture, dit-il.

Cependant, Aaron Hofman estime que ces règles ont peu d'effets sur l'industrie. « La réglementation n'est pas très contraignante en termes de bien-être des animaux et de la qualité de l'environnement », note-t-il.

Dans un communiqué, le ministère de l'Agriculture souligne que tous les exploitants d'élevages d'animaux à fourrure de la province sont réglementés et qu'il y a des inspections annuelles.

The Fur-Brearers précise que les plus grands producteurs de fourrure sont l'Ontario et la Nouvelle-Écosse, et qu'ils exploitent des dizaines de grands élevages de visons comptant jusqu'à des dizaines de milliers d'animaux.

Par ailleurs, la Colombie-Britannique était l'un des plus gros producteurs jusqu'à ce qu'elle interdise l'élevage de visons. (nouvelle fenêtre)

Avec les informations de Pratyush Dayal

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