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Le tueur en série présumé de Winnipeg aurait menacé de mort d’anciennes conjointes

L’homme de 35 ans est accusé des meurtres de Rebecca Contois, Morgan Beatrice Harris, Marcedes Myran et d'une femme non identifiée surnommée Buffalo Woman. Aucune des allégations contre Jeremy Skibicki n'a été prouvée en cour.

Jeremy Skibicki regarde la caméra, à l'extérieur.

Jeremy Skibicki fait face à quatre chefs d'accusation de meurtre au premier degré en lien avec la mort de Rebecca Contois, de Morgan Beatrice Harris, de Marcedes Myran et d'une quatrième femme qui n'a pas été identifiée.

Photo : Facebook/Jeremy Skibicki

RCI

Le tueur en série présumé Jeremy Skibicki a menacé de tuer deux anciennes compagnes au cours des sept dernières années, selon des documents judiciaires.

Avertissement : Certains détails de ce texte peuvent choquer ou réveiller des traumatismes chez certains lecteurs. Du soutien en santé mentale est disponible au 1-866-585-0445, 24  heures sur 24.

En juin 2015, l'homme de Winnipeg, désormais accusé de meurtre au premier degré de quatre femmes autochtones, a été reconnu coupable d'avoir agressé sa conjointe. Après avoir passé environ deux mois en prison, il s'est vu imposer deux ans de liberté surveillée.

Selon des documents judiciaires, il a saisi sa conjointe enceinte par les cheveux et lui a assené plusieurs coups de poing au visage, puis il a tenté de l'étrangler. Il lui a ensuite dit qu'il la tuerait si elle appelait la police.

La femme a demandé une ordonnance de protection la même année, mais celle-ci a été refusée pour des motifs obscurs. Dans sa demande, elle disait qu'elle craignait qu'il ne s'arrête pas avant [qu'elle soit] morte.

Les conditions de probation de Jeremy Skibicki exigeaient cependant qu'il reste éloigné et qu'il n'entre pas en contact avec elle pendant deux ans.

Il m'a dit qu'il me mettrait dans un sac à ordures

Quatre ans plus tard, une autre femme, son ex-épouse, a réussi à obtenir une ordonnance de protection contre lui, alléguant dans sa demande et lors de l'audience qui avait suivi qu'elle avait subi plusieurs agressions de sa part et qu'il avait menacé de la tuer.

Il a suggéré qu'il me tuerait ou que d'autres membres de gangs m'enlèveraient et me tortureraient. Il m'a dit qu'il me mettrait dans un sac à ordures, a-t-elle écrit dans sa demande d'ordonnance de protection.

Il y a également eu un arrêt des procédures judiciaires pour une accusation d'agression contre Jeremy Skibicki. La mère de son ex-femme affirme que c'était pour avoir attaqué sa fille, qui est Métisse, en janvier 2021.

CBC/Radio-Canada ne donne pas le nom des femmes parce qu'elles sont victimes de maltraitances. Toutes deux se définissent comme Autochtones.

Mariage sous l'influence d'une substance

Lors d'une audience tenue le 14 décembre 2021 à la cour provinciale du Manitoba, celle qui était sa femme a parlé de son sentiment de peur et a allégué qu'il avait menacé de nuire à sa famille et de tuer son fils, selon des documents judiciaires.

Jeremy Skibicki a rencontré cette femme au refuge Siloam Mission, à Winnipeg, en février 2018, où elle attendait un lit, selon sa mère.

Celle-ci raconte que le tueur en série présumé aurait offert à sa fille de l'héberger et qu'ils se sont mariés moins d'un an plus tard.

Le jour de leur mariage, la femme était sous l'influence d'une substance, selon une transcription de l'audience de l'ordonnance de protection en septembre 2019. Quatre jours plus tard, elle est allée en cure de désintoxication à cause de sa consommation de méthamphétamine.

Fantasmes violents

Durant cette audience, son ex-femme a déclaré qu'elle prenait des médicaments le soir pour s’endormir, et qu'il en profitait pour la violer pendant qu'elle dormait. Je me réveillais avec mes sous-vêtements baissés et il m’a transmis une maladie sexuellement transmissible. C’est comme ça que je me suis rendu compte [de ce qu'il faisait], a-t-elle affirmé lors de l’audience.

Selon la demande d'ordonnance de protection, Jeremy Skibicki avait déjà essayé de l'étouffer en lui mettant un oreiller sur le visage.

À une autre occasion, il l'aurait forcée à rester dans leur appartement pendant quatre jours, a aussi déclaré son ex-femme.

Jeremy Skibicki a nié ces accusations et il soutenu que sa femme n'était pas saine d'esprit.

Dans sa demande d'ordonnance de protection datant de 2015, son ex-femme avançait qu'il exprimait des fantasmes violents.

Jeremy a admis avoir fantasmé sur le fait de me violer, puis de m'étouffer jusqu'à ce que je sois morte. Il m'avait couvert si fort que mes dents se sont mises à saigner, a-t-elle dit.

Toujours en 2015, Jeremy Skibicki a été reconnu coupable d'avoir agressé sa conjointe. Il lui a présenté des excuses lors d'une audience. C’est une chose à laquelle je pense tous les jours. J’ai failli me suicider après ce qui est arrivé. Je pensais que c’était le châtiment approprié pour ce que j’avais fait, avait-il déclaré.

J’ai vraiment besoin d’aide.
Une citation de Jeremy Skibicki, lors d’une comparution au tribunal en 2015

Dans cette affaire, on lui a ordonné de participer à des séances de gestion de la colère et de suivre une thérapie en matière de violence conjugale.

Avec des informations de Rachel Bergen

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