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La pression de Danielle Smith contre les obligations vaccinales, « un abus de pouvoir »

Danielle Smith s'adresse aux médias devant un podium.

Danielle Smith dit qu'elle n'a pas de problème à appeler les organisations qui ont des obligations vaccinales.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

RCI

Des experts en science politique, en droit et des politiciens de l'opposition officielle estiment que Danielle Smith abuse de son pouvoir politique en demandant personnellement à des entreprises et à des organisations à but non lucratif d’abandonner leurs obligations vaccinales.

Danielle Smith a renoncé à déposer un projet de loi sur la protection des personnes non vaccinées (nouvelle fenêtre), mais a promis de faire des pressions sur les entreprises et les organismes récalcitrants. La première ministre a affirmé que ses ministres et elle contactaient directement des organismes et les entreprises pour qu’ils mettent un terme à leurs mesures sanitaires.

Lisa Young, professeure en sciences politiques à l'Université de Calgary, est perturbée par les agissements de Danielle Smith. Selon elle, le gouvernement provincial a ajouté une condition non écrite aux demandes de financement public, au lieu d'adopter une loi. Comme cette politique n’est pas écrite, elle ne peut pas être contestée. C’est problématique , dit-elle.

L'organisation des Jeux d'hiver de l'Arctique a par ailleurs revu sa politique sur l'obligation vaccinale, le 18 novembre, une décision que Danielle Smith attribue à des pressions de son gouvernement.

Les Jeux d'hiver de l'Arctique voulaient que nous leur accordions 1,2 million de dollars, alors qu'ils pratiquaient une discrimination à l'encontre des athlètes en leur disant qu'ils devaient être vaccinés. Nous leur avons donc demandé de reconsidérer leur politique de vaccination à la lumière de nouvelles informations, et ils l'ont fait , a dit Danielle Smith.

Dans un tweet, Martin Olszynski, professeur agrégé de droit à l’Université de Calgary, dit : En droit, nous appelons cela un comportement arbitraire, potentiellement un abus de pouvoir de l’État.

Dans un autre gazouillis, il affirme que des professeurs de droit de l’Université de Calgary sont prêts à aider ces organisations, comme un professeur de droit de l’Université McGill l’avait fait pour l’affaire Roncarelli contre Duplessis, au Québec (nouvelle fenêtre).

Durant cette affaire, le premier ministre du Québec de l’époque, Maurice Duplessis, avait ordonné la révocation du permis de vente d’alcool du restaurateur Frank Roncarelli en raison de son appui aux Témoins de Jéhovah. L’affaire, qui a duré de 1946 et 1959, s’est terminée avec un jugement de la Cour suprême du Canada en faveur du restaurateur.

De son côté, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice, Irfan Sabir, accuse le gouvernement d’intimidation. Les ministres de la Couronne et la première ministre ne devraient pas menacer des entreprises et les organisations à but non lucratif en utilisant les pouvoirs du gouvernement et l'argent public, si elles ont mis en place des mesures de santé publique.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (Syndicat canadien de la fonction publique) a pour sa part écrit dans un gazouillis que le Parti conservateur uni harcèle les entreprises et que cela va effrayer les investisseurs.

Avec des informations de François Joly et Michelle Bellefontaine

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