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Le gouvernement canadien sanctionne trois riches Haïtiens

Une jeune femme avec un sac sur la tête, au milieu de la rue.

Des habitants du quartier de Delmas, à Port-au-Prince, déplacés à cause des affrontements violents à Cité Soleil, qui ont fait plus de 200 morts cet été.

Photo : Reuters / Ralph Tedy Erol

RCI

Le Canada s’apprête à imposer de nouvelles mesures au régime en Haïti, dont « l’élite économique » est accusée de soutenir financièrement et sur le plan opérationnel des gangs armés.

Ces dernières sanctions, annoncées par la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, visent trois personnes très en vue : Gilbert Bigio, un homme d’affaires milliardaire, Reynold Deeb et Sherif Abdallah. Ils se voient infliger une interdiction de transactions, ce qui aura pour effet de geler tous leurs avoirs canadiens.

Le Canada a des raisons de croire que ces personnes utilisent leur statut de membres très en vue de l’élite économique en Haïti pour protéger et permettre les activités illégales de gangs criminels armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption.
Une citation de Extrait du communiqué d'Affaires mondiales Canada

Ottawa ajoute que ces gangs terrorisent les populations vulnérables haïtiennes et précipitent une crise humanitaire dans le pays. Ils commettent des violences sexuelles et perturbent l’acheminement de l’aide humanitaire.

Une nouvelle salve de sanctions

C’est un nouveau paquet de mesures qui vient s’ajouter aux précédentes imposées par Ottawa ces dernières semaines.

Le 4 novembre, le gouvernement avait annoncé des sanctions contre deux politiciens, le président du Sénat, Joseph Lambert, et l’un de ses prédécesseurs à ce poste, Youri Latortue. Mélanie Joly avait alors affirmé qu’Ottawa visait ces deux personnes pour briser le lien entre l’élite politique et les gangs armés.

Youri Latortue en entrevue à Radio-Canada.

L'ex-président du Sénat haïtien, Youri Latortue, en entrevue à Radio-Canada

Photo : Radio-Canada

Le 19 novembre, dans une nouvelle salve annoncée au Sommet de la Francophonie de Djerba, Ottawa visait le sénateur Rony Célestin, l’ancien sénateur Hervé Fourcand ainsi que l’ancien président de la Chambre des députés, Gary Bodeau.

Le lendemain, le Canada sanctionnait trois membres de la classe politique : l’ex-président Michel Martelly ainsi que les anciens premiers ministres Laurent Lamothe et Jean Henry Céant.

Michel Martelly regarde l'objectif de l'appareil photo, tandis qu'on voit une foule en arrière-plan.

Michel Martelly, l'ancien président d'Haïti

Photo : The Associated Press / Ricardo Arduengo

Une crise multiforme

La hausse du prix de l’essence, cet été, avait mis le feu aux poudres et déclenché des pillages et des manifestations.

En septembre, Haïti avait demandé de l’aide de la communauté internationale face au chaos qui y règne et que la police du pays ne parvient pas à juguler.

La crise de la sécurité se double d’une explosion des cas (nouvelle fenêtre) de choléra. La lutte contre la maladie a été contrecarrée par le blocage du principal port d'Haïti par des bandes armées, qui ont empêché les livraisons de carburant dans l'île.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait approuvé fin octobre un régime de sanctions contre les bandes criminelles haïtiennes qui contrôlent l’accès aux denrées essentielles comme l’eau, la nourriture et le pétrole.

Ottawa a annoncé le mois dernier une aide de 16,5 millions de dollars pour aider le pays face à la corruption et contre le choléra.

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