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Les pêcheurs de homards navigueront peut-être bientôt à l’électricité

Des homardiers au large.

La pêche au homard est une des industries les plus lucratives en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Julie Sicot
Julie Sicot

Alors que la saison de la pêche au homard a repris dimanche dans la zone 33, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, des milliers de bateaux sont partis en mer. D’ici deux ans, un de ces navires pourrait peut-être naviguer grâce à l’électricité grâce aux projets visant à décarboner la flotte de homardiers dans la province.

Mi-octobre, l’association ontarienne Oceans North, spécialiste de la conservation marine, a annoncé que la conception du premier projet de bateau de pêche électrique, nommé Lektrike’l Walipotl, était terminée.

La construction du bateau devrait débuter au Cap-Breton en 2024 et les premiers tests de navigation pourraient avoir lieu en 2025. Avec ce projet, Oceans North, qui travaille en collaboration avec la Première Nation de Membertou, espère développer la première génération de bateaux de pêche zéro émission du Canada.

Un dessin d'un bateau électrique

Un des projets de bateau électrique présenté par Oceans North dans leur rapport sur l'électrification de la flotte de homardiers.

Photo : Autre banques d'images / Oceans North

Nous avons installé des capteurs sur la flotte existante, pour comprendre comment fonctionnent ces navires afin de construire un bateau qui correspond aux exigences des pêcheurs, explique Brent Dancey, directeur de Marine Climate Action pour Oceans North.

Le système de propulsion sera entièrement électrique.
Une citation de Brett Dancey

Avec les batteries, les bateaux pourront pêcher entre 8 et 12 heures, mais il y aura un petit groupe électrogène diesel à l'intérieur en cas d'urgence, ajoute le responsable de l'association.

Selon Oceans North, ce bateau électrique pourrait convenir aux équipages qui naviguent à moins de 20 kilomètres de la côte, soit près de 70 % des bateaux de la province.

Un objectif écologique

Le Canada veut parvenir à la carboneutralité d’ici 2050, et pour atteindre cet objectif, tous les secteurs doivent évoluer. La pêche ne fait pas exception, notamment la pêche aux homards, l'une des plus importantes et des plus lucratives de la province.

La flotte de homardiers comprend plus de 3000 bateaux en Nouvelle-Écosse et, selon un rapport d'Oceans North, ils produisent chaque année environ 82 millions de kilogrammes de CO2.

Les pêcheurs ne sont pas à blâmer pour le changement climatique, mais ils peuvent faire partie de la solution, ajoute Brent Dancey.

Brett Dancey.

Brett Dancey d'Oceans North est confiant dans le projet lancé par son association avec d'autres partenaires.

Photo : Autre banques d'images / Oceans North

Si 70 % des navires de pêches passent à l’électrique, Oceans North estime, dans un rapport, que les émissions de la flotte pourraient être réduites de plus de 60 %.

Oceans North a établi un comparatif des coûts sur vingt ans de différents modèles de bateaux. Leurs calculs montrent qu’une embarcation avec un système de propulsion électrique coûterait plus de 254 000 $, alors que le coût sur 20 ans d’un bateau à propulsion diesel est estimé à presque 350 000 $.

Ce coût ne prend pas en charge les frais d'installation de bornes de recharge électriques sur les quais.

Les pêcheurs du sud-ouest sceptiques

Selon l’association de pêcheurs de homard Brazil Rock, les pêcheurs du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse ne vont pas pouvoir bénéficier de cette avancée technologique, car ils pêchent souvent à plus de 20 kilomètres des côtes.

En théorie, c’est une excellente idée.
Une citation de Dan Fleck, directeur administratif de l'association de pêcheurs de la zone 33-34 Brazil Rock

Ce n’est tout simplement pas pratique dans notre environnement, ajoute Dan Fleck. Nous voulons réduire notre empreinte carbone et diminuer la quantité de fioul que nous utilisons pour réduire nos coûts, mais un moteur électrique sur un homardier de 50 pieds, ça ne fonctionne pas encore.

Dan Fleck.

Dan Fleck de l’association des pêcheurs de homards Brazil Rock 33/34 qui représente les pêcheurs commerciaux de la région.

Photo : Gracieuseté : Brazil Rock Lobster Association

Nous n'avons même pas d'électricité pour que les gens puissent brancher un chauffage pour réchauffer leur bateau, complète Dan Fleck.

Brent Dancey reconnaît que beaucoup d'installations devront être modernisées avant que des bateaux électriques ne puissent être déployés à plus grande échelle.

Mais il faut commencer, lance-t-il. La première étape consiste à montrer la technologie aux gens, personne ne croit que quelque chose peut fonctionner tant qu'il ne l'a pas vu de ses propres yeux.

Julie Sicot
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