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Projet de loi sur les langues officielles : le caucus libéral s’efforce de rester uni

Marc Miller, l'air pensif.

Le ministre responsable des relations entre la Couronne et les Autochtones, Marc Miller, reconnaît être inquiet devant les vives discussions suscitées par le projet de loi C-13 au sein du caucus libéral. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Anne Marie Lecomte

« On parle de choses très émotionnelles », a déclaré mercredi le ministre Marc Miller, qui a reconnu être « inquiet » devant les déchirements que provoque, au sein du caucus libéral, le projet de loi C-13 destiné à modifier la Loi sur les langues officielles.

En mêlée de presse dans les couloirs du parlement, M. Miller a expliqué pourquoi, à son avis, le projet de loi suscite des discussions aussi vives.

On parle évidemment de choses très émotionnelles, de langue, d’identité, d'éléments de fond.
Une citation de Marc Miller, ministre des Relations entre la Couronne et les Autochtones

Toutefois, inquiet, tout le monde devrait l'être dans ce contexte, a commenté le député montréalais, qui est titulaire du ministère des Relations entre la Couronne et les Autochtones dans le cabinet de Justin Trudeau.

Marc Miller est allé jusqu'à expliquer que les sorties publiques l'inquiètent parce qu'elles sont le symptôme du fait que des députés n'ont pas eu l'occasion de s'exprimer dans l'enceinte privilégiée qu'est le caucus.

Pour le député Marc Miller, qui représente la circonscription Ville-Marie–Le Sud Ouest–Île-des-Sœurs, le "challenge" évidemment réside dans une loi qui est très importante, C-13, pour protéger le français du Québec, principalement, pour nous assurer que les droits qui sont acquis par plusieurs intervenants à travers le pays sont préservés.

C’est ça, l’équilibre qu’il faut atteindre, a-t-il conclu.

Certes, a-t-il ajouté, les députés ont bien le droit de s’exprimer. Il faisait ainsi allusion aux députés libéraux montréalais tels qu'Anthony Housefather (Mont-Royal) et Marc Garneau (Notre-Dame-de-Grâce–Westmount), qui réprouvent le fait que le texte de loi évoque à quelques reprises la Charte québécoise de la langue française, ce qui ne devrait pas être le cas, selon eux.

Ces députés sont intervenus devant le comité permanent des langues officielles dans le but de faire amender le projet de loi.

Présenté par la ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, ce projet de loi vise à modifier la Loi sur les langues officielles et édicte la Loi sur l'usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale. Comme ce projet de loi bénéficie du soutien de tous les partis d'opposition, il est paradoxal que des membres du caucus libéral s'y opposent.

Un show de boucane honteux

Mardi, le député ontarien Francis Drouin a vertement critiqué (nouvelle fenêtre) ceux qui, parmi ses collègues, font ce qu'il a appelé un show de boucane honteux. Ces députés, a aussi affirmé M. Drouin, n'ont pas le monopole sur la politique linguistique du Canada.

Mercredi, le député Francis Drouin a dit n'avoir aucune idée si les députés ont été rappelés à l'ordre. Il a révélé que le premier ministre a lui-même donné [aux députés] la permission de présenter leur amendement, mais ceux-ci ont eu l'occasion de constater qu'ils n'ont pas de partenaire de danse.

Selon lui, il n'y a pas de division majeure au sein du caucus.

D'excellentes discussions

Également interpellé en mêlée de presse, le lieutenant libéral pour le Québec, Pablo Rodriguez, a assuré que le caucus libéral était sorti uni au terme de la réunion du matin. Le ministre du Patrimoine s'est dit très fier des excellentes discussions qui s'y sont tenues, ajoutant qu'en politique, c'est normal.

On s'entend sur la voie à suivre, a-t-il affirmé, cette voie étant l'adoption du projet de loi C-13.

On reconnaît l'importance de C-13 malgré ses imperfections, comme tout projet de loi. C'est un projet de loi qui vient renforcer le fait français.
Une citation de Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine et député de Honoré-Mercier

Tant le premier ministre Justin Trudeau que le whip en chef du gouvernement Steven MacKinnon ont été questionnés quant à l'idée de réprimander les députés dissidents. Ils ont respectivement répondu que les députés sont en train de représenter leur communauté et que les 338 élus du Parlement sont élus par nos commettants : on a tous un rôle à jouer dans l'adoption d'un projet de loi.

Le Parti libéral du Canada a pris un engagement pour réformer la Loi sur les langues officielles (nouvelle fenêtre) et ce n'est pas une mince affaire, a déclaré M. MacKinnon, qui se dit persuadé que ce projet de loi va aboutir.

Pour le député de Gatineau, il importe de protéger le français au Québec et de protéger les minorités à travers le pays.

Pour la députée d'Hochelaga Soraya Martinez Ferrada, les discussions au sein du caucus sont saines dans un gouvernement démocratique.

Aujourd'hui, on est un caucus uni, a-t-elle déclaré.

Avec les informations de La Presse canadienne.
Anne Marie Lecomte

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