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Des travailleurs mexicains du Club Med demandent l’intervention de leur consulat

L'extérieur d'un hôtel dans la montagne, avec des teintes de gris.

Le Club Med de Charlevoix

Photo : Radio-Canada

Marika Wheeler
Félix Morrissette-Beaulieu

Des travailleurs temporaires mexicains du Club Med Québec Charlevoix ont eu deux rencontres avec des représentants du consulat général du Mexique à Montréal et lui ont fait parvenir une lettre où ils réclament notamment de l'aide psychologique et d'être mieux informés de leurs droits.

Dans la lettre datée du 1er décembre et écrite en espagnol par le groupe Latinos en Charlevoix, des travailleurs formulent une liste de six demandes.

Ils souhaitent notamment du soutien juridique, de même que l'intervention du consulat auprès du Club Med pour la délivrance de contrats et de permis de travail.

Ils veulent également de l'aide pour comprendre les tenants et aboutissants de leur statut juridique en tant qu'employés.

Finalement, le groupe demande des services psychologiques pour ses membres et revendique la protection des garanties accordées par la Déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Veiller au respect de la vie et la dignité de ces personnes-là

Le 28 novembre dernier, Radio-Canada révélait des témoignages de travailleurs temporaires qui se disaient victimes de discrimination au Club Med (nouvelle fenêtre). L'enquête mettait en lumière un traitement salarial inégal entre des Canadiens et des Mexicains, ainsi qu'une forte pression pour accomplir des heures supplémentaires.

Le syndicat des employés du Club Med, les Teamsters, confirme d'ailleurs qu'un grief relatif à l'équité salariale a été déposé.

On a profité justement de cet article qui était déjà là pour mettre de l'avant des choses que les [employés] nommaient déjà, faisaient part des fois à certains organismes, souligne Dulce Maria Sanchez Vivar.

La dame d'origine mexicaine représente les Latinos en Charlevoix, un regroupement composé d'une centaine de personnes qui vise l'intégration des nouveaux arrivants dans la région.

Dulce Maria Sanchez Vivar.

Dulce Maria Sanchez Vivar

Photo : Radio-Canada

Depuis plusieurs semaines, le regroupement travaille au respect des droits des travailleurs mexicains au Club Med de Charlevoix.

On a convoqué une réunion vendredi dernier avec quelques instances gouvernementales pour tenter de faire une présentation, un portrait général, de combien de personnes nous parlons, qui sont ces gens-là, témoigne Mme Sanchez Vivar.

Parmi les participants se trouvaient une représentante du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, une autre du bureau de comté de la députée fédérale Caroline Desbiens et un agent des services aux nouveaux arrivants de Charlevoix–Côte-de-Beaupré.

C'est pas moi, en tant que citoyenne, qui vais réussir à tout faire. Donc, on fait appel aux organismes communautaires, aux gouvernements aussi. On fait appel à toutes les cliniques d’aide juridique ou de santé mentale qui peuvent soutenir ces gens-là dans tout le processus, qui ne fait que commencer, lance Mme Sanchez Vivar.

Mme Desbiens confirme pour sa part qu’un représentant a participé à titre d’observateur et explique que son bureau peut assister des citoyens et des citoyennes dans leurs démarches auprès d’Immigration Canada, mais qu’aucune demande n’a été faite en ce sens par des travailleurs du Club Med.

Nous demeurons en contact avec le groupe et le milieu, mais au moment où on se parle les principales revendications visent des relations de travail entre l’employeur et les employés. Celles-ci sont régies par des lois du gouvernement du Québec sous la responsabilité de la CNESST et de la Commission des normes du travail. Toutefois, il va sans dire que chaque travailleur et travailleuse a droit au respect de leurs conditions de travail, un milieu d'emploi sécuritaire et des conditions équitables, a fait savoir la députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Caroline Desbiens.

Mme Sanchez Vivar demande au consulat de veiller au respect de la vie et la dignité de ces personnes-là.

Ils ont peur. Ils craignent et sont complètement subordonnés à leur employeur. Ils sont dépendants en termes de salaire, de logement et de vie sociale. Sachant qu'il n'y a pas de transport collectif dans Charlevoix, toute leur vie, du matin jusqu'au soir, dépend de [l’entreprise].
Une citation de Dulce Maria Sanchez Vivar, Latinos en Charlevoix

Les autorités mexicaines informées

Le consulat général du Mexique à Montréal dit avoir pris connaissance de la situation de certains de ses ressortissants dans Charlevoix.

Le consulat mexicain et les autorités provinciales compétentes travaillent à trouver la meilleure solution à la faveur des travailleurs, peut-on lire dans une courte déclaration écrite envoyée mercredi.

Marika Wheeler, journaliste à Radio-Canada.
Marika Wheeler
Félix Morrissette-Beaulieu, journaliste
Félix Morrissette-Beaulieu

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