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Trudeau promet plus d’argent pour Haïti plutôt qu’une intervention militaire

Des policiers lors d'une offensive contre les gangs dans le quartier de Lalue à Port-au-Prince, le 3 mars 2023.

La violence en Haïti a atteint des niveaux jamais vus depuis des décennies, selon les Nations unies.

Photo : Associated Press / Odelyn Joseph

RCI

Justin Trudeau a annoncé vendredi une enveloppe de 100 millions de dollars pour soutenir et former les services de sécurité haïtiens plutôt que de conduire une force internationale de plusieurs milliers d’hommes en Haïti, comme le réclamait Washington.

Cette annonce, qui a d'abord été révélée par le quotidien La Presse, a été faite lors d'un point de presse conjoint entre le premier ministre et le président des États-Unis, Joe Biden, qui a effectué sa première visite officielle au Canada depuis son arrivée au pouvoir.

Nous voulons garder le peuple haïtien au centre des solutions pour régler la crise, a affirmé M. Trudeau. On va aussi imposer des sanctions additionnelles à deux autres membres de l’élite haïtienne qui profitent de la violence et de l’insécurité.

La somme servirait également à augmenter l’aide humanitaire acheminée dans le pays aux prises avec une épidémie de choléra (nouvelle fenêtre), d’importantes pénuries alimentaires et la violence des bandes armées qui sèment la terreur (nouvelle fenêtre) sur une partie grandissante du territoire.

Quatre personnes posent sur le perron de la résidence du premier ministre, Rideau Cottage, à Ottawa.

Le président des États-Unis, Joe Biden, en compagnie du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et de leurs épouses : Jill Biden (à gauche) et Sophie Grégoire Trudeau (à droite).

Photo : Associated Press / Andrew Harnik

Les États-Unis, dont les ressources militaires sont déjà très sollicitées, notamment par la guerre en Ukraine et la montée en puissance de la Chine en Asie du Sud-Est, voudraient pour leur part que le Canada prenne la tête d’une force militaire multinationale de 4000 hommes qui serait déployée directement sur le terrain.

Une mission dont ne veut pas le commandement militaire canadien, à qui incombe déjà le commandement d'une mission de l'OTAN de 2000 hommes en Lettonie et une autre de formation des troupes ukrainiennes en Pologne.

Le reportage de Marie Isabelle Rochon

Prié de réagir à l'annonce du Canada après le point de presse conjoint, M. Biden a affirmé qu'il n'était pas déçu. Ce sont des circonstances difficiles, et ce que le premier ministre Trudeau dit est sensé.

Le président américain a, par ailleurs, qualifié la situation sécuritaire en Haïti de « préoccupante », tout en précisant que l'envoi éventuel d'une force internationale ne saurait se faire sans consultation auprès des Nations unies et du gouvernement haïtien. Ce n'est pas écarté comme possibilité, mais ce n'est pas sur la table en ce moment, a-t-il conclu.

Un homme tient une arme de guerre en criant.

Le chef de gang Jimmy « Barbecue » Cherizier, qui est à la tête d'une alliance de groupes armés en Haïti, est un ancien officier de police.

Photo :  (The Associated Press/The Canadian Press)

Depuis des mois, les bandes armées bloquent l'accès aux dépôts de carburant et aux produits de première nécessité, et rançonnent les cargaisons d'aide humanitaire, ce qui entraîne des pannes dans la distribution d'eau potable et d'électricité qui aggravent l'épidémie de choléra accablant une population déjà parmi les plus pauvres du monde (nouvelle fenêtre).

La situation est telle que vendredi dernier, le premier ministre du pays, Ariel Henry, a déclaré qu'il comptait engager l'armée haïtienne aux côtés de la police nationale pour combattre les bandes armées qui contrôlent une partie importante de la capitale, Port-au-Prince.

Entrevue avec Harold Isaac, journaliste en Haïti

Avec les informations de Agence France-Presse.

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