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Les sapins de Noël en quantité limitée encore cette année

Les producteurs d’arbres de Noël craignent encore cette année de ne pas pouvoir répondre à la demande des espèces les plus convoitées, comme le sapin baumier.

Des gens se promènent dans un lot rempli de sapins.

La demande de sapins de Noël dépasserait l'offre encore une fois cette année.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

Yanick Lepage
Yanick Lepage

Brad Clements, le propriétaire de la ferme Clembrook Christmas à Milton en Ontario, s’attend à une autre période des fêtes achalandées. Presque tous ses employés seront à pied d'œuvre cette fin de semaine alors que la ferme accueillera ses premiers clients de la saison.

Nous serons très occupés, anticipe M. Clements qui fait venir des sapins baumiers et des sapins Fraser du nord de l’Ontario, puisque le sol argileux de sa ferme ne permet pas de les cultiver.

Bien que sa grange soit pour l’instant remplie de ces sapins, le producteur prévoit que ses clients, qui ont renoué avec la tradition d’acheter un arbre de Noël naturel durant la pandémie, épuiseront rapidement ses réserves.

Tout le monde veut des sapins, et certains consommateurs se buteront à des pénuries, surtout pour les sapins baumiers cette année, soutient M. Clements.

Brad Clements montre un arbre de Noël dans sa grange.

Brad Clements produit des pins et des épinettes, mais doit commander ses sapins de l'extérieur. (Archives)

Photo : CBC / Martin Trainor

Ceux qui iront acheter un sapin de Noël dans les prochaines semaines doivent également s’attendre à payer plus cher que lors des années précédentes, selon lui. Les sapins dans la grange se vendent à des prix variés, mais ils sont certainement plus chers [qu’avant], dit-il.

Devant cette forte demande, M. Clements encourage sa clientèle à considérer des arbres moins populaires, comme des pins ou des épinettes qu’il cultive lui-même et dont le prix n’a que très peu changé.

Une pénurie qui prend source il y a 10 ans

Charles Vaillancourt, le président de l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec, affirme que la quantité limitée d’arbres en vente s’explique par le fait qu’il y a dix ans, les consommateurs avaient peu d’intérêt pour les sapins naturels.

Il y avait un gros surplus d’arbres sur le marché. Les arbres se vendaient vraiment pas cher, soutient M. Vaillancourt.

Selon lui, les efforts nécessaires pour assurer la production de sapins n’en valaient alors pas toujours la peine. Il y a beaucoup de gens qui ont vendu leurs plantations ou qui ont juste laissé leurs plantations aller sans les entretenir, ajoute-t-il.

Le copropriétaire des produits Valfei et de la plantation Pinacle explique que ces arbres qui n’ont pas été plantés il y a une décennie sont ceux qui auraient permis de répondre à la demande additionnelle cette année.

On est en train de subir les effets de ce qui s’est passé il y a 10 ou 12 ans, renchérit celui qui est également vice-président de l’Association canadienne d’arbres de Noël.

Sa directrice générale, Shirley Brennan, soutenait l’an passé (nouvelle fenêtre) que, de 2015 à 2020, les ventes d’arbres de Noël au pays ont presque doublé pour atteindre 100 millions de dollars.

M. Vaillancourt souligne par ailleurs les effets des changements climatiques sur la croissance des arbres. Selon lui, les sécheresses qu’a par exemple connues le Québec l’année dernière et il y a deux ans obligent à retarder la coupe des arbres qui n’ont pas atteint la taille escomptée.

Si le producteur de la région de l’Estrie estime que les derniers mois ont été plus favorables à la pousse de ses sapins, M. Clements dit que le manque de pluie dans le sud de l’Ontario a réduit de moitié la croissance habituelle de ses arbres cette année.

Quelques astuces pour les consommateurs

Étant donné que certaines familles achètent leur arbre de plus en plus tôt, M. Clements rappelle que certaines espèces ont une durée de vie limitée une fois qu'elles sont sorties de terre.

Demandez à votre producteur combien de temps l’arbre peut rester dans la maison, recommande-t-il aux familles qui souhaitent éviter d’avoir un arbre grisonnant le 25 décembre.

Des dizaines de sapins de Noël dans un marché.

Les producteurs de sapins de Noël recommandent de donner beaucoup d'eau à l'arbre une fois coupé pour éviter qu'il ne s'assèche. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon lui, il est possible de replanter partiellement l’arbre pour quelque temps dans sa cour avant de le rentrer dans la maison, afin d'accroître sa durée de vie.

Et pour ceux qui s’inquiètent des ruptures de stock, M. Vaillancourt incite les gens à sortir des grands centres urbains, où la demande est la plus forte.

Allez à des endroits où vous pouvez couper votre propre arbre, insiste le producteur québécois qui espère que cette tradition se perpétuera longtemps.

Yanick Lepage
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