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« Pas d’entente sans nous », affirment des Autochtones du monde entier à la COP15

Des Autochtones du monde entier réunis à la COP15 à Montréal.

(De gauche à droite) Viacheslav Shadrin de la Russie, Aslak Holmberg de la Finlande, Lakpa Nuri Sherpa du Népal, Lucy Mulenkei du Kenya et Ramiro Batzin du Guatemala.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Gabrielle Paul

Des Autochtones provenant de toutes les régions du monde, rassemblés à la 15e Conférence des parties à la Convention sur la biodiversité des Nations unies (COP15), comptent bien faire valoir que la sauvegarde de la biodiversité va de pair avec la reconnaissance de leurs droits et de leurs manières de vivre.

En respectant nos territoires, nos connaissances et nos contributions, le Cadre mondial de la biodiversité et ses objectifs réussiront à garantir à ce que l’humanité vive en harmonie avec la nature, a souligné en conférence de presse Ramiro Batzin, membre du peuple Kaqchikel au Guatemala et coprésident du Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité (IIFB).

M. Batzin était accompagné d’autres représentants autochtones de l’Afrique, de l’Arctique, du Pacifique, des Caraïbes et de l’Asie.

Ces représentants membres de l’Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité espèrent que le Cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020, le projet d’entente discuté à Montréal (nouvelle fenêtre), en fasse davantage pour prendre en compte les voix autochtones.

La mise en œuvre du Cadre émergeant de la COP15 devra se faire avec une approche fondée sur les droits de l'homme et en particulier les droits autochtones, souligne de son côté la seconde co-présidente de l’Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité, Lucy Mulenkei du peuple Maasai du Kenya.

De nombreuses études l’ont démontré : nos territoires accueillent la biodiversité la plus riche, rappelle Lakpa Nuri Sherpa, du Népal, membre du Forum.

Pour des peuples protégeant 80 % de la biodiversité mondiale, nous ne recevons que très peu de soutien, se désole-t-il. On s’attend à beaucoup mieux du Cadre.

Les droits des peuples autochtones doivent être vus comme des solutions et non comme des barrières.
Une citation de Lakpa Nuri Sherpa, membre du Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité

En tant que peuples autochtones, nous sommes les gardiens de nos terres, territoires et eaux depuis des millénaires et avons une profonde interaction avec les écosystèmes où nous vivons, affirme Viacheslav Shadrin, du peuple Yukaghir en Sibérie orientale.

Et nous sommes ici pour partager nos solutions aux peuples de l'ensemble de la planète, ajoute-t-il.

Si les membres de l’Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité sentent le besoin de rappeler l’importance de leur implication dans l'élaboration du Cadre, c’est que leurs droits sont trop souvent ignorés ou violés partout à travers le monde.

Quelque chose de beaucoup trop commun chez les Autochtones, c'est la criminalisation de nos façons de vivre traditionnelles, souligne Aslak Holmberg, Saami de la Finlande, citant en exemple l'adoption d'une loi dans son pays empêchant la pêche sur son territoire traditionnel.

Dans certains endroits, les protecteurs de la terre autochtones paient de leur vie, tient à souligner Ruth V. Spencer d'Antigua-et-Barbuda dans les Caraïbes.

Chez nous, ceux qui osent parler contre des projets d'exploitation sont intimidés et menacés, dit-elle. En Amérique latine et ailleurs, des militants autochtones sont tués. Défendre la terre, c'est souvent mettre sa vie en péril.

Gabrielle Paul

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