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La Nation Dakota de Sioux Valley se voit refuser l’accès à des tombes non marquées

Jennifer Bone et Katherine Nichols.

Selon la cheffe de la Nation Dakota de Sioux Valley, Jennifer Bone (à gauche), et la chercheuse Katherine Nichols (à droite). En 2018, des des analyses géographiques avaient identifié 56 tombes au camping Turtle Crossing Campground.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

RCI

La recherche de sépultures non marquées a dû être interrompue dans la Nation Dakota de Sioux Valley lundi, parce que l'accès au camping Turtle Crossing Campground, situé près de Brandon, au Manitoba, lui a été refusé.

Le terrain de camping est situé sur le site de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Brandon, qui a ouvert ses portes en 1895 et les a fermées en 1972.

Des membres de la Première Nation devaient commencer la recherche par radar lundi, mais ils ont été informés peu avant la fin de semaine que le propriétaire du terrain leur refusait l'accès.

Selon la cheffe de la Première Nation, Jennifer Bone, la recherche sur le terrain a déjà été retardée à plusieurs reprises.

Ce travail est important parce que c'est un sujet délicat. Il est question de sépultures d'enfants.
Une citation de Jennifer Bone, cheffe de la Nation Dakota de Sioux Valley

Le projet de recherche Missing Children a été lancé par des membres de la Nation Dakota de Sioux Valley il y a plus de 10 ans. Il a pour objectif de retrouver toutes les sépultures de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Brandon.

La communauté possède le terrain où était situé le pensionnat et collabore avec des chercheurs universitaires pour identifier tous les enfants qui ont perdu la vie au pensionnat. Ils ont identifié 104 tombes potentielles dans trois cimetières, mais seules 78 sont mentionnées dans les archives, comme l'explique Jennifer Bone.

Lorsque toutes les tombes auront été repérées, elles seront encadrées par une barrière.

Accès complexe

Cependant, une partie des tombes non marquées sont situées sur le site du terrain du Turtle Crossing Campground, une propriété privée. Mark Kovatch et sa femme possèdent le terrain de camping depuis 2007, mais les installations ont été construites dans les années 1970.

[Le lieu] est au milieu du terrain de camping. La Ville l'a construit sur des tombes. Donc, nous devons composer avec cette réalité [...] Ma femme et moi voulons seulement gagner notre vie et nous ne pouvons pas nous permettre de fermer le terrain, explique Mark Kovatch.

Une partie du terrain de camping a été fermée pour laisser place aux recherches. Mark Kovatch craint que, si d'autres sépultures sont retrouvées, il ne doive en fermer une plus grande partie.

Katherine Nichols, gestionnaire de projet et candidate au doctorat de l'Université Simon Fraser, précise que, après une première analyse géographique, 56 tombes avaient été identifiées au Turtle Crossing Campground en 2018.

Katherine Nichols ajoute que, depuis 2019, il a été établi que les limites du cimetière n'ont pas pu être déterminées. Une deuxième analyse est donc nécessaire, selon elle. Certains survivants craignent qu'il ne reste des tombes non marquées et que la barrière ne soit pas assez large, explique-t-elle.

La chercheuse est aussi d'avis que le principal obstacle au projet est l'accès au Turtle Crossing Campground.

De son côté, Jennifer Bone précise que l'équipe du projet de recherche pour les sépultures non marquées veut être respectueuse dans sa manière de procéder et coopérer avec toutes les parties.

Selon elle, cela peut s'avérer complexe étant donné l'implication de sa communauté, des propriétaires du terrain, de la Ville de Brandon et des gouvernements provincial et fédéral.

La prochaine étape est de se réunir dans la même pièce et de discuter pour clarifier tous les problèmes de communication potentiels, dit Jennifer Bone.

Une rencontre entre des représentants de la Nation Dakota de Sioux Valley et Mark Kovatch est prévue lundi. Ce dernier espère trouver un compromis qui conviendra à tous.

Avec les informations de Chelsea Kemp

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