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COP15 : « Il y a encore beaucoup de travail à faire », admet Steven Guilbeault

Un homme parle dans un micro lors d'une entrevue dans un studio de radio.

Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cloutier

RCI

« Il y a encore beaucoup de travail à faire, et c’est normal », a déclaré le ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique jeudi matin par rapport à la COP15 sur la biodiversité. « Il reste quelque chose comme 1000 parenthèses à enlever dans le texte » pour arriver à une déclaration finale, a-t-il notamment reconnu.

Les crochets dans l’ébauche de déclaration représentent les extraits sur lesquels les négociateurs ne sont pas d’accord (nouvelle fenêtre). Ils représentent donc un des indicateurs importants permettant de savoir si les délégués des différents pays réunis sont proches d’une entente (nouvelle fenêtre).

Par exemple, voici un extrait du premier des quatre grands objectifs : [À compter de maintenant], l’extinction causée par l’homme de [toutes les espèces] [connues] [menacées] est freinée [d’ici à 2030] [d’ici à 2050], [et] le risque d’extinction est réduit [d’au moins [10] [20] [25] pour cent] d’ici à 2030 et [éliminé] [réduit [au minimum] [de 50 pour cent] [de moitié] d’ici à 2050.] [...]

L’objectif est donc d’enlever des crochets au fur et à mesure que la COP15 avance, mais plutôt que de diminuer, ils ont augmenté depuis vendredi dernier, soit depuis que les négociateurs ont commencé à discuter à Montréal.

L'objectif phare de la COP15 est d'arriver à ce que tous les pays s'engagent à protéger au moins 30 % de leurs zones terrestres et maritimes d'ici 2030 – ce qu'on appelle l'objectif « 30 x 30 ». Et à l'heure actuelle, même le « 30 % » est entre crochets dans le texte.

Pourquoi 30 %

Les scientifiques nous disent que c’est le seuil minimum – donc ce n’est pas un plafond, c’est un plancher – pour permettre à la nature de reprendre ses droits au cours des prochaines décennies, a expliqué le ministre Guilbeault, ajoutant que le Canada est en voie de protéger 25 % de nos terres et de nos océans d’ici 2025 et on se dirige vers 30 % en 2030.

Steven Guilbeault a cependant tenu à nuancer l’ampleur de ces crochets : Il y en avait 1800 il y a quelques mois de ça, alors on progresse, a-t-il soutenu en entrevue à l’émission Tout un matin, sur les ondes d’ICI Première (nouvelle fenêtre).

Les négociateurs ont encore jusqu’au 19 décembre pour arriver à une déclaration finale. Ainsi, chaque heure compte. On estime qu’on a besoin probablement d’un autre 60 heures de négociation pour arriver à un texte qui est assez en forme pour être présenté aux ministres, a expliqué à La Presse canadienne Basile Van Havre, coprésident du groupe de travail sur le cadre mondial de la biodiversité.

Toutefois, la situation n'inquiète pas Basile Van Havre pour l'instant. Je vois beaucoup d'articles où on est très proche de la solution. Il s'agit que les négociateurs arrivent avec un petit peu plus de flexibilité. Ce n'est pas des choses insolubles, pas du tout.

Mais à son avis, les crochets entourant la cible de 30 % risquent d'être parmi les derniers à être enlevés : Je m'attends à ce que beaucoup de pays veuillent s'assurer que les ressources pour mettre en place cette cible-là soient réglées avant d'être d'accord avec cette cible.

Greenpeace déploie une banderole au centre-ville de Montréal

Jeudi matin, des militants écologistes de Greenpeace ont installé une banderole sur le nouvel anneau de la Place Ville-Marie au centre-ville de Montréal. D’une dimension de 7 mètres par 14 mètres, la banderole montrait, d’un côté, des animaux et, de l’autre, les squelettes de ces mêmes animaux afin de dénoncer le déclin de la biodiversité. Elle est restée accrochée de 7 h 30 à 9 h.

Des militants de Greenpeace en train d'installer la bannière dans l'anneau de la Place Ville-Marie.

Greenpeace voulait presser les dirigeants de prendre des décisions pour la biodiversité lors de la COP15 qui se tient à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Ivanoh Demers

Devant le scepticisme de certains militants, le ministre Steven Guilbeault a dit avoir bon espoir que les conférences internationales sont importantes et font avancer les choses en matière d’environnement.

Si on fait un parallèle avec les changements climatiques, il y a un an, les scientifiques nous disaient qu’on se dirigeait vers un réchauffement climatique de l’ordre de 4 à 5 °C [...] Or, lors de la dernière conférence, celle en Égypte, l’ONU nous a dit qu’on se dirige maintenant vers un réchauffement de 1,7 à 2,4 °C. C’est encore trop, mais c’est beaucoup moins.

Et est-ce que c’est parce qu’il y a 10 ans les scientifiques se trompaient? Non, c’est parce que collectivement on a pris le taureau par les cornes et on a commencé de plus en plus à mettre en place des mesures contre les changements climatiques.
Une citation de Steven Guilbeault, ministre canadien de l'Environnement et du Changement climatique

Ancien militant écologiste lui-même, il a même déclaré que ces manifestations sont nécessaires. Dans une démocratie, on a besoin d’une diversité d’action. On a besoin d’une société civile vibrante, active, qui fait pression sur les gouvernements.

Et c’était justement l’objectif de Greenpeace jeudi matin avec sa bannière, faire pression pour que des décisions importantes soient prises durant la COP15, selon Marie-Josée Béliveau, chargée de campagne Alimentation et nature à Greenpeace Canada.

Il faut vraiment un changement de paradigme, a-t-elle dit en entrevue à RDI. Il va falloir faire des sacrifices au niveau du développement, sinon on s'en va dans un mur.

C’est correct au Canada qu’on ait des manifestations. Et on peut s'entendre que, si on avait été en Chine, ce genre de choses aurait été peu probable.

La COP15 devait avoir lieu en Chine en 2020, mais l’événement avait été reporté à plusieurs reprises en raison de la pandémie de COVID-19 et a finalement été déplacé à Montréal.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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