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La FIQ emboîte le pas au Front commun et annonce un nouveau débrayage

Une trentaine d'employés syndiqués affiliés à la FIQ manifestent.

Les syndiqués de la FIQ ont déjà débrayé, les 23 et 24 novembre derniers.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Stéphane Bordeleau, journaliste à Radio-Canada.ca
Stéphane Bordeleau

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui représente 80 000 membres, dont les infirmières, a annoncé un nouveau débrayage mardi, quelques heures seulement après que les 420 000 membres du Front commun eurent fait de même.

Les membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec seront ainsi en grève du 11 au 14 décembre. Il ne serait toutefois pas question pour le moment d'imiter la Fédération autonome de l'enseignement, qui est entrée dans sa deuxième semaine de grève générale illimitée. (nouvelle fenêtre) La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec avait déjà débrayé les 23 et 24 novembre, ainsi qu'au début du mois.

Des services essentiels seront toutefois assurés, puisqu'il s'agit du secteur de la santé. Les listes desdits services devant être offerts ont déjà été établies par le Tribunal administratif du travail.

Plus tôt, mardi, les leaders syndicaux du Front commun ont annoncé la tenue de sept journées de grève supplémentaires, du 8 au 14 décembre, dans l'espoir de conclure une entente pour renouveler les conventions collectives avant les Fêtes.

En conférence de presse, les représentants de la Confédération des syndicats nationaux, de la Centrale des syndicats du Québec, de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec et de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, qui s'exprimaient au nom de 420 000 travailleurs de l'État, ont cependant prévenu que ces sept jours de grève constituaient leur dernier coup de semonce avant la grève générale illimitée.

Ces sept jours de grève s'ajouteront au débrayage du 6 novembre (nouvelle fenêtre) et aux trois jours de la semaine dernière (nouvelle fenêtre).

Il s’agit d’une ultime séquence avant de déclencher la grève générale illimitée. Cette annonce témoigne de notre sérieux et de notre détermination à arriver à une entente avant les Fêtes.
Une citation de Les dirigeants du Front commun

On a un mandat de grève générale illimité en poche, mais on a convenu d'y aller avec une autre courte séquence de sept jours pour donner la chance au gouvernement de montrer sa bonne foi, a déclaré François Enault, premier vice-président à la Confédération des syndicats nationaux.

Il y a des discussions présentement, a-t-il convenu. Ça ne va pas au rythme qu'on espérait, mais quand même, il y a plus de mouvement qu'il y en a eu dans les 12 derniers mois.

S’il a lieu, cet arrêt de travail dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l'éducation et de l'enseignement supérieur sera la plus longue grève du secteur public depuis 50 ans au Québec, selon le Front commun.

Le reportage d'Aimée Lemieux

Les syndicats feront le point à la mi-décembre

Convaincus que la population est derrière eux dans la recherche de meilleurs services, les leaders syndicaux se disent déterminés à conclure une entente de principe avant les Fêtes. À défaut de quoi ils pourraient devoir exercer dès 2024 le mandat de grève générale illimitée qu'ils détiennent.

Afin de déterminer la suite des choses, toutes les organisations syndicales du Front commun convoqueront leurs instances les 18 et 19 décembre prochains pour faire le point sur la négociation et s’assurer d’avoir une piste d’atterrissage, au besoin.

Tout est en place pour obtenir un règlement et le faire adopter avant les Fêtes, assure François Enault.

L'objectif présentement c'est d'avoir une convention collective.
Une citation de François Enault, premier vice-président à la CSN

Ce qu'on dit, c'est qu'on ne fera jamais de grève s'il y a une entente à portée de main. [...] Il reste 10 jours avant de se rendre jusqu'au 8 décembre. D'ici là, il y a amplement de place pour se projeter vers une entente, a rappelé Éric Gingras, de la Centrale des syndicats du Québec.

Des milliers de citoyens et de familles verront donc leur quotidien bouleversé à nouveau du 8 au 14 décembre en raison des services de garde, des écoles et des cégeps fermés; des soins reportés dans les établissements de santé; des retards administratifs, etc.

Les débrayages pourraient même compromettre la tenue de l'épreuve uniforme de français prévue cette année le 13 décembre dans tous les établissements collégiaux, une étape obligatoire pour l'obtention d'un Diplôme d'études collégiales au Québec.

Les syndiqués du Front commun négocient depuis bientôt un an (nouvelle fenêtre) pour renouveler leurs conventions collectives arrivées à échéance le 31 mars dernier. Le ministre du Travail, Jean Boulet, a nommé un conciliateur la semaine dernière (nouvelle fenêtre) pour tenter de rapprocher les parties à la table de négociation.

Sonia LeBel.

La présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, était invitée à l'émission Tout le monde en parle dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Plusieurs points de désaccord

Les salaires et l'organisation du travail, notamment en éducation et en santé, sont les principales pierres d'achoppement entre le gouvernement et les syndiqués.

La présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, qui mène les négociations du côté gouvernemental, s'est montrée rassurante dimanche, lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle (nouvelle fenêtre).

La ministre, qui demande plus de flexibilité aux syndicats pour régler les importants problèmes de personnel qui minent la santé et l'éducation, s'est dite convaincue de trouver une voie de passage et de conclure des clauses salariales justes et équitables pour tous les travailleurs.

Mais pour le Parti libéral du Québec, la preuve est faite que Mme LeBel est incapable de s'entendre avec les syndicats du secteur public. Selon la députée Marwah Rizqy, la présidente du Conseil du Trésor devrait tout simplement céder sa place à François Legault à la table de négociation.

La seule chose qu'elle a été capable de signer, c'est l'entente avec les Kings de Los Angeles, a-t-elle lancé en point de presse mardi matin, faisant référence à la subvention controversée accordée à l'équipe américaine de hockey pour venir disputer deux matchs préparatoires à Québec en 2024.

Stéphane Bordeleau, journaliste à Radio-Canada.ca
Stéphane Bordeleau

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