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L’amendement proposé à C-21 ne prive pas les chasseurs, estime PolySeSouvient

Gros plan de Nathalie Provost devant une pancarte sur laquelle on peut lire : « interdisons les armes d'assaut ».

Nathalie Provost, survivante de la fusillade de Polytechnique et membre du collectif PolySeSouvient.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

RCI

Pour Nathalie Provost, porte-parole de PolySeSouvient, les nouvelles modifications apportées par le gouvernement Trudeau au projet de loi C-21 ne viennent pas interdire les « armes raisonnables de chasse ». Et ces interdictions, bien que tardives, sont tout sauf une surprise.

La survivante de la tuerie de Polytechnique s’indigne des réactions du lobby proarmes à l'égard du nouvel amendement : [Dans les modifications,] il n’y a pas d’interdiction des armes raisonnables pour la chasse! […] On s’est enflammé, on veut le modèle le plus puissant et c’est ce qui fait que le lobby des armes dit que c’est très injuste pour les chasseurs.

L'amendement vient ajouter des armes d’épaule à la liste des armes interdites.

Il contient une clause qui interdit tout fusil ou fusil de chasse susceptible d’accepter un chargeur de plus de cinq cartouches, ainsi que les armes d’épaule qui peuvent générer plus de 10 000 joules d’énergie. Pour les opposants au projet de loi, de nombreux fusils conçus pour les chasseurs (nouvelle fenêtre), et non pour des soldats, en font partie.

Un étalage de fusils de chasse.

Un étalage de fusils de chasse chez un marchand.

Photo : Radio-Canada

Un amendement déposé de manière maladroite

Nathalie Provost reconnaît que le gouvernement n’a pas été des plus habiles dans la manière de déposer l’amendement.

Le gouvernement libéral a proposé des modifications au projet de loi après son adoption en deuxième lecture, ce qui a suscité des plaintes d’une partie des députés de l’opposition.

Mais pour la porte-parole de PolySeSouvient, ces changements étaient déjà en vue depuis ce printemps : C’était clair qu’il y aurait un amendement plus complet. […] Il est arrivé tard. C’est peut-être maladroit la manière [avec laquelle il a été ajouté], mais on savait qu’il allait arriver.

Elle est aussi revenue sur une publication de Carey Price, sur Instagram, mise en ligne ce week-end. Le gardien de but du Canadien de Montréal a voulu prendre part au débat autour du projet de loi en publiant une photo de lui avec un fusil de chasse semi-automatique et un message où l’on pouvait lire : Je ne suis pas un criminel ni une menace pour la société. Pour la survivante de la tuerie de Polytechnique, ce message ajoute beaucoup de confusion.

Mme Provost rejette aussi vivement la tournure prise par le débat actuel autour du projet de loi, notamment l’utilisation (nouvelle fenêtre) d’un code promotionnel Poly, à l’initiative de la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu, pour des armes vendues sur son site web.

C’est un grand manque de respect. […] C’est presque pervers, ça n’a pas de sens, les gens le sentent bien.
Une citation de Nathalie Provost, porte-parole de PolySeSouvient

Des changements largement contestés

Les voix conservatrices ne sont pas seules à dénoncer les modifications proposées au projet de loi. Le NPD, par la voix du député Charlie Angus, dont la circonscription comprend de nombreuses Premières Nations éloignées, estime que l’amendement est sorti de nulle part. Pour l'élu, cette nouvelle législation va trop loin et inquiète beaucoup de gens qui sont des propriétaires légitimes d’armes à feu.

La Fédération nationale de police (FNP) a décrit le projet de loi C-21 dans son ensemble comme une occasion manquée de réduire les crimes commis avec des armes à feu.

Mais selon Francis Langlois, membre de l’observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand et spécialiste des armes à feu, l’amendement ne manque pourtant pas sa cible. Il y a une grande quantité d’armes à feu qui sont des versions civiles d’armes d’assaut, considérées comme des armes de chasse, mais qui n’en sont pas.

Le comité permanent de la sécurité publique et nationale étudie le projet de loi C-21.

Avec les informations d'Evan Dyer, de CBC

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