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Les prix des aliments continueront d’augmenter en 2023, selon un rapport

Les auteurs du Rapport annuel sur les prix alimentaires prévoient qu'en 2023, une famille de quatre personnes aura une dépense annuelle en nourriture qui pourrait s'élever jusqu'à 16 288,41 $, soit 1065,60 $ de plus qu’en 2022.

Femme poussant un panier d'épicerie.

En moyenne, une famille canadienne de quatre personnes a dépensé plus de 15 000 $ en aliments en 2022.

Photo : Radio-Canada

Charles Le Bourgeois
Charles Le Bourgeois

Le coût des aliments au Canada a augmenté plus que prévu en 2022, et la hausse des prix se poursuivra en 2023. Ils progresseront de 5 à 7 %, selon les estimations du dernier Rapport annuel sur les prix alimentaires publié lundi par l'Université Dalhousie, l'Université de Guelph, l'Université de la Colombie-Britannique et celle de la Saskatchewan.

Dans le détail, ce sont les prix des légumes qui devraient augmenter le plus avec une hausse de 6 à 8 %. Le coût des pâtisseries, des produits laitiers et de la viande pourrait progresser de 5 à 7 %, tandis que les prix des fruits grimperaient de 3 à 5 %.

Pour l'année 2023, le rapport prévoit qu’une famille de quatre personnes aura une dépense annuelle en aliments jusqu'à 16 288,41 $, soit 1065,60 $ de plus qu’en 2022.

Sacrifices dans les familles

Julie Heyland, une mère de trois enfants de Calgary, constate que ses factures d'épicerie sont 15 % plus élevées avec la hausse de l'inflation. Elle explique devoir ajuster son mode de consommation et d'alimentation.

Normalement, j'adore les gâteaux de Noël, mais cette année je ne ferai pas de pâtisseries, car 6 $ [pour] 450 grammes de beurre, c'est juste trop cher. Ça m'attriste, mais je ne sais pas quoi faire d'autre.

Nous mangeons beaucoup moins de viande et nous surveillons davantage les réductions au supermarché, explique-t-elle, précisant manger plus de pâtes et de riz pour dépenser moins.

Pour faire face au coût de la vie, Mme Heyland utilise aussi des applications mobiles qui vendent des aliments proches de la date de péremption à moindre coût.

C’est frustrant de dépenser beaucoup plus sans avoir davantage de nourriture.
Une citation de Julie Heyland, mère de famille

J’espérais que ça baisse l'année prochaine. Ça fait peur, nous allons devoir faire plus d'ajustements, se désole Mme Heyland qui a déjà dû couper dans son budget, et notamment dans les activités sportives de ses enfants.

Nous espérions avoir de meilleures nouvelles pour les Canadiens, compte tenu des difficultés connues en 2022, mais nos prévisions nous montrent une autre histoire, renchérit Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l'Université Dalhousie.

Une lueur d’espoir

Toutefois, la hausse des prix en 2023 devrait être moins importante qu’en 2022, prévient M. Charlebois.

On croit qu'à un moment donné en 2023, le taux d'inflation général va surpasser le taux d'inflation alimentaire, dit-il, constatant que les chaînes d'approvisionnement s'améliorent, que les délais sont moins longs et que les coûts des transports diminuent. On pourra épargner à ce niveau-là.

Selon lui, les choses devraient se calmer durant la deuxième partie de l’année prochaine.

Des prédictions erronées en 2022

Le rapport de l’année dernière prévoyait une augmentation de 5 à 7 % des aliments pour l’année 2022, mais en réalité, les prix ont augmenté de 10,3 %, en date de septembre 2022.

Des augmentations de 50 % en un mois, c’est de moins en moins rare. C'est assez exceptionnel. Ça fait une vingtaine d'années qu'on surveille les prix au détail et on n'a jamais vu ça, explique Sylvain Charlebois.

Selon lui, aucun produit alimentaire n'a été épargné. Même les surgelés, qui sont habituellement des produits à prix stable, ont été touchés par la hausse des prix, note-t-il.

Concrètement, les prévisions annonçaient des dépenses alimentaires allant jusqu’à 14 767,36 $ en 2022 pour une famille de quatre personnes. En réalité, les observations indiquent que les dépenses pour cette famille s'élevaient plutôt à 15 222,80 $, soit 455,44 $ de plus que les prévisions.

Notre prédiction de 7 % d’augmentation [du prix des aliments] était considérée comme alarmiste il y a un an. Pourtant, les prix ont augmenté de 10 %.

C’est au rayon de la pâtisserie que les prix ont le plus augmenté. Ils ont progressé de 14,8 %, devant les légumes (12,7 %) et les fruits (11,4 %).

Les raisons de l'inflation

L'inflation des prix alimentaires, qui a atteint des niveaux jamais vus en 40 ans, s’explique notamment par les évènements climatiques défavorables, la guerre en Ukraine, les prix élevés du pétrole et une baisse du dollar canadien, explique Sylvain Charlebois.

Il pointe du doigt la taxe carbone, et s’interroge sur la manière dont cette politique peut affecter l’abordabilité des aliments. C’est important d'atteindre les objectifs de l'Accord de Paris, mais il ne faut pas non plus compromettre notre sécurité alimentaire et notre abordabilité alimentaire, dit-il.

Le rapport souligne par ailleurs que des répercussions continues de la pandémie de COVID-19 ont provoqué des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement ainsi que des pénuries de main-d'œuvre à travers le pays.

Avec les informations de Philippe de Montigny

Charles Le Bourgeois
Charles Le Bourgeois

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