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La revente d’articles renvoyés, un marché lucratif pour les maisons de vente aux enchères

Un camion chargé d'articles destinés à une entreprise calgarienne de vente aux enchères d'articles renvoyés ou invendus.

La vente d'articles renvoyés par les acheteurs ou invendus est devenue un marché lucratif qui attire de plus en plus d'entreprises et de clients.

Photo : Radio-Canada / Paula Duhatschek/CBC

RCI

À Calgary, plusieurs entreprises de vente aux enchères ont dû orienter une bonne partie de leur plan d’affaires vers la vente d’articles renvoyés par des clients insatisfaits. Ce secteur en pleine croissance fait leur affaire et celle des clients, surtout dans une conjoncture marquée par la flambée du coût de la vie.

Par un samedi frais et ensoleillé, le stationnement d'Ollive's Auction est animé par un flux constant de clients qui viennent ramasser les articles achetés une semaine plus tôt, soit un aspirateur à 7 $, une brosse sèche-cheveux à 1 $, ou encore deux tricycles pour 13 $.

L’endroit offrirait de si bonnes affaires que Pat Knecht, une habituée des lieux, dit qu'elle aimerait qu'il reste secret en transportant un aspirateur équipé d’une lampe, des bacs de rangement et une dizaine d’autres articles qu’elle vient de ramasser.

Ollive's Auction fait partie d'un nombre croissant de maisons de vente aux enchères qui ont pignon sur rue grâce à la revente de marchandises renvoyées par les acheteurs et aux produits invendus.

Pat Knecht tient un aspirateur qu'elle vient d'acheter.Agrandir l’image (nouvelle fenêtre)

La Calgarienne Pat Knecht est rapidement devenue une habituée de la maison de vente aux enchères Ollive's Auction.

Photo : Radio-Canada / Paula Duhatschek/CBC

Ce secteur d'activité s'est développé à mesure que les achats en ligne ont gagné en popularité et que les politiques de retour se sont assouplies.

Ollive's Auction abrite un entrepôt de 465 m2, rempli du sol au plafond. On y trouve presque de tout : des couches aux planches à pagaie en passant par les chargeurs de véhicules électriques. L'entreprise reçoit un camion chargé de 24 palettes d’articles toutes les deux semaines, livrées par un fournisseur national qui s'approvisionne directement auprès des détaillants, comme l'explique son propriétaire, Wayne Ollive.

Il est difficile par ailleurs de déterminer exactement quelle part des marchandises renvoyées ou invendues se retrouve aux enchères ou en liquidation. Amazon Canada, par exemple, dit les revendre la plupart du temps, ou les renvoyer aux fournisseurs. Sinon, le géant de la vente en ligne en fait don ou les envoie au recyclage. Il ajoute qu'il procède dans certains cas à des liquidations d’articles renvoyés qui ne peuvent pas être revendus.

Wayne Ollive, propriétaire de Ollive's Auction, à Calgary.Agrandir l’image (nouvelle fenêtre)

Ollive's Auction, l'entreprise appartenant à Wayne Ollive (photo), fait partie de celles qui ont pignon sur rue à Calgary dans le domaine de la vente de produits renvoyés.

Photo : Radio-Canada / Paula Duhatschek/CBC

La ruée vers le secteur

Outre Ollive's Auction, qui organise des ventes aux enchères depuis les années 1980, mais qui est dans la vente des articles renvoyés depuis seulement un an et demi, bien d'autres entreprises de Calgary ont investi le secteur.

À 10 minutes de là en voiture se trouve Reid's Auction Canada, qui existe depuis plus de trois décennies. Son propriétaire, Joe Hajas, indique que le marché des articles renvoyés représente désormais environ 80 % de l'activité des entreprises qui faisaient affaire auparavant dans le domaine de la vente de marchandises en consignation.

Cela a vraiment augmenté juste avant la COVID-19, explique M. Hajas, en ajoutant que son entreprise décharge un à deux camions par semaine, dont une grande partie provient d'Amazon.

Fondée en 1992 à Calgary, Graham Auctions a commencé dans la vente aux enchères de véhicules et dans la consignation avant de se lancer, il y a environ 15 ans, dans la commercialisation d’articles renvoyés, comme l'explique son directeur général, Mike Orechow.

Graham Auctions reçoit actuellement entre quatre et cinq chargements d'articles comprenant des couvertures et des tapis. Elle dit que, chaque semaine, elle met entre 4000 lots et 5000 lots aux enchères, qui sont constitués notamment de marchandises neuves, mais invendables telles que des commandes en ligne annulées et des articles dont l'emballage est endommagé.

Andre Madden tenant entre ses mains des articles achetés.Agrandir l’image (nouvelle fenêtre)

Andre Madden explique que le secteur permet « d’économiser de l'argent en ces temps difficiles ».

Photo : Radio-Canada / Paula Duhatschek/CBC

La demande en hausse

La clientèle qui fréquente les sites web des maisons de vente aux enchères a également grossi, selon leurs propriétaires.

Là où 80 clients se présentaient dans le passé à une vente en direct, ils seraient aujourd'hui entre 400 à 500 sur une vente en ligne, explique Joe Hajas, de Reid's Auction.

Ce marché offre aux clients la possibilité de marchander, ce qu’ils ne peuvent faire en temps normal, note Andre Madden, un client. Il ajoute que le secteur permet d’économiser de l'argent en ces temps difficiles.

Avec les informations de Paula Duhatschek

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