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Hockey : des parents dénoncent un règlement de la Fédération internationale

Selon les règles de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), les joueurs doivent être transférés depuis leur pays de naissance, quel que soit leur niveau.

Un jeune joueur de hockey et sa mère.

Selon Adriana Mendoza, son fils de 10 ans, Mark Donkers, ne devrait pas avoir à soumettre une demande de transfert auprès de son pays d'origine pour pouvoir jouer au hockey au Canada.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lupton

RCI

Des parents de joueurs de hockey demandent plus d'ouverture et d'inclusion. Selon un règlement, leurs enfants ne peuvent pas continuer de jouer dans leurs équipes respectives à moins d'avoir eu un transfert de leur pays de naissance.

Mark Donkers, de Sarnia, est un enfant canadien typique qui aime le hockey.

Le garçon de 11 ans est fier de jouer pour l'équipe junior des moins de 12 ans BB Sarnia Sting.

Même s'il porte le même chandail que ses coéquipiers, celui avec le logo de l'abeille en colère, Mark Donkers s'est fait dire le mois dernier qu'il ne pouvait pas continuer à jouer dans l'équipe tant qu'il n'aurait pas fourni plus de documents, car il n'est pas né au Canada.

Mark Donkers joue au hockey depuis des années. Cette demande est arrivée une semaine avant un tournoi à Kitchener.

Il est né au Mexique et est venu au Canada avec sa mère d'origine mexicaine, Adriana Mendoza, quand il avait un an.

Son père est Canadien. Mark Donkers et sa mère sont citoyens canadiens depuis plus de 10 ans.

Mark a été pris de court par une règle de la Fédération internationale de hockey sur glace, l'instance dirigeante du hockey international, basée à Zurich.

L'Fédération internationale de hockey sur glace compte le Canada parmi ses 83 associations membres.

La règle exige que les joueurs de tous âges qui se trouvent dans les nations membres obtiennent un transfert de leur pays de naissance vers le pays où ils prévoient vivre et jouer au hockey.

Sans ce transfert, les joueurs nés à l'extérieur du Canada ne peuvent être sur la liste d'une équipe canadienne autorisée par Hockey Canada.

La mère de Mark, Adriana Mendoza, y voit un obstacle à un moment où il y a une pression pour rendre le jeu plus inclusif.

Nous parlons d'inclusion, ce n'est pas de l'inclusion, dit Adriana Mendoza. C'est contre certaines personnes de certains pays, ajoute-t-elle.

Absolument ridicule, dit un parent

Un autre parent de l'association de hockey mineur de Sarnia a été confronté à la même règle.

Harry Chadwick a légalement adopté son fils Harrison de Chine en 2012 alors qu'il était un bébé.

Maintenant âgé de 11 ans, Harrison a également été informé qu'il devait demander un transfert, un processus qui nécessite de remplir des formulaires et d'envoyer une numérisation du passeport du joueur à l'organisation de hockey locale.

Les documents sont alors transmis à l'association de hockey du pays de naissance du joueur pour approbation.

C'est assez offensant de se voir demander de prouver sa citoyenneté et d'obtenir un transfert depuis un pays étranger, affirme Harry Chadwick.

Mon fils avait 16 mois quand il a quitté la Chine. C'est absolument ridicule, ajoute le père de famille.

Un jeune joueur de hockey et son père.

Le fils de Harry Chadwick, Harrison, a été légalement adopté en Chine avant l'âge de deux ans, mais il doit obtenir un transfert de son pays de naissance avant de pouvoir jouer dans un programme agréé au Canada.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lupton

L'Fédération internationale de hockey sur glace et Hockey Canada ont fourni des déclarations écrites à CBC News sur la règle de transfert par courriel.

Selon un porte-parole de la Fédération internationale de hockey sur glace, la règle existe pour assurer l'intégrité du jeu et établir par écrit à quelle instance dirigeante appartient un joueur s'il a des racines dans plus d'un pays.

Pour l'intégrité du sport et pour respecter les règles de droit, les transferts internationaux sont réglementés dans le hockey sur glace comme dans de nombreux autres sports d'équipe, afin de respecter les obligations contractuelles, les suspensions et d'éviter leur contournement, indique le communiqué.

De son côté, Hockey Canada affirme devoir suivre les règles de transfert en tant que membre de l'Fédération internationale de hockey sur glace.

Hockey Canada estime que le processus de transfert n'est pas laborieux.

Un joueur soumet un formulaire et des documents, y compris une numérisation de son passeport, à Hockey Canada par l'intermédiaire de sa branche de hockey membre.

La demande est traitée par l'entremise d'un système en ligne.

Selon l'Fédération internationale de hockey sur glace, les transferts sont généralement traités dans le pays de naissance des joueurs dans un délai de sept jours.

Les joueurs de moins de 18 ans ne paient pas de frais de traitement.

Le porte-parole de la Fédération internationale de hockey sur glace, Martin Merk, affirme, dans un courriel adressé à CBC News, qu'il est difficile de prédire si et quand l'autorité d'origine d'un joueur pourrait être remise en question.

Il a également déclaré que le lieu où un joueur est inscrit et admissible pour jouer peut devenir un problème en compétition, même dans les ligues inférieures au niveau élite.

C'est bien si tout a été correctement documenté, pense Martin Merk.

Selon Harry Chadwick et Adriana Mendoza, la vérification de l'admissibilité des joueurs devrait arriver plus tard, et uniquement pour les joueurs de haut niveau ayant le potentiel de figurer sur les listes des équipes nationales.

Ces parents croient que les enfants ne devraient pas avoir à s'inquiéter de leur admissibilité pour jouer pendant le traitement d'un transfert.

En fin de compte, les deux garçons ont ​​obtenu leurs transferts assez rapidement pour ne pas les empêcher de jouer.

Dans le cas de la famille Chadwick, l'association de hockey locale a travaillé avec Hockey Canada pour obtenir une exemption permettant à Harrison de jouer pendant le traitement du transfert.

Le transfert de Mark Donkers est venu du Mexique, mais il n'est arrivé que la veille de son tournoi.

Pour les deux joueurs, l'incertitude et le fait de devoir se démener étaient troublants.

J'étais très stressé parce que je ne voulais pas rater le tournoi, affirme-t-il.

Un jeune joueur de hockey.

Né en Syrie, Muhammad Othman estime que les joueurs nés à l'extérieur du Canada ne devraient pas avoir à demander un transfert de leur pays d'origine.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lupton

Noor Othman a quatre garçons inscrits au hockey. Deux sont nés au Liban et un en Syrie, où la famille a trouvé refuge pour fuir la guerre civile.

Le processus de transfert a été déroutant, d'autant plus qu'elle est une mère arabophone qui est en train d'apprendre l'anglais.

Les parents de joueurs concernés ont travaillé ensemble pour comprendre les règles et remplir les formulaires.

Le fils de Noor Othman, Muhammad, a 10 ans.

Il n'aime pas les règles qui s'appliquent à lui, mais pas à ses coéquipiers nés au Canada.

Je veux juste jouer et être comme les autres Sting de Sarnia, dit-il.

Avec les informations d'Andrew Lupton, de CBC News

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