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Les Canadiens consomment-ils assez de fruits et de légumes?

Une petite fille des brocolis devant ses yeux en souriant.

Une enfant s'amuse en cuisinant.

Photo : iStock / Marcus Chung

Flavie Sauvageau

Le prix des aliments a continué de grimper, en octobre, affichant une croissance de 5,4 % par rapport à la même période l’an dernier. D'après Statistique Canada, la hausse de 5 % du prix des légumes frais est ce qui a contribué le plus à l’inflation alimentaire en octobre.

D’après les dernières données, qui datent de 2021, seuls 21,8 % des Canadiens de 12 ans et plus consommaient des fruits et légumes au moins 5 fois par jour. C’est 1 sur 5. Et c'est 9,7 % de moins qu’en 2015.

Ces chiffres issus de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de Statistique Canada n’étonnent pas la nutritionniste Marie-Ève Caplette.

La nutritionniste Marie-Ève Caplette dans son bureau.

Manger des fruits et légumes devient « vraiment le fun, une fois qu'on sait comment les apprêter et qu'on a des idées », croit Marie-Ève Caplette.

Photo : Radio-Canada

On sait que ça fait longtemps qu'on n'en mange pas assez, des fruits et légumes, mais le fait que ça ait diminué encore une fois, c'est malheureux , déplore-t-elle.

Elle croit qu’il est possible que la consommation de fruits et de légumes au pays ait encore diminué depuis 2021, en raison de l’inflation.

C'est préoccupant, parce qu'on sait que les légumes et les fruits aident à prévenir plusieurs maladies, dont les maladies du cœur, le diabète, l'hypertension, plusieurs cancers, explique Mme Caplette.

Note :

Dans son Enquête, Statistique Canada se concentre sur le nombre de fois par jour où les répondants ont mangé des fruits ou des légumes.

Cette mesure diffère de la notion de portions. Dans le questionnaire, les questions portent sur les moments où les fruits/légumes sont consommés , explique Melissa Gammage, agente aux communications à l’agence fédérale.

Afin de simplifier la compréhension des données, elle explique qu’une poignée de raisins compterait pour une seule fois.

En revanche, une salade serait un peu plus délicate à déclarer. S'il s'agissait d'épinards aux poivrons orange, les répondants répondraient une fois sous la question "légumes vert foncé" et une fois sous la question "légumes de couleur orange" , poursuit-elle.

Une question d’habitude

Selon la nutritionniste sportive Catherine Bélanger, l’augmentation des prix à l’épicerie peut expliquer une partie du phénomène, mais pas seulement.

Ce que je remarque beaucoup, c'est que les gens ne savent pas nécessairement comment les cuisiner. Ils ne savent pas comment préparer les repas, ils ne savent pas quoi manger, constate-t-elle.

Elle croit que lorsque les gens ne savent pas quoi cuisiner, ils se tournent souvent vers des options qui sont plus rapides, puis à ce moment-là, les fruits les légumes c'est souvent délaissés, parce que c'est plus long à préparer .

La nutritionniste Catherine Bélanger dans son bureau.

La nutritionniste Catherine Bélanger explique que les fruits et légumes permettent à notre corps de se procurer de nombreux micronutriments.

Photo : Radio-Canada

Elle estime aussi que lorsque la préparation des fruits et des légumes n’est n’est pas dans les habitudes d’une personne, celle-ci sera moins portée à en ajouter à ses repas.

Une question d’habitudes, donc, et pas nécessairement de goûts. Ça n'arrive vraiment pas souvent, les gens qui me disent "je n'aime pas les légumes" ou "je n'aime pas les fruits", déclare-t-elle.

La recommandation du Guide alimentaire canadien

Depuis 2019, le Guide alimentaire canadien recommande de manger des fruits et légumes en abondance .

Essayez de remplir la moitié de votre assiette de légumes et de fruits , précise le document.

En 2007, la version antérieure du Guide alimentaire recommandait plutôt aux adultes de manger un minimum de sept portionsde fruits et légumes par jour.

Vers des pistes de solutions

La nutritionniste Catherine Bélanger croit que la première étape pour quelqu’un qui souhaite manger plus de fruits et de légumes est de comprendre les raisons qui se cachent derrière sa faible consommation.

Si le prix est le principal obstacle, on peut aller vers des options de légumes surgelés, qui ont une bonne qualité nutritive, on peut aller vers les légumes en conserve, ou planifier les repas à l'avance en fonction des circulaires , suggère-t-elle.

Privilégier les fruits et légumes de saison peut aussi permettre d’économiser et de colorer l’assiette.

Marie-Ève Caplette croit pour sa part que certains ont besoin de réapprivoiser les végétaux dans leur assiette.

Plusieurs personnes ont peut-être des traumatismes de choux de Bruxelles bouillis ou de brocolis plates, mais si on va au-delà de ça, [ça] peut être vraiment le fun à manger.
Une citation de Marie-Ève Caplette, nutritionniste

Catherine Bélanger croit que lorsque les parents se réapproprient les fruits et légumes, cela permet d’éviter des traumatismes du genre.

Les enfants sont 100 % dépendants de ce que les parents vont faire. Souvent il vont copier [leurs] habitudes alimentaires, explique-t-elle.

C’est sûr que d'exposer les enfants à des fruits et légumes quotidiennement, d'impliquer nos enfants dans la préparation des repas, à long terme, ça a des effets positifs, conclut-elle.

Flavie Sauvageau

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