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La montagne de paperasse des médecins nuit aux soins des patients, dénonce la FCEI

L'organisme déclare la guerre à la paperasse pour les médecins et estime que sans elle le système canadien pourrait être en mesure d'offrir 55,6 millions de consultations supplémentaires par année.

Un médecin de profil, assis à un bureau dans son cabinet. Il fixe intensément son écran d'ordinateur alors qu'il remplit au stylo un formulaire papier.

Dans son rapport « Les patients avant la paperasse », la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante explique que le fardeau administratif des médecins leur fait perdre un temps considérable.

Photo : Getty Images / Wavebreakmedia

RCI

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante estime qu'il faut réduire considérablement la paperasserie pour permettre aux médecins de se concentrer sur les soins aux patients.

Dans un rapport intitulé Les patients avant la paperasse présenté lundi, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante explique que le fardeau administratif qui pèse sur les médecins leur fait perdre un temps considérable.

La fédération définit le terme paperasse comme étant les tâches administratives superflues qui ne nécessitent pas l’expertise clinique d’un médecin.

D’après la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, ces tâches nuisent aux soins en réduisant le temps que les médecins peuvent consacrer à leurs patients et le nombre de nouveaux patients qu’ils pourraient prendre en charge. Elles mènent également à une fatigue importante chez les médecins, selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Une journée par semaine consacrée aux tâches administratives

Pour estimer le fardeau administratif partout au pays, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a extrapolé les chiffres de cette étude néo-écossaise, menée en 2020 en partenariat avec Doctors Nova Scotia, supposant des conditions de travail et de tâches administratives relativement uniformes au pays.

Les médecins bénéficieraient d'une réduction de la paperasse, selon la FCEI

Celle-ci a démontré que chaque médecin de la province consacre en moyenne 10,6 heures par semaine à des tâches administratives comme la rédaction de rapports médicaux, des certificats médicaux, la facturation et l'audit, la gestion du cabinet et la participation à des réunions administratives.

Pour les médecins, cela représente plus d’une journée de travail par semaine et pour le système canadien, 55,6 millions de consultations par an.

En Nouvelle-Écosse, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante estime que les heures consacrées aux tâches administratives superflues représentaient près de 1,7 million de consultations. Au Nouveau-Brunswick, c'est 1,2 million, dans un contexte où l’accès aux soins de santé primaire est un défi majeur pour la province.

À Terre-Neuve-et-Labrador, ce chiffre s’élève à 815 000 et 203 000 à l’Île-du-Prince-Édouard.

Plus de 150 médecins à temps complet seraient nécessaires au Nouveau-Brunswick pour effectuer ces tâches administratives. Ils seraient 103 à Terre-Neuve-et-Labrador et 26 à l’Île-du-Prince-Édouard.

Des améliorations à venir en Nouvelle-Écosse

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse s’est engagé à réduire le fardeau administratif des médecins de 10 % d’ici 2024, soit environ 50 000 heures.

Plusieurs mesures ont été prises pour tenter de faire gagner du temps aux médecins. Des formulaires redondants ou complexes ont été simplifiés, des processus désuets ont été améliorés. La province tente également de décharger les médecins des tâches qui pourraient être faites par d’autres personnes.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante qui recommande aux autres provinces de suivre l’exemple de la Nouvelle-Écosse.

La Fédération souhaite également qu’elles fassent leurs propres études pour quantifier la charge des tâches administratives pour les médecins afin de tenter de la réduire.

Correctif

Une erreur s'est glissée dans une version précédente de ce texte. Dans le graphique sur les tâches administratives des médecins, les tâches superflues (38%) étaient indiquées comme une catégorie en soi, alors qu'il s'agit plutôt de la totalité des tâches qui pourraient être effectuées par d'autres personnes (24%) ou de celles qui pourraient être éliminées (14%).

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