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Forte augmentation de la demande au Centre de prévention du suicide de Montréal

Des dépliants informatifs sur l'aide et le soutien lié avec la prévention du suicide ou le deuil sont étalés sur une table; dans l'arrière-plan flou, des gens discutent.

Le Centre de prévention du suicide de Montréal a constaté une augmentation de 31 % de la demande pour ses services au cours de la dernière année.

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Stéphane Bordeleau, journaliste à Radio-Canada.ca
Stéphane Bordeleau

Le recours aux services du Centre de prévention du suicide de Montréal (CPSM) a augmenté de 31 % depuis l’année dernière, selon le bilan 2022-2023 de l’organisme qui intervient auprès de milliers de personnes suicidaires chaque année.

Face à une telle augmentation de la demande, Sylvie Boivin, directrice du Centre de prévention du suicide de Montréal, rappelle qu’il est impératif que le Centre de prévention du suicide de Montréal continue d’agir autant auprès des personnes suicidaires qu'auprès de leurs proches.

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), environ 6300 tentatives de suicide et 3600 hospitalisations liées à une tentative de suicide sont répertoriées chaque année dans la province.

À Montréal, quatre personnes se suicident en moyenne chaque semaine et près de 4 % des Montréalais ont affirmé avoir déjà tenté de se suicider au cours de leur vie, rappelle le Centre de prévention du suicide de Montréal.

Situation préoccupante chez les jeunes

D'après l'Institut national de santé publique du Québec, le taux de suicide est trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Au cours des six dernières années, une augmentation des idées suicidaires chez les jeunes filles de 15 à 19 ans et les femmes de 20 à 34 ans a également été constatée.

D'après des données récentes de l'Institut de la statistique du Québec (nouvelle fenêtre), 11 % des adolescentes de 15 à 19 ans et 6 % des jeunes femmes de 20 à 34 ans mentionnent avoir eu des idées suicidaires sérieuses au cours de la dernière année. C'est presque deux fois plus qu'il y a 5 ans.

Au Centre de prévention du suicide de Montréal, on affirme faire en moyenne 115 interventions chaque mois auprès des jeunes de 15 à 19 ans et environ 405 chez les 20 à 34 ans.

Vous avez besoin d'aide pour vous ou pour un proche?

Depuis sa création, en 1983, l’organisme qui s’appelait auparavant Suicide Action Montréal estime avoir apporté son soutien à plus de 867 000 personnes.

Considérant qu’il en coûte en moyenne 5200 $ pour former un intervenant pour qu’il soit complètement outillé pour intervenir spécifiquement auprès d’une personne suicidaire, Sylvie Boivin rappelle l’importance des dons et des ressources que reçoit Centre de prévention du suicide de Montréal, surtout dans un contexte d’augmentation de la détresse psychologique chez les jeunes (nouvelle fenêtre).

Selon un rapport obtenu plus tôt cette année par Radio-Canada (nouvelle fenêtre), le nombre de jeunes en attente d'une consultation avec un psychologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine a littéralement explosé depuis 2020.

En 2 ans, le nombre de jeunes qui réclamaient les services d’un psychologue de l’hôpital a bondi de 106 pour la période 2019-2020 à 450 pour 2022-2023, soit une hausse de 325 %.

Il y a aussi l'entourage

Or, il n’y a pas que ceux et celles qui ne vont pas bien dont il faut s’occuper.

Soulignant qu’un suicide endeuille entre 6 et 10 personnes, le Centre de prévention du suicide de Montréal doit aussi assurer plusieurs services connexes et offrir des ressources diversifiées tels des ateliers de sensibilisation, de la postvention pour l’entourage et les proches, sans compter le soutien apporté aux personnes endeuillées.

La postvention est le terme qui désigne les interventions auprès des personnes endeuillées à la suite d’un suicide, mais également des interventions auprès des individus qui ont été touchés ou exposés au suicide d’un membre de leur entourage.

Stéphane Bordeleau, journaliste à Radio-Canada.ca
Stéphane Bordeleau

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