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[Élections Québec 2022] « Une voix forte à l’Assemblée pour défendre les immigrants »

Compte rendu d’une longue soirée chez trois candidats de la diversité élus lors de l’élection générale du 3 octobre 2022 au Québec, selon des résultats préliminaires.

Montage de portraits de trois personnes.

De gauche à droite : Monsef Derraji (PLQ), élu dans Nelligan, Alice Abou-Khalil (CAQ), élue dans Fabre et Haroun Bouazzi (QS), élu dans Maurice-Richard.

Photo : Radio Canada International/Montage / Samir Bendjafer

Samir Bendjafer

Il était 21 h 59 lundi soir quand le projecteur a affiché la photo et le nom de Haroun Bouazzi annonçant son élection au poste de député à l’Assemblée nationale du Québec pour la circonscription montréalaise de Maurice-Richard, selon des résultats provisoires.

Les partisans du nouvel élu de Québec solidaire (QS) et les autres membres de son parti étaient en liesse (nouvelle fenêtre) dans le MTELUS, une salle de spectacle qui peut accueillir jusqu’à 2300 personnes.

Dans une déclaration à Radio Canada International (RCI) juste après son discours de victoire, ce Québécois d’origine franco-tunisienne engagé dans les mouvements de gauche a exprimé sa fierté par rapport à tout ce qu’a fait [son] équipe de bénévoles [pendant les 36 jours de campagne électorale]. Aujourd’hui, leur travail a vraiment payé.

Le nouveau député solidaire a affirmé sur Twitter avoir marché 412 km en faisant du porte-à-porte dans sa circonscription. Il a récolté 34,7 % des votes exprimés, selon les résultats préliminaires.

Haroun Bouazzi ne compte pas fêter longtemps sa victoire. Plusieurs dossiers attendent ce député et les dix autres élus de son parti.

Notre travail ne fait que commencer. Il y a la question climatique, les enjeux sociaux, surtout dans ma circonscription, et la défense de l’éducation publique.
Une citation de Haroun Bouazzi, candidat élu dans la circonscription de Maurice-Richard

Québec solidaire devrait répartir ces dossiers entre les différents élus. Le dossier qui sera dévolu à celui qui est arrivé au Canada à 20 ans en tant qu’étudiant n’a pas encore été annoncé.

Haroun Bouazzi a travaillé dans le secteur bancaire et est un militant antiraciste connu : il pourrait se trouver associé à plus d’un dossier au sein du caucus de son parti.

Un homme debout et, derrière lui, le public dans une salle.

Haroun Bouazzi, de Québec solidaire, a été élu dans la circonscription de Maurice-Richard.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Québec solidaire (QS) devrait former la deuxième opposition au gouvernement réélu de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a vu son nombre de sièges passer de 76 à 90.

La première opposition reste entre les mains du Parti libéral du Québec (PLQ) avec 21 députés, selon les résultats préliminaires.

Pour le nouvel élu, la prochaine étape pour son parti est d’arriver au pouvoir et de former le gouvernement. On le fera dans quatre ans, lance sans hésitation Haroun Bouazzi.

Il a appelé les jeunes à se mobiliser. Ne lâchez pas et mobilisez-vous, parce que nous n’y arriverons pas sans vous.

S’adressant aux immigrants, il leur a assuré qu’il les soutiendra toujours quand ils seront attaqués. Vous pouvez compter sur une voix forte à l’Assemblée nationale qui va vous [les immigrants] défendre chaque fois qu’on va vous montrer du doigt.

Alice Abou-Khalil

L’attente des résultats de l’élection a été longue pour Alice Abou-Khalil, candidate de la Coalition avenir Québec dans la circonscription de Fabre, située sur le territoire de Laval, dans la banlieue nord de Montréal.

Une trentaine de minutes avant la fermeture des bureaux de vote à 20 h, la Québécoise d’origine serbo-libanaise est arrivée au restaurant où allaient se réunir tous les candidats de la Coalition avenir Québec de la région de Laval.

