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Rassemblement de soutien aux femmes afghanes « condamnées au silence »

Deux femmes tiennent des affiches pour inviter le public à ne pas oublier l'Afghanistan.

Depuis l'arrivée au pouvoir des talibans, en août 2021, l'Afghanistan connaît une escalade dramatique des abus contre les femmes.

Photo : Radio-Canada

RCI

Des militants des droits de la personne ont manifesté dimanche à Toronto en solidarité avec les femmes et les filles d'Afghanistan dans le contexte de la campagne annuelle des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre.

Le rassemblement à Toronto s'inscrivait dans une mobilisation pancanadienne destinée à attirer l’attention sur l’urgence humanitaire en Afghanistan et en particulier sur la situation des femmes.

Depuis le retour au pouvoir des talibans, en août 2021, le pays connaît une escalade dramatique des abus contre les femmes, les filles et les minorités vulnérables, explique l’organisme Canadian Women for Women in Afghanistan, à l’origine de cette mobilisation.

Selon cette organisation, les femmes afghanes sont réduites au silence et exclues de la plupart des aspects de la vie quotidienne et publique. Par exemple, les filles sont bannies des écoles secondaires et les femmes ont été exclues de la plupart des institutions publiques.

Celles qui élèvent la voix contre ces politiques discriminatoires sont enlevées et détenues par le régime, ajoute le groupe de défense.

Vivre sous le régime des talibans, c'est comme être en prison.
Une citation de Atifa Safi, une organisatrice de la manifestation

Atifa Safi, qui a grandi en Afghanistan dans les années 2000, explique avoir eu la chance d'aller à l'université lorsqu'elle était plus jeune, une chance que n'auront pas les jeunes filles qui vivent maintenant sous le régime des talibans.

Désormais, dit-elle, les femmes afghanes n'ont aucun droit. Elles sont exclues de leur maison, elles ne peuvent ni étudier ni travailler.

Appel à l'action

Non contents de tirer la sonnette d'alarme devant l'urgence humanitaire, les organisateurs appellent aussi le gouvernement canadien à soutenir davantage l'Afghanistan.

Ils lui demandent notamment de créer des exemptions aux lois antiterroristes afin que les groupes humanitaires puissent porter assistance aux Afghans sans être accusés d'aider les talibans, désignés comme une organisation terroriste par Ottawa.

Tout homme ou femme qui croit dans les droits de la personne, dans l'égalité et dans l'ouverture sociale devrait se sentir concerné, croit Nargis Nehan, un des organisateurs du rassemblement.

De son côté, la présidente de l'Organisation des femmes afghanes, Asma Faizi, estime que ce qui se passe en Afghanistan est un problème non seulement pour les femmes afghanes mais aussi pour les femmes en général.

Mme Faizi invite donc les gens à exprimer leur empathie et à faire quelque chose de concret. Écrivez des lettres, décrochez votre téléphone, faites du volontariat, aidez les réfugiés à s'installer, dit-elle.

Nous avons besoin d'aide pour faire entendre les voix de ces femmes condamnées au silence.

Avec les informations d'Andréane Williams

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