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COP28 : le président voulait utiliser son rôle pour conclure des ententes pétrolières

 Le président désigné de la COP28, M. Sultan Ahmed Al Jaber, et l'envoyé spécial des Nations unies, M. Michael R. Bloomberg, annoncent la tenue d'un sommet local d'action pour le climat lors de la COP28 à Dubaï, en décembre, aux côtés de dirigeants locaux

Le président désigné de la COP28 sur le climat, M. Sultan Ahmed Al Jaber, est aussi le président d'une compagnie pétrolière. (Photo d'archives)

Photo : getty images for bloomberg phila / Bryan Bedder

Agence France-Presse

Le président de la COP28 sur le climat, Sultan Al Jaber, qui est aussi patron de compagnie pétrolière, a voulu utiliser son rôle à la COP pour conclure des marchés dans les énergies fossiles, a affirmé lundi la BBC.

Un porte-parole de la COP28, qui se tient à partir de jeudi jusqu'au 12 décembre à Dubaï, a rétorqué que les documents évoqués dans l'article de la British Broadcasting Corporation sont inexacts et n'ont pas été utilisés par la COP28 lors de réunions.

Il est extrêmement décevant que la British Broadcasting Corporation utilise des documents non vérifiés, a ajouté le porte-parole.

L'enquête de la British Broadcasting Corporation s'appuie sur des documents recueillis par des journalistes du Centre for Climate Reporting (CCR).

Les documents, dont ce centre assure avoir vérifié l'authenticité, ont été obtenus via un lanceur d'alerte resté anonyme par peur des représailles, précise le Centre for Climate Reporting.

Un rapport évocateur

Il s'agit d'une compilation de 150 pages de breffages préparés par l'équipe de la COP28 pour des réunions avec Sultan Al Jaber entre juillet et octobre 2023.

Les documents ainsi révélés, affirme la British Broadcasting Corporation, ont été préparés par l'équipe des Émirats de la COP28 pour des réunions avec au moins 27 gouvernements étrangers avant le sommet.

 Une personne passe devant un grand panneau #COP28.

Une personne passe devant un panneau #COP28 lors du Changemaker Majlis, un atelier de réflexion d'une journée destiné aux dirigeants d'entreprise et axé sur l'action climatique, à Abou Dhabi.

Photo : Reuters / AMR ALFIKY

Ils comprennent des points de discussion, comme l'un à l'intention de la Chine selon lequel Adnoc, entreprise pétrolière détenue par Sultan Al Jaber, souhaite évaluer conjointement des opportunités internationales dans le gaz naturel liquéfié au Mozambique, au Canada et en Australie.

Radio-Canada s'est entretenue avec des membres de l'équipe du ministre canadien de l'Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault. Le cabinet du ministre a affirmé ne pas être au courant de quelque tractations que ce soit sur le gaz naturel liquéfié lors des discussions préparatoires de la COP28.

Selon la British Broadcasting Corporation, l'équipe des Émirats arabes unis n'a pas contesté l'utilisation de réunions COP28 pour des discussions d'affaires et a fait valoir que les réunions privées sont privées.

Selon le Centre for Climate Reporting et la British Broadcasting Corporation, plus d'une douzaine de pays contactés par les deux organismes n'ont pas répondu, plusieurs ont contesté des discussions commerciales avec Sultan Al Jaber, malgré les points de discussion apparaissant sur les breffages préparés avant les réunions, et cinq autres ont affirmé qu'aucune réunion n'a eu lieu.

Un scandale anticipé

Pour Kaisa Kosonen, coordinatrice des politiques chez Greenpeace International, le sommet devrait se concentrer sur le fait d'avancer sur des solutions climatiques de manière impartiale, pas des marchés d'arrière-plan qui alimentent la crise.

C'est exactement le genre de conflit d'intérêts que nous craignions quand le directeur général d'une compagnie pétrolière a été nommé à ce poste.
Une citation de Kaisa Kosonen, coordonnatrice des politiques chez Greenpeace International

Le choix du patron de la compagnie pétrolière émiratie Adnoc pour présider la COP28 avait en effet déjà été vivement critiqué par les défenseurs de l'environnement.

Si ces accusations sont vraies, c'est totalement inacceptable et un véritable scandale, a réagi Greenpeace dans un communiqué, à trois jours de l'ouverture de la conférence de l'Organisation des Nations unies sur le climat.

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