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La demande de travailleurs étrangers temporaires est en hausse en Alberta

Jodi Willoughby devant sa boutique, Crave Cupcakes.

Jodi Willoughby, cofondatrice de Crave Cupcakes, a fait appel à des travailleurs étrangers temporaires pour pourvoir des postes vacants, comme plusieurs employeurs de l'Ouest canadien.

Photo : Fournie par Jodi Willoughby

RCI

Le nombre d'entreprises dans l’Ouest canadien qui veulent embaucher des travailleurs étrangers temporaires est en augmentation.

C’est le cas de la succursale de Crave Cupcakes, à Calgary. Jodi Willoughby, copropriétaire de l'entreprise, a décidé de faire appel à un travailleur étranger temporaire pour pourvoir un poste de boulanger.

Pénurie de personnel

Elle affirme qu’il est de plus en plus difficile d’embaucher du personnel local ces dernières années.

Les gens qui aimaient vraiment ce qu’ils faisaient ont quitté l’industrie pour se tourner vers quelque chose qui avait peut-être moins été compromis par des choses, comme la COVID.
Une citation de Jodi Willoughby, copropriétaire de Crave Cupcakes

Par l’entremise d’une société spécialisée en immigration, l’entreprise a demandé une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), un document fédéral qui démontre qu’aucun travailleur canadien ou résident permanent n’est disponible pour effectuer un certain travail. Il s’agit de la première étape vers l’embauche d’un travailleur étranger temporaire.

L’entreprise a ensuite offert un emploi à un travailleur étranger, mais celui-ci attend toujours son permis de travail qui doit être délivré par le gouvernement fédéral.

Une longue attente

Alors que Jodi Willoughby croyait que son nouvel employé arriverait en septembre, elle espère maintenant qu’il sera là pour le temps des Fêtes. Le processus d’embauche d'un travailleur étranger est plus long que ce qu'elle croyait.

Ce n’est pas la seule entreprise qui attend l'arrivée de nouveaux employés étrangers temporaires.

Matt Penney, cofondateur et vice-président du développement commercial de Recruit Without Borders, soutient que le processus de l' étude d’impact sur le marché du travail est particulièrement lent en Alberta. Il prend en moyenne 45 jours de plus que dans les autres provinces.

Maja Stefanovska, porte-parole d'Emploi et Développement social Canada, explique les délais par le fait que l'Alberta à une part plus faible de demandes dans les flux de traitement prioritaire.

Elle ajoute que, depuis l'an dernier, des mesures de modernisation ont été lancées par le programme des travailleurs étrangers temporaires. Les dossiers sont maintenant répartis à travers le réseau national, ce qui permet de désengorger les provinces qui ont de fortes demandes.

Les demandes sur papier ont aussi été abandonnées pour réduire le travail de saisie de données de Service Canada. Le nouveau projet pilote pour les employeurs reconnus, annoncé au mois d’août, simplifie également le processus d’application pour les employeurs qui ont déjà fait une demande selon les règles du programme.

Demande en hausse dans l’Ouest canadien

Le volume des demandes d' étude d’impact sur le marché du travail dans l’Ouest canadien a augmenté de 83 % en un an, selon les données d’Emploi et Développement social Canada datant du 5 novembre.

À l’échelle nationale, les demandes ont bondi de 39 %. Le Yukon est le seul endroit qui a vu une légère diminution du nombre de demandes cette année.

Une situation qui inquiète

Danilo De Leon, président de Migrant Canada, s’inquiète de l’augmentation des demandes d' étude d’impact sur le marché du travail.

Il explique que, avec ce programme, le permis de travail des travailleurs étrangers temporaires est lié à un employeur, ce qui les rend vulnérables aux mauvais traitements ainsi qu’aux pratiques de travail déloyales de certains employeurs.

Son organisation soutient que le programme devrait être revu pour remplacer les permis de travail fermés par des permis ouverts. Comme cela, ils [les travailleurs étrangers temporaires] peuvent trouver un autre employeur et quitter leur emploi, soutient Danilo De Leon.

Danilo De Leon assis sur un sofa, affichant un visage sérieux.

Danilo De Leon, président de Migrant Canada, s’inquiète de l'augmentation des demandes pour des études d’impact sur le marché du travail.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Actuellement, les règlements fédéraux permettent aux travailleurs victimes de mauvais traitements ou qui risquent de l’être, de demander un permis de travail ouvert. Danilo De Leon rappelle toutefois que les travailleurs ne sont pas toujours informés de leurs droits en matière de travail et que certains craignent de perdre leur emploi s’ils expriment leur opinion.

Avec les informations de Madeleine Cummings

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