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Des dizaines de sans-abri vont à l’urgence, faute de place dans les refuges

Un ambulance quitte un hôpital de Toronto.

Le nombre de sans-abri qui se rendent dans les urgences en Ontario, faute de place dans les refuges, a bondi, selon une nouvelle étude. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Michael Wilson

RCI

Le nombre de visites de sans-abri dans les urgences des hôpitaux à Toronto, simplement pour se réchauffer, a bondi de 68 % au cours des cinq dernières années, indique une nouvelle étude.

À l'échelle de la province, le nombre de ces visites non urgentes a grimpé de 24 % de 2018-2019 au 31 mars 2023, révèle l'étude de chercheurs de l'Hôpital St. Michael's à Toronto.

La Dre Carolyn Snider, chef du service d'urgence à St. Michael's, raconte qu'elle a eu l'idée de faire cette étude après avoir vu fréquemment cinq à dix sans-abri dans la salle d'attente de l'urgence par mauvais temps à son arrivée au travail le matin.

Ils sont juste [à l'urgence] pour échapper aux mauvaises conditions météorologiques.
Une citation de Dre Carolyn Snider, chef du service d'urgence, Hôpital St. Michael's

Les chercheurs ont choisi de dévoiler les données avant que l'étude ne soit examinée par des pairs, en raison de l'urgence de la situation à l'approche de l'hiver, explique son coauteur, le Dr Stephen Hwang.

Lorsqu'il y a beaucoup d'itinérance et pas assez de lits dans les refuges, l'urgence [de l'hôpital] est le refuge de dernier recours.
Une citation de Dr Stephen Hwang, chercheur, Centre MAP, Hôpital St. Michael's

Les chercheurs ont utilisé des données entre autres de l'Institut canadien d’information sur la santé et du Régime d’assurance maladie de l’Ontario. Ils ont procédé par élimination pour en arriver à leurs conclusions sur les visites liées aux conditions météorologiques, en excluant des facteurs comme la COVID-19 et les surdoses.

Une question de survie

La Dre Snider raconte que des sans-abri se présentent parfois à l'urgence de l'Hôpital St. Michael's, disant s'inquiéter pour leurs pieds. Nous leur fournissons des chaussettes chaudes et propres, parce qu'ils n'en ont pas, dit-elle.

D'autres fois, ils viennent se réfugier à l'urgence, sachant qu'ils vont devoir attendre quelques heures avant de voir un médecin pour leurs pieds, ajoute-t-elle.

Je ne leur fais pas de reproches, dit-elle. Parce que, pour eux, ça peut être une question de vie ou de mort.

Si on ne veut pas que des sans-abri se retrouvent à l'urgence, dorment dans des tentes, dans les parcs ou dans le métro, il faut accorder la priorité au logement, renchérit Stephen Gaetz, professeur et directeur de l'Observatoire canadien sur l'itinérance.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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