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Haroun Bouazzi : de banquier aux banquettes de Québec solidaire

Le député solidaire de Maurice-Richard Haroun Bouazzi aux côtés du co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Le député solidaire de Maurice-Richard Haroun Bouazzi aux côtés du co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pierre-Alexandre Bolduc, journaliste à Radio-Canada.
Pierre-Alexandre Bolduc

Depuis la rentrée parlementaire, Québec solidaire (QS) talonne le gouvernement non pas sur la crise climatique, mais bien au sujet de l’inflation et de la hausse du coût de la vie. Le parti est à la recherche d'une crédibilité en matière économique. Et cette quête repose en grande partie sur les épaules du nouveau député Haroun Bouazzi. Il devra porter ce dossier face à la Coalition avenir Québec (CAQ) et à ses ministres financiers et comptables de formation.

Haroun Bouazzi est installé derrière son bureau dans une pièce fraîchement repeinte à l’Assemblée nationale lorsqu'on le rencontre. Le nouveau député solidaire de Maurice-Richard n’a que son ordinateur devant lui et rien d'autre. Tout est nouveau, tout est à apprendre. Parce qu'Haroun Bouazzi arrive d’un autre monde. Celui des banques.

J’ai effectivement beaucoup baissé mon salaire, lance Haroun Bouazzi en riant un peu. Moi, les questions d’injustice sociale me rendent malade.

L’homme de 43 ans a laissé derrière lui un emploi confortable à la Banque de développement du Canada (BDC), où il travaillait depuis 16 ans, pour se lancer en politique et représenter une économie de gauche qui veut lutter contre les inégalités. L’ingénieur de formation a aussi œuvré dans le domaine de l’aérospatiale.

Pour Québec solidaire, il amène des connaissances et une crédibilité économique dont le parti a bien besoin.

Il y a une question de perception à faire avancer.
Une citation de Haroun Bouazzi, député solidaire de Maurice-Richard

Parce que le premier ministre François Legault l’a souvent répété, d’après lui, Québec solidaire pense que l’argent pousse dans les arbres.

En campagne électorale, la formation de gauche a aussi eu à traîner le boulet de ses propositions économiques qualifiées à répétition de taxes orange par la Coalition avenir Québec.

On pense que les gens ne nous connaissent pas assez, explique le député solidaire. Je comprends que ça prend du temps et puis on a des idées nouvelles qui parfois peuvent bousculer la société. C’est correct.

Haroun Bouazzi compte s’appuyer sur son expérience à la Banque de développement du Canada et sur les travaux d’économistes connus, y compris des Prix Nobel d’économie, pour talonner le gouvernement sur ses politiques économiques qu’il juge irresponsables [...] même basées sur une idéologie de droite.

Pas de chèques et des mesures plus ciblées

Nous, on n'aurait pas donné des chèques, lance d’emblée Haroun Bouazzi en faisant référence aux montants de 400 $ à 600 $ que le gouvernement octroie ces jours-ci aux Québécois, selon leur revenu, pour les aider avec une inflation qui frise les 7 % depuis plusieurs mois.

Quelqu’un qui gagne 90 000 $ et dont l’époux ou l’épouse gagne un demi-million de dollars va quand même recevoir un chèque, donne en exemple le député de Maurice-Richard. On pense qu’en période d’inflation, ce n'est pas très responsable!

Québec solidaire aurait plutôt doublé le crédit d’impôt pour solidarité, qui est un crédit d’impôt remboursable qui vise à venir en aide aux ménages à faible revenu ou à moyen revenu, selon Revenu Québec.

Quand je vois que 50 % des aînés de plus de 65 ans vivent en dessous du revenu viable… Quand on voit que les banques alimentaires ont donné plus de 2,2 millions de repas en un mois, c’est terrible! s’insurge Haroun Bouazzi.

Québec solidaire martèle qu’au lieu de limiter la hausse des tarifs gouvernementaux à 3 %, tous les tarifs de l'État devraient être gelés.

Haroun Bouazzi compte aussi demander au gouvernement de réglementer les hausses de loyers, de diminuer les coûts pour le transport en commun et de hausser le salaire minimum pour donner de l’air aux familles dans le besoin.

Pierre-Alexandre Bolduc, journaliste à Radio-Canada.
Pierre-Alexandre Bolduc

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