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Attaques au couteau : des familles touchées n’ont plus envie de retourner chez elles

Trois hommes sont assis derrière une table et des photos encadrées.

Brian Burns (au centre) lors d'une conférence de presse à Saskatoon le 7 septembre 2022 quelques jours après le massacre.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

RCI

Encore traumatisées, des familles qui ont perdu des proches lors des attaques au couteau du 4 septembre (nouvelle fenêtre) en Saskatchewan craignent de retourner dans leurs maisons.

C’est le cas de Brian Burns, qui a perdu sa femme Bonnie, 48 ans, et son fils Gregory, 28 ans, pendant le drame. Il vit toujours à l’hôtel depuis les événements qui ont fait onze morts et huit blessés à James Smith et dans le village voisin de Weldon.

Brian Burns partage une chambre d'hôtel à Melfort, à 40 kilomètres au sud de la Première Nation, avec ses trois fils survivants, sa petite-fille et son petit-fils.

Il explique qu’un de ses fils de 14 ans qui a survécu au drame tremble à l’idée de retourner vivre dans la même maison.

M. Burns dit que ce sont les petites choses qui lui manquent le plus, par exemple le fait de s'asseoir et de prendre un café avec sa femme presque chaque matin pendant plus de trois décennies.

Cela me manque de lui parler et de plaisanter avec elle, dit M. Burns en retenant ses larmes. Je m'assurais de lui apporter son café avant qu'elle parte pour le travail.

Pour Brian Burns, il n'y a plus d'endroit qu'il puisse appeler son foyer.

M. Burns a construit cette maison il y a sept ans. Après le massacre, il dit qu'il y avait du sang partout.

Maintenant, il veut qu'elle soit brûlée et qu'un monument et trois croix soient érigés à sa place, car Lydia Burns, une autre membre de la communauté qui est âgée de 61 ans, est également morte en essayant de venir en aide à la femme de Brian Burns, qui appelait à l'aide dans sa maison.

Les résidences sont devenues de véritables scènes de crime dans cette Première Nation d'environ 1900 personnes, située à 170 kilomètres au nord-est de Saskatoon.

Même après le départ de la police, certaines familles dévastées par le massacre ne peuvent pas envisager de retourner dans ces maisons.

Ça fait encore mal, dit le chef de la Nation crie James Smith, Wally Burns.

Selon lui, quatre familles, dont celle de Brian Burns, ont du mal à décider si elles veulent retourner dans leurs maisons.

Du côté de Brian Burns, il y a toutefois la lassitude de continuer à vivre à l’hôtel avec le reste de sa famille.

Nous sommes fatigués de la vie à l'hôtel. Nous sommes fatigués des repas à emporter, dit-il. Nous voulons juste des repas cuisinés à la maison et un foyer.

Solutions envisagées

La Première Nation tente de trouver des solutions, dit le chef Wally Burns, notamment en fournissant des maisons prêtes à déménager qui peuvent être installées sur un site mais qui n'ont pas de sous-sol.

Cependant, le chef explique que la suite dépend du financement d'Ottawa.

C'est un processus lent avec le gouvernement.

Le ministère des Services aux Autochtones du Canada financera quatre maisons, a déclaré Matthew Gutsch, un porte-parole du ministère, par courriel. Cependant, en raison des conditions hivernales, elles ne seront peut-être pas prêtes à être habitées avant le printemps prochain, a-t-il ajouté.

Selon lui, le ministère fournira des fonds aux familles qui ne peuvent pas retourner dans la communauté.

Selon ce ministère, 17 maisons ont été endommagées pendant le carnage.

Des fonds sont également prévus pour nettoyer, restaurer et réparer celles qui ne seront pas remplacées, a précisé M. Gutsch.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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