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La Banque du Canada porte son taux directeur à 4,25 %

Il s’agit de la septième hausse de suite décrétée par la banque centrale en 2022.

Siège social de la Banque du Canada.

La Banque du Canada essaie de ramener l'inflation dans une fourchette qui varie de 1 % à 3 % par année.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

RCI

La Banque du Canada décrète une septième hausse d'affilée de son taux directeur en 2022, cette fois-ci de 50 points de base, ce qui le porte à 4,25 %.

L’inflation reste élevée et généralisée à l’échelle du globe. La croissance économique mondiale ralentit, bien qu’elle se montre plus résiliente qu’anticipé, peut-on lire dans le communiqué de la Banque du Canada.

La banque centrale a commencé à augmenter son taux directeur en mars 2022, après environ deux ans sans le modifier. Son objectif : ramener l’inflation dans une fourchette de 1 % à 3 % annuellement.

Après avoir atteint un sommet à 8,1 % sur une base annuelle en juin (nouvelle fenêtre), l’inflation a progressivement reculé au cours des derniers mois et a pointé à 6,9 % en octobre (nouvelle fenêtre), soit le même niveau que celui mesuré en septembre.

Et la banque centrale semble croire que son initiative est sur la bonne voie. Même si les exportations de produits de base ont été vigoureuses, plus de signes montrent que le resserrement de la politique monétaire freine la demande intérieure : la consommation s’est modérée au troisième trimestre, et l’activité sur le marché du logement ralentit encore, écrit-elle.

Si l’inflation s’est maintenue à 6,9 % en octobre et que les mesures de l’inflation fondamentale restent autour de 5 %, leurs taux de variation sur trois mois ont toutefois baissé, signe précoce que les pressions sur les prix pourraient être en train de s’alléger.

La banque centrale avait d'ailleurs surpris plusieurs prévisionnistes en annonçant une hausse de 50 points de base de son taux directeur en octobre, plutôt que les 75 points de base attendus, pour porter ce taux à 3,75 %.

Beaucoup de gens s’attendaient à une hausse de 0,75 % et la Banque a augmenté de 0,50 %, avait indiqué l’économiste Daniel Denis en octobre. Je pense que la Banque commence à être sensible à l’impact de sa politique.

La banque centrale appelle toutefois à la prudence et estime que l’inflation est encore trop forte et les attentes d’inflation à court terme demeurent élevées.

Elle reste elle-même précautionneuse et ne promet pas de cesser la hausse de son taux directeur prochainement : À l’avenir, le Conseil de direction évaluera s’il est nécessaire de relever encore le taux directeur pour ramener l’offre et la demande en équilibre et l’inflation à la cible. Il continue d’analyser l’efficacité du resserrement de la politique monétaire pour ralentir la demande, la résolution des problèmes d’approvisionnement et la réaction de l’inflation et des attentes d’inflation.

L'inflation et la hausse du taux directeur ont des conséquences importantes sur les ménages canadiens. L'épicerie, l’essence, le logement, tout coûte plus cher qu’il y a trois ans (nouvelle fenêtre). Les banques alimentaires partout au Canada font face à une demande record et à une augmentation de leur clientèle (nouvelle fenêtre).

Nouvelle hausse du taux directeur : les explications d'Olivier Bourque

Dans la pratique, qu'est-ce que cette hausse signifie pour vous?

Tout emprunt coûte plus cher de 0,5 % à partir d'aujourd'hui. Les prêteurs refilent toujours l'entièreté des hausses annoncées par la Banque du Canada, que ce soit pour un prêt auto, une marge de crédit, des prêts personnels et des prêts hypothécaires.

Parlons automobile. Votre véhicule tombe en ruine et vous souhaitez le remplacer au cours des prochaines semaines? Ce matin, sur les sites web des différents fabricants, les taux annuels de financement variaient de 3,49 % à 8,09 % pour des termes allant de 60 à 84 mois. Il faudra ajouter 50 points de base à ces taux. L'époque des prêts à un taux annuel inférieur à 2 % est révolue. C'est sans compter les difficultés des chaînes d'approvisionnement des concessionnaires.

Parlons maintenant habitation. Si vous avez un prêt à taux variable, il augmentera également de 50 points de base d'ici la fin de la journée. Dans le cas des prêts variables, si votre paiement est protégé, vous continuerez de verser le même montant, mais vous paierez davantage d'intérêts. Et inévitablement, votre paiement hypothécaire sera appelé à augmenter au moment de renouveler votre prêt parce que votre capital restant à payer sera plus élevé que ce qui était originalement prévu quand vous avez contracté votre prêt.

Petit exemple : un prêt hypothécaire variable de 300 000 $ à 2 % en début d'année coûtait mensuellement 1270 $. Le même prêt, maintenant à 5 %, coûte dorénavant 1744 $ par mois.

Si vous avez un prêt fermé, il est possible que vous deviez le renouveler à un taux plus élevé.

Enfin, les taux de votre marge de crédit et de vos prêts personnels seront majorés de 0,5 %, ce qui gonflera vos paiements.

Vers une récession mondiale?

La Banque du Canada estime que la croissance va essentiellement stagner jusqu’à la fin de l’année et durant la première moitié de 2023.

Dans une analyse publiée à la mi-novembre, Desjardins avançait qu’une récession mondiale semblait de plus en plus probable en 2023.

Par exemple, l’institution estimait que le rebond de l’économie américaine au troisième trimestre allait être rapidement menacé par les effets des hausses des taux d’intérêt. De plus, la forte poussée inflationniste en Europe, nourrie par la hausse des coûts de l’énergie, devra être contrecarrée par d’importantes hausses des taux d’intérêt, ajoutait la coopérative.

Desjardins écrivait également que la Réserve fédérale des États-Unis n’en avait pas fini avec son resserrement monétaire. Les investisseurs qui s’attendaient à un retournement de la part de la Fed à la rencontre du 2 novembre ont été déçus. Cette dernière a ouvert la porte à un ralentissement du rythme de ses hausses de taux, mais le président de la Fed, Jerome Powell, a pris soin de préciser en conférence de presse qu’il était prématuré de penser à une pause dans la remontée des taux.

Avec la collaboration d'Olivier Bourque

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