1. Accueil
  2. Société
  3. Autochtones

Donner des noms autochtones aux rues, un acte de réconciliation pour des militants

Le Centre Mâmawêyatitân a ouvert ses portes à Regina.

Le nom du centre Mâmawêyatitân de Regina signifie « Soyons tous ensemble » en cri.

Photo : Radio-Canada / Bryan Eneas

RCI

En Saskatchewan, des noms de bâtiments publics et de rues portent de plus en plus des noms issus de langues autochtones. Selon des militants, ces changements sont une reconnaissance de la contribution de la communauté au développement de la province.

La semaine dernière, le Mitakuyé Owâs'ā Centre, un nouveau centre de loisirs, a ouvert ses portes à Regina. Le nom est une expression en dakota qui se traduit par toutes mes relations.

Selon la militante et artiste Joely BigEagle-Kequahtooway, qui est originaire de la Première Nation White Bear, cela fait partie d'une tendance qui reflète l'histoire de villes comme Regina et Saskatoon, qui sont zones de concentration des peuples autochtones.

En renommant des bâtiments, en reconnaissant cette histoire, on souligne les contributions de nos ancêtres au bien-être de notre communauté, affirme-t-elle.

Joely BigEagle-Kequahtooway a été sollicitée par la Ville de Regina en 2016 pour discuter de la manière dont celle-ci pourrait travailler en faveur de la réconciliation.

L'un de ses principaux objectifs était de changer le nom de l'avenue Dewdney pour avenue Buffalo, mais d'autres noms ont changé à Regina pour refléter la langue, l'histoire et la culture autochtone.

Ainsi, une partie de la route, Tower Road a été rebaptisée Anaquod Road en 2017 en l'honneur de Glen Anaquod, un survivant des pensionnats et gardien des savoirs traditionnels à l'Université des Premières Nations du Canada.

La militante communautaire et artiste Joely BigEagle-Kequahtooway.

BigEagle-Kequahtooway est une militante originaire de la Première Nation de White Bear, dans le sud de la Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Richard Agecoutay

Revitaliser les langues autochtones

Des habitants de Saskatoon ont affirmé qu'ils craignaient que certains noms autochtones puissent être difficiles à prononcer au début pour les personnes qui ne parlent pas la langue, par exemple le nouveau nom de la rue John A. Macdonald, qui est devenue rue miyo-wâhkôhtowin, qui signifie bonne relation.

Cependant, Simon Bird, doctorant en revitalisation des langues autochtones à l'Université de Victoria, affirme qu'il existe des ressources accessibles pour en savoir plus sur un mot ou sur la manière de le prononcer.

Il cite, à titre d'exemples, les applications linguistiques ou les discussions directes avec quelqu'un qui parle la langue.

La résurgence de la langue sur les panneaux de signalisation, des bâtiments et des routes est un signe très encourageant [...] Cela montre que nous soutenons activement les mesures de revitalisation des langues autochtones, explique Simon Bird, qui parle et enseigne le cri.

Le doctorant en revitalisation des langues autochtones à l'Université de Victoria Simon Bird.

Doctorant à l'Université de Victoria, Simon Bird est membre de la Première Nation crie Peter Ballantyne.

Photo :  (Gracieuseté : Simon Bird)

De son côté, Joely BigEagle-Kequahtooway indique la nécessité de consacrer des fonds à une campagne de sensibilisation. Elle donne l'exemple de la Colombie-Britannique qui a investi 50 millions de dollars en 2018 pour aider à revitaliser les langues autochtones.

La Ville de Vancouver a également créé des vidéos pour aider le public à apprendre la prononciation des lieux renommés.

Lors de l'inauguration du centre Mitakuyé Owâs'ā, la mairesse de Regina, Sandra Masters, a rappelé que le 150e anniversaire de la signature des traités sera célébré en septembre 2024.

« Il y a des discussions [...] sur la possibilité de célébrer cet événement », a-t-elle précisé.

La mairesse a ajouté que le fait de sensibiliser le public à la signification et la la prononciation des mots autochtones sur les panneaux et les bâtiments était une excellente façon de réaliser cette étape importante.

Avec les informations de Louise BigEagle

À la une