Le propriétaire des lieux avait syntonisé les chaînes d’information au lieu des programmes sportifs habituels sur ses grands écrans.

Une femme devant une toile.

Alice Abou-Khalil, de la Coalition avenir Québec, a été élue dans la circonscription de Fabre.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Les téléviseurs diffusaient son coude-à-coude avec la candidate du Parti libéral du Québec, Sonia Baudelot. L’avantage allait tantôt à l’une, tantôt à l’autre. Finalement, selon les résultats provisoires, c’est Alice Abou-Khalil qui siégera à l’Assemblée nationale avec 31,8 % des votes exprimés.

La nouvelle députée n’en était pas à sa première campagne électorale. En 2018, elle avait été candidate pour le même parti dans la circonscription de Chomedey, voisine de Fabre et bastion libéral.

En entrevue avec Radio Canada International, Alice Abou-Khalil affirme que cette expérience lui a donné plus de facilité à former une équipe pour la campagne de 2022.

Elle ajoute que, lors de la campagne, les gens qu’elle a rencontrés étaient satisfaits du gouvernement sortant. Le sujet qui revenait au cours de ses porte-à-porte était l’inflation.

Les gens me disaient que la pandémie de COVID-19 avait été très bien gérée par le premier ministre [François Legault] et qu’ils avaient hâte d’avoir une députée de la CAQ.
Une citation de Alice Abou-Khalil, candidate élue dans la circonscription de Fabre

Monsef Derraji

Ne rien tenir pour acquis! Tel est le leitmotiv de Monsef Derraji, le candidat du Parti libéral du Québec réélu dans la circonscription de Nelligan, dans l'ouest de l’île de Montréal, selon les résultats préliminaires.

Élu pour la première fois en 2018, il a reçu un deuxième mandat des électeurs avec 52 % des votes exprimés.

Il a tablé sur une campagne très terrain, où il avait trois réalités : les francophones, les anglophones et les allophones. C’est une circonscription diversifiée, expliquait-il en entrevue avec Radio Canada International dans son local électoral avant la fermeture des bureaux de vote.

Une homme debout et derrière lui un écran de télévision et une imprimante.

Monsef Derraji, du Parti libéral du Québec, a été réélu dans la circonscription de Nelligan.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Les bénévoles s’affairaient à appeler les électeurs pour les inciter à aller voter.

L’enjeu de l’inflation, entre autres, a été souligné par les électeurs rencontrés lors du porte-à-porte, affirme le député réélu, qui est né au Maroc et est arrivé au Canada comme étudiant.

Bien que la circonscription de Nelligan soit libérale depuis sa création en 1981, Monsef Derraji a fait campagne jusqu’à la fin de la période autorisée par la loi.

Il y a toujours un stress pendant la campagne électorale. Il ne faut jamais tenir les électeurs pour acquis. Dès le début, j’ai travaillé sur le terrain et écouté les gens. Ici [dans Nelligan], il y a des enjeux liés à loi 96 [sur la place du français au Québec], à la loi 21 [sur la laïcité de l’État], à la loi 40 [sur les commissions scolaires].
Une citation de Monsef Derraji, candidat réélu dans la circonscription de Nelligan

Le député s’est dit très satisfait de sa campagne électorale. Je l’ai menée comme je voulais, contrairement à celle de 2018 où j’arrivais comme candidat et où je devais suivre ce qu’on me disait, explique-t-il.

À l’époque, il n'avait que de l'expérience en tant que bénévole.

Cette année, il a innové, comme il le dit, en faisant du porte-à-porte à vélo. Un peu plus de 300 km.

Toute une organisation. Une qualité qui lui a permis de finir son doctorat en organisation des soins de santé à l’Université de Montréal en mars dernier tout en menant son travail de député.

Note : ce reportage est également proposé en arabe.

Samir Bendjafer

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