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Transferts en santé : aucune province n’a de « droit de veto », selon Dominic LeBlanc

Un portrait de Dominic LeBlanc.

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités, Dominic LeBlanc, n'exclut pas la possibilité qu'Ottawa puisse s'entendre séparément avec les provinces pour hausser les transferts fédéraux en santé.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, persiste et signe en affirmant qu'un accord sur une hausse des transferts en santé avec le Nouveau-Brunswick seulement pourrait survenir si nécessaire puisque Ottawa ne veut pas donner de « droit de veto à d'autres provinces ».

Si [le premier ministre Blaine] Higgs nous arrive avec une proposition qui a beaucoup de bon sens, nous n'allons pas donner un droit de veto à d'autres provinces sur la capacité de faire des choses importantes au Nouveau-Brunswick, a-t-il dit mardi en mêlée de presse avant de prendre part à la période de questions.

Quelques semaines plus tôt, il avait évoqué cette possibilité d'entente bilatérale lors d'une entrevue avec le média local néo-brunswickois Telegraph-Journal.

Appelé à clarifier ses propos mardi, M. LeBlanc a soutenu avoir voulu utiliser ça comme exemple et faire référence à une rencontre qu'il a eue avec M. Higgs.

[Il] est très ouvert à travailler avec nous afin d'avoir des résultats avec les investissements du fédéral en santé, d'avoir [la possibilité de] dire aux patients et aux personnes qui travaillent dans le système de la santé qu'un investissement fédéral a amélioré [les choses] de telle ou telle façon.
Une citation de Dominic LeBlanc, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités

Pressé de questions par les journalistes, le ministre n'est pas allé jusqu'à dire que le fédéral est maintenant prêt à discuter avec chaque province et avec chaque territoire individuellement en vue de conclure des ententes à la pièce.

On n'est pas rendus là, parce qu'on a des discussions souvent multilatérales avec plusieurs provinces. Les discussions sont en cours. Je demeure optimiste.
Une citation de Dominic LeBlanc, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités

Au début du mois, les discussions sur les transferts en santé ont achoppé en marge d'une rencontre à Vancouver entre les ministres provinciaux de la Santé et leur homologue fédéral, Jean-Yves Duclos.

Deux discours

Dans une entrevue accordée à l'émission Midi info diffusée la même semaine sur les ondes de Radio-Canada, M. LeBlanc avait reproché à plusieurs premiers ministres provinciaux de tenir un discours en privé différent de celui qu'ils tiennent en public. Il avait donné l'exemple du communiqué du Conseil de la fédération, écrit d'avance, selon lui.

En privé, [des] premiers ministres nous disent : "Non, non, on comprend qu'il faut avoir des conditions appropriées et on s'attend [à ce] que vous vouliez des résultats pour les patients, pour les utilisateurs du système de soins de santé."
Une citation de Dominic LeBlanc, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités

Questionné mardi à savoir si une majorité de premiers ministres tenaient, selon lui, ce discours distinct en privé, M. LeBlanc a évité de répondre clairement.

C'est probablement plus que deux et moins de treize, si j'avais à deviner [...]. Ça dépend de la semaine. Des fois, ça peut aller à cinq. Des fois, ça peut descendre à un, a-t-il ironisé.

Plus tôt mardi, le premier ministre Justin Trudeau a déploré le résultat de la récente rencontre organisée à Vancouver.

Malheureusement, les provinces ont décidé de ne pas s'engager et de discuter de ce plan-là, mais nous restons là pour être partenaires, a-t-il laissé tomber avant de se rendre à la réunion hebdomadaire de son conseil des ministres.

Le premier ministre était alors interpellé, en mêlée de presse, sur l'engorgement dans plusieurs hôpitaux pédiatriques un peu partout au pays et sur l'achoppement des discussions au sujet des transferts en santé.

Après s'être dit énormément inquiet par rapport aux systèmes de santé, tout particulièrement [pour] les enfants, il est revenu sur la réunion avec M. Duclos.

Jean-Yves Duclos, le visage recouvert d'un masque de protection, regarde en direction de l'appareil photo devant une rangée de drapeaux canadiens.

Le ministre de la Santé du Canada, Jean-Yves Duclos, s'inquiète de la situation dans les systèmes de santé au pays et plus particulièrement pour la santé des enfants. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Ashley Fraser

Quand les ministres de la Santé se sont rencontrés, il y a quelques semaines, il y avait un plan pour augmenter les ressources humaines, pour aider les gens à répondre aux besoins urgents, a-t-il fait valoir à propos de la marche à suivre qui a été proposée, selon lui, par le fédéral.

Les provinces réclament plus de transferts

Les provinces et les territoires réclament d'Ottawa depuis plusieurs années une hausse récurrente des transferts en santé. Ils souhaitent que la contribution du fédéral augmente de façon à couvrir 35 % des coûts en matière de santé, une compétence provinciale.

Le gouvernement Trudeau se dit ouvert à avancer plus d'argent, mais il insiste aussi sur les résultats auxquels s'attendent les Canadiens, répètent publiquement ses représentants depuis des mois.

Le gouvernement québécois de François Legault martèle depuis le début du front commun avec les provinces et territoires que l'argent d'Ottawa doit être versé sans condition.

Mes collègues de la Santé et moi-même, on s'entend tous et toutes sur les priorités des diagnostics et des solutions aux problèmes qu'on connaît maintenant. Ensemble, à Vancouver [...], on était tous d'accord.
Une citation de Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la Santé

Le problème, c'est que les premiers ministres – les patrons de mes collègues ministres de la Santé – leur ont demandé de ne pas parler de résultats en public et de focaliser entièrement sur les dollars, a-t-il conclu.

De son côté, le bureau du ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, a déclaré par écrit que le recrutement de la main-d'œuvre et la gestion des ressources sont des compétences provinciales.

Nous avons déjà un plan au Québec. Lors de son passage à Vancouver, Christian Dubé a présenté à ses homologues des autres provinces le volet ressources humaines du Plan santé du Québec pour que notre réseau devienne un employeur de choix, a-t-on soutenu dans un courriel envoyé à La Presse canadienne.

Le cabinet du ministre a par ailleurs rappelé que Québec s'est dit ouvert à l'idée de présenter des données à Ottawa. On faisait ainsi référence à la demande de M. Duclos pour l'utilisation d'indicateurs de santé communs ainsi que pour la création d'un système de données sur la santé de classe mondiale pour le pays.

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