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Des victimes veulent en finir avec les sévices corporels « éducatifs » au Canada

Josh Seanosky et Marc Levasseur.

Josh Seanosky et Marc Levasseur ont témoigné au sujet des séquelles laissées par les crimes commis par Claude Guillot. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Félix Morrissette-Beaulieu, journaliste
Félix Morrissette-Beaulieu

Des victimes du pasteur Claude Guillot poursuivent leur combat pour faire abroger l’article 43 du Code criminel au Canada qui autorise les sévices corporels en contexte d'éducation des enfants. Une pétition a été lancée pour demander au ministre fédéral de la Justice d'agir immédiatement.

Bien que la loi ne soit plus appliquée dans les écoles publiques, elle laisse la porte ouverte à des écarts.

Ce sont des écarts qu'a subis quotidiennement Marc Levasseur, victime du pasteur Claude Guillot dans les années 1980. (nouvelle fenêtre)

M. Levasseur a été frappé à coups de palette de bois à l'école La Bonne Semence de Victoriaville.

C'est cette loi-là qui faisait en sorte que moi, dans les années 1980, à l'école, la très grande majorité des coups qui ont été donnés où on était 90 élèves, c'était légal, estime M. Levasseur.

Le 1er décembre dernier, le juge Christian Boulet a imposé à Guillot huit ans de prison pour avoir maltraité cinq enfants. (nouvelle fenêtre)

Claude Guillot a été accusé pour certains des gestes qui ont été jugés irraisonnables mais pas pour ce qui était de l'ordre du raisonnable. Pourtant, c'est le même bâton, dans le même sous-sol, dans les mêmes locaux, déplore M. Levasseur.

Josh Seanosky et Marc Levasseur.

Josh Seanosky et Marc Levasseur poursuivent leur combat pour faire abroger l'article 43 du Code criminel. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Félix Duchesne

Nombreuses victimes

Par la suite, Guillot a fondé sa propre école au sous-sol de sa résidence de Québec, au tournant des années 2000. Josh Seanosky y a été soumis aux enseignements rigides du pasteur, basés sur son interprétation littérale de la Bible.

Lui aussi a été battu à coups de bâton à plusieurs reprises. Aussi loin que je me rappelle, l'éducation [pour moi], c'était frapper, témoigne Josh Seanosky. Je souffrais tous les jours. Je vivais de l'anxiété.

Les deux victimes étaient accompagnées du député fédéral de Richmond-Arthabaska, le conservateur Alain Rayes, mardi à Victoriaville, pour réclamer des changements à la loi.

Alain Rayes près du foyer de la Chambre des communes.

Alain Rayes, député de Richmond-Arthabaska (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Ils veulent travailler pour le futur, travailler pour tous les enfants au pays [...]. Le conservateur rappelle que cette forme de loi a été abrogée dans plus de 70 pays du monde entier. Une trentaine d'autres pays sont en train de le faire, selon le député.

L'article 43 permet à des adultes d'utiliser une force raisonnable sur un enfant pour l'éduquer. C'est un vieil article [...]. C'est malheureux en 2023.
Une citation de Alain Rayes, député fédéral de Richmond-Arthabaska

Cet article de loi a d'ailleurs été régulièrement cité pour justifier les sévices dans certains pensionnats pour Autochtones, selon Alain Rayes.

Félix Morrissette-Beaulieu, journaliste
Félix Morrissette-Beaulieu

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