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Le changement climatique entrave la pousse des sapins de Noël et effraie les producteurs

Larry Whitehead, debout, dans sa pépinière de sapins de Noël.

Le vendeur de sapins de Noël Larry Whitehead, propriétaire de Red Truck Trees, à Surrey, en Colombie-Britannique, a perdu des dizaines de plants à cause de la sécheresse et de la chaleur cette année.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

RCI

La recherche d’un sapin de Noël peut s'avérer plus difficile, cette année, pour les familles britanno-colombiennes en quête d’un arbre naturel. La diminution du nombre de producteurs et la pénurie de conifères, en partie causée par les changements climatiques, provoquent une flambée des prix des arbres et une réduction du nombre de points de vente.

Amy et Ram Nathu se sont rendus à la pépinière Red Truck Trees, à Surrey, en banlieue de Vancouver, en compagnie de leurs trois enfants pour choisir leur sapin de Noël. Ils s’attendaient à payer environ 100 $, pour leur achat, un prix qui en valait la peine, selon Amy Nathu, car se procurer un arbre naturel est une véritable tradition pour sa famille.

Cette année, il est plus difficile de trouver un sapin adulte à un prix compétitif, notamment parce que les récentes vagues de chaleur et la sécheresse ont nui aux semis et aux arbres adultes sur la côte nord-ouest.

D’après les plus récentes données de Statistique Canada, le pays comptait environ 1360 exploitations arboricoles en 2021, comparativement à 2381 en 2011, ce qui signifie qu'environ 1000 exploitations ont disparu au cours de la dernière décennie.

Le Canada a perdu plus de 8000 hectares d'exploitations de sapins de Noël en raison du départ à la retraite ou du décès des producteurs, et la relève se fait rare pour reprendre cette activité, comme l'explique la directrice de l'Association canadienne des arbres de Noël, Shirley Brennan.

Elle précise qu'il faut 10 à 14 ans pour qu'un arbre nouvellement planté soit prêt à être récolté et qu'il faut plus d'une décennie pour que les producteurs fassent un profit sur ces premiers arbres.

Les personnes qui se lancent dans cette activité doivent avoir de la patience, car c'est un travail d'amour, dit Shiley Brennan.

Les changements climatiques, un défi pour les producteurs

Le directeur de l’Association des arbres de Noël de la Colombie-Britannique et responsable de la pépinière Red Truck Trees, Larry Whitehead, affirme que la diminution du nombre d'exploitations forestières et d'agriculteurs entraîne la perte de millions d'arbres.

Les changements climatiques ne facilitent pas les choses, selon lui. Cultivateur d’arbres depuis 15 ans, il explique que les arboriculteurs de la Colombie-Britannique n'ont jamais eu besoin d'irriguer dans le passé, mais qu'à présent, avec les vagues de chaleur et les sécheresses, l'irrigation est cruciale, même pour certaines espèces de conifères matures.

À Red Truck Trees, il est possible d’acheter un arbre plus petit, dit Charlie Brown, pour environ 20 $, mais un arbre de 2 mètres aux branches plus fournies coûtera entre 80 $ et 200 $, selon la variété.

Larry Whitehead ajoute que le coût de tous les produits, du carburant aux pesticides, est en hausse.

Plus d'arbres américains plantés

De leur côté, les cultivateurs américains estiment que la situation devrait s'améliorer.

La porte-parole de l’Association nationale des arbres de Noël des États-Unis (US National Christmas Tree Association), Jill Sidebottom, explique que la pénurie actuelle est aussi, en partie, liée à un ralentissement des plantations en 2008.

Le nombre d’arbres plantés est toutefois en hausse. On peut donc espérer que [les cultivateurs] augmenteront leur production au cours des prochaines années, indique Jill Sidebottom.

D'après les informations d'Yvette Brend

